Le jeudi 30 juillet 2026, le collectif Lecoq a retiré lui-même l’intégralité de son exposition présentée dans la chapelle du Bourg d’Arradon (Morbihan), après avoir refusé les propositions de compromis de la mairie. Une fois encore, une chapelle catholique se retrouve au centre d’une controverse qui scandalise de nombreux fidèles. L’exposition « Le Poulailler 4 » du collectif Lecoq. Parmi les œuvres présentées figuraient notamment une photographie montrant deux hommes s’embrassant, un homme vêtu d’un caleçon rose dans une posture suggestive, jambes écartées, ainsi qu’un cliché représentant des fesses masculines.
« Je ne me suis absolument pas dit que mes photos pouvaient être perçues comme une profanation du lieu. » affirme l’artiste au journal Ouest France.. là est tout le problème.
Ces images n’avaient manifestement pas leur place dans un édifice consacré à la prière. Face aux réactions suscitées par ces photographies, la mairie n’a pourtant pas demandé la fermeture de l’exposition. Elle a proposé une solution de compromis : retirer les seules œuvres les plus controversées ou les transférer dans une salle communale voisine. Le collectif Lecoq a refusé ces deux propositions.Les artistes ont choisi de démonter eux-mêmes l’ensemble de l’exposition le jeudi 30 juillet 2026. Ainsi, lorsque la polémique s’est largement diffusée le lendemain, les photographies avaient déjà été retirées de la chapelle. Le père Hubert Passemar, curé de la paroisse, a dénoncé « un décalage évident avec la dimension symbolique du lieu » ( Source Ouest France) tout en regrettant que les artistes aient préféré retirer toute l’exposition plutôt que les seules œuvres litigieuses.
Mais cette affaire dépasse largement le cas d’Arradon. Car la question n’est pas de savoir si de telles photographies peuvent être exposées dans une galerie d’art ou un centre culturel. Elles le peuvent. La véritable question est de comprendre pourquoi un lieu consacré à Dieu est choisi pour accueillir des images à forte connotation sexuelle ou revendiquant une symbolique associée au mouvement LGBT. Une chapelle n’est pas une salle d’exposition comme les autres. Même lorsqu’elle appartient à une commune depuis la loi de 1905, elle demeure un lieu chargé d’une vocation purement religieuse. À Arradon, une convention entre la mairie et la paroisse rappelle d’ailleurs que les manifestations organisées dans la chapelle doivent rester compatibles avec l’identité du lieu.
Nombre de catholiques s’interrogent également sur ce qui apparaît comme un deux poids, deux mesures. Qui accepterait aujourd’hui qu’une exposition volontairement provocatrice soit organisée dans une synagogue ou dans une mosquée ? Pourquoi les lieux de culte catholiques semblent-ils devenir, à intervalles réguliers, le terrain privilégié de provocations artistiques dont chacun sait qu’elles heurteront les fidèles ? En retirant finalement toute son exposition, le collectif Lecoq a mis un terme à la controverse. Mais le débat demeure entier : la liberté artistique peut-elle tout justifier lorsqu’elle s’exerce dans un lieu consacré au culte catholique ?la réponse est clairement non.


