Les actes de malveillance se succèdent sans interruption. Dans un reportage diffusé le 5 août 2026, Guadeloupe La 1ère révèle que l’église Notre-Dame-du-Mont-Carmel, à Basse-Terre, a subi une dizaine d’intrusions depuis la fin du mois de mars. Les auteurs profiteraient d’un passage situé à l’arrière de l’édifice pour pénétrer dans le sanctuaire avant de forcer les différentes ouvertures.
À chaque intrusion, le constat est le même : vitraux brisés, troncs fracturés, mobilier renversé, croix dégradées et objets détériorés. Malgré plusieurs plaintes déposées et les investigations en cours, ces cambriolages se poursuivent, alimentant un profond sentiment d’impuissance au sein de la communauté paroissiale. Le père Jules Ahouandjinou, vicaire de la paroisse de Basse-Terre – Cathédrale et Notre-Dame-du-Mont-Carmel, ne cache plus son indignation. Interrogé par Guadeloupe La 1ère, il dénonce des attaques qui dépassent largement le simple vandalisme :
« C’est vraiment dommage qu’un lieu sacré soit fréquenté par des hors-la-loi, qui viennent à répétition pour casser les troncs, les croix, les vitraux de l’église… C’est une profanation qui ne dit pas son nom et il faut que, dans les jours à venir, on trouve une solution pour corriger cette situation qui n’honore pas l’église. »
L’inquiétude est également palpable parmi les habitants du quartier. La riveraine chargée de fermer quotidiennement l’église raconte vivre désormais dans la peur. Après avoir découvert chaque matin de nouvelles dégradations, elle affirme que les intrus se sont même introduits chez elle la veille de son témoignage. Elle lance un appel aux autorités afin que des mesures soient enfin prises pour protéger les lieux et les riverains.
Même constat du côté du sacristain adjoint, Jean Pouvin. Selon lui, les cambriolages ont commencé à la fin du mois de mars. Les malfaiteurs auraient d’abord forcé l’accès situé près de la grotte en brisant une poignée avant de revenir à plusieurs reprises. Les systèmes de vidéosurveillance auraient permis d’identifier un suspect et des relevés d’empreintes auraient été effectués, mais ces éléments n’ont pas encore mis un terme aux intrusions. L’émotion est d’autant plus grande que Notre-Dame-du-Mont-Carmel n’est pas une église quelconque. Fondée au XVIIᵉ siècle par les jésuites, elle compte parmi les plus anciens lieux de culte de Guadeloupe et demeure l’un des principaux sanctuaires catholiques de l’île. Classée au titre des Monuments historiques, elle accueille chaque année la neuvaine et la grande procession de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, qui rassemblent de nombreux fidèles.
Face à cette succession de profanations, les responsables de la paroisse espèrent désormais des mesures concrètes, notamment un renforcement de la vidéoprotection aux abords de l’église. Pour les fidèles, protéger ce sanctuaire ne relève pas seulement de la préservation du patrimoine : il s’agit aussi de garantir le respect dû à la maison de Dieu et la liberté de culte de tous les chrétiens.


