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Et si l’avenir de nos églises passait par la mobilisation des fidèles : un véritable enjeu pastoral pour l’Église de France ?

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La sauvegarde des églises ne devrait pas être seulement l'affaire des maires ou des associations patrimoniales

En 2024, l’ancienne église Sainte-Rita, dans le XVe arrondissement de Paris, a connu une métamorphose qui a suscité de nombreux commentaires indignés mais aussi désabusés. Désacralisé depuis plusieurs années, cet ancien lieu de culte a été transformé en salle d’escalade. Sous les voûtes où l’on célébrait autrefois la messe, un mur de grimpe de treize mètres accueille désormais les sportifs. Cette reconversion est devenue l’un des exemples les plus emblématiques de la nouvelle destination donnée à certains édifices religieux.

Mur d’escalade à l’église Sainte Rita à Paris 15eme – capture écran

Sainte-Rita n’est pas un cas isolé. En France comme ailleurs en Europe, des églises désaffectées deviennent des restaurants, des salles de spectacle, des logements, des bibliothèques ou encore des équipements de loisirs. Si ces projets permettent parfois de sauver des bâtiments de pierre promis à l’abandon, ils soulèvent aussi une question de fond : une église est-elle un bâtiment comme les autres ?

Pendant que certains imaginent de nouvelles utilisations commerciales ou récréatives pour ces édifices, une autre dynamique se développe discrètement dans les territoires :

À Monferran-Savès (Gers), l’église Saint-Louis est devenue le symbole de cette mobilisation. Depuis plusieurs années, une association locale œuvre à sa sauvegarde. Les habitants participent à l’entretien de l’édifice, organisent des manifestations et recherchent des financements pour poursuivre les travaux de restauration. Beaucoup expliquent qu’ils ne veulent pas seulement sauver des pierres, mais préserver ce qui constitue l’identité même de leur village. Dans les Ardennes, à Francheval, c’est l’église Saint-Nicolas qui bénéficie d’un formidable élan collectif. À l’occasion du lancement des travaux de rénovation intérieure, plusieurs dizaines de bénévoles ont vidé l’édifice en seulement quelques heures, alors qu’une journée entière avait été prévue. La commune a salué « un bel élan de solidarité », ajoutant : « C’est dans ces moments-là que l’on mesure toute la richesse d’un village : la solidarité, l’entraide et le plaisir d’agir ensemble », avant de se dire « fière de ses bénévoles ».

Même mobilisation dans le Pas-de-Calais, à Racquinghem, où le comité de sauvegarde de l’église Saint-Gilles a réussi à fédérer de nombreux habitants, notamment des jeunes, autour de travaux d’embellissement et de préservation du patrimoine religieux. Une image qui contraste avec l’idée, souvent avancée, d’un désintérêt des nouvelles générations pour les églises.

Enfin , plus récemment encore, l’exemple de Pontrieux, dans les Côtes-d’Armor, a marqué les esprits. Face au risque de voir leur église se dégrader, habitants, élus et bénévoles ont choisi de se mobiliser. « Pontrieux sans son église, ce n’était pas possible », résume l’un des acteurs de cette renaissance.

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Ces initiatives montrent qu’en France, les bonnes volontés existent. Lorsqu’un projet est porté localement, les habitants répondent souvent présents. Des retraités donnent de leur temps, des artisans mettent leur savoir-faire au service des travaux, des associations se créent, des mécènes apportent leur soutien et des élus accompagnent les démarches.

Restaurer une église, ce n’est pas seulement consolider des murs. C’est raviver la mémoire d’une foi transmise de génération en génération, retrouver une communion d’esprit entre les habitants et redonner au village son cœur spirituel tourné vers Dieu

Le défi reste pourtant immense. Des centaines d’églises sont aujourd’hui fermées pour des raisons de sécurité et plusieurs milliers d’édifices pourraient, dans les prochaines décennies, être abandonnés faute de moyens suffisants pour assurer leur entretien mais aussi faute d’implication et de motivation des fidèles.

L’émotion suscitée par l’incendie de Notre-Dame de Paris a démontré qu’une nation tout entière pouvait se lever pour sauver une église. Cet élan ne devrait pas rester l’exception. Les milliers d’églises de France méritent, chacune à leur mesure, la même attention. Car si Notre-Dame est un chef-d’œuvre universel, la plus humble église de campagne possède, elle aussi, une dignité incomparable : elle est consacrée au culte de Dieu, elle accueille le tabernacle où demeure le Christ dans l’Eucharistie et elle constitue le cœur spirituel de sa paroisse. Peut-être est-il temps de faire naître, partout en France, cette même conscience que chaque église est un trésor à transmettre plutôt qu’un bâtiment à reconvertir. L’Église catholique de France ne pourrait-elle pas faire de cette mobilisation une priorité, un véritable enjeu ?

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