Le 13 juillet 2026, au siège des Nations unies à New York, la voix du Saint-Siège s’est élevée au milieu des discours consacrés au développement durable et aux promesses de l’intelligence artificielle. Représentant le Vatican lors du segment de haut niveau du Conseil économique et social des Nations unies (ECOSOC), Monseigneur Marco Formica, chargé d’affaires par intérim de la Mission permanente d’observation du Saint-Siège auprès de l’ONU, a livré une intervention dense, nourrie par l’enseignement de Léon XIV et de Benoît XVI. Dès les premières lignes, le diplomate du Saint-Siège rappelle une vérité essentielle : « Le progrès du développement humain dépend de la volonté politique des États de le promouvoir. » Citant l’encyclique Magnifica Humanitas, il rappelle que « l’histoire peut être changée pour le meilleur lorsque chacun prend véritablement au sérieux la dignité de toute personne ».
À rebours d’une vision purement économique du développement, Monseigneur Formica rappelle que celui-ci consiste d’abord à libérer les peuples « de la faim, de la maladie, de l’analphabétisme et de toute forme de privation ». Il suppose également une participation plus équitable aux échanges mondiaux, des sociétés fondées sur la solidarité et des institutions capables de garantir la liberté et la paix. Le représentant du Saint-Siège ne nie pas les progrès accomplis ces dernières décennies. Oui, la croissance économique a permis à des milliards d’êtres humains de sortir de l’extrême pauvreté. Mais ce constat positif ne doit pas masquer les « graves dysfonctionnements » qui persistent : l’aggravation des inégalités entre les nations comme à l’intérieur des sociétés, ainsi que l’apparition de nouvelles formes de pauvreté.
C’est dans ce contexte qu’il aborde la question de l’intelligence artificielle. L’Église ne diabolise pas cette technologie. Au contraire, elle reconnaît que l’IA peut contribuer à accélérer la réalisation des Objectifs de développement durable. Mais elle refuse toute fascination techniciste qui ferait oublier la finalité même du progrès.
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Monseigneur Formica formule alors l’avertissement le plus marquant de son intervention : « Toute transformation qui porte atteinte à la dignité de la personne humaine, donnée par Dieu, aussi efficace, rentable ou innovante qu’elle puisse paraître, ne peut être qualifiée d’amélioration. » Cette phrase résume toute l’anthropologie chrétienne. L’homme n’est pas au service de la machine ; c’est la technologie qui doit demeurer au service de l’homme. Aucune innovation, aussi spectaculaire soit-elle, ne saurait justifier que la personne humaine soit réduite à une donnée, un simple consommateur ou un objet d’optimisation. La formule appelée à faire date est sans doute celle-ci : « La véritable mesure du progrès ne résidera pas dans le degré de sophistication des technologies émergentes, mais dans le fait qu’elles soient mises au service de la personne humaine et du bien commun. »
À l’heure où certains imaginent déjà une société gouvernée par les algorithmes, cette parole rappelle que la dignité humaine précède l’État, les consensus idéologiques et les performances techniques. Elle est un don de Dieu et demeure le fondement de toute civilisation authentiquement humaine. En conclusion, Monseigneur Formica cite une dernière fois Léon XIV : « Une paix durable et un développement humain intégral et durable ne sont possibles qu’à travers la participation de tous, favorisée par un véritable dialogue international et une coopération orientée vers le bien commun. » Un rappel opportun : le véritable avenir de l’intelligence artificielle ne dépendra pas seulement de ses capacités, mais de la sagesse morale de ceux qui la conçoivent et la gouvernent.
Texte intégral de l’intervention ( Traduction TC)
« Déclaration de la Mission permanente d’observation du Saint-Siège lors du segment de haut niveau 2026 du Conseil économique et social des Nations unies (ECOSOC)
Par Monseigneur Marco Formica
Chargé d’affaires par intérim de la Mission permanente d’observation du Saint-Siège auprès des Nations unies
New York, 13 juillet 2026
Monsieur le Président,
Le progrès du développement humain dépend de la volonté politique des États de le promouvoir. Comme l’a récemment affirmé le pape Léon XIV, l’histoire peut être changée pour le meilleur « lorsque chacun prend véritablement au sérieux la dignité de toute personne ».
Le développement consiste avant tout à libérer les peuples de la faim, de la maladie, de l’analphabétisme et de toutes les formes de privation. Sur le plan économique, il implique une participation équitable aux processus mondiaux ; sur le plan social, la construction de sociétés instruites et fondées sur la solidarité ; sur le plan politique, le renforcement d’institutions démocratiques garantissant la liberté et la paix.
Cependant, si la croissance économique a permis à des milliards de personnes de sortir de l’extrême pauvreté et à de nombreux pays de devenir des acteurs majeurs de l’économie mondiale, elle demeure entachée de graves dysfonctionnements, notamment l’aggravation des inégalités, tant entre les pays qu’au sein de ceux-ci, ainsi que l’apparition de nouvelles formes de pauvreté.
Pour atteindre les objectifs du développement durable, la communauté internationale doit combattre ces dysfonctionnements. À cet égard, ma délégation souhaite rappeler qu’« une société véritablement juste est bâtie sur la reconnaissance de la dignité inviolable de la personne humaine. Cette dignité précède toute concession de l’État et ne peut être subordonnée aux consensus sociaux changeants. » Cette conviction doit inspirer toute action urgente et transformatrice.
Monsieur le Président,
La communauté internationale est aujourd’hui à un moment où les discussions sur les transformations à venir sont de plus en plus liées à celles portant sur l’intelligence artificielle. Celle-ci possède le potentiel d’accélérer la réalisation des Objectifs de développement durable, notamment ceux examinés cette année.
Dans le même temps, toute transformation qui porte atteinte à la dignité de la personne humaine, donnée par Dieu, aussi efficace, rentable ou innovante qu’elle puisse paraître, ne peut être qualifiée d’amélioration. Elle compromettrait au contraire la vision même du développement durable définie par l’Agenda 2030, qui place la personne humaine au cœur de tous les efforts de développement.
La véritable mesure du progrès ne résidera pas dans le degré de sophistication des technologies émergentes, mais dans le fait qu’elles soient mises au service de la personne humaine et du bien commun.
Monsieur le Président,
Permettez-moi de conclure par ces paroles du pape Léon XIV : « Une paix durable et un développement humain intégral et durable ne sont possibles qu’à travers la participation de tous, favorisée par un véritable dialogue international et une coopération orientée vers le bien commun. »
Je vous remercie. »
Source https://holyseemission.org/


