Une canette Coca-Cola proclamant « Satan is King » pourrait-elle franchir le filtre de la marque tandis que « Jesus is King » serait immédiatement rejeté ? C’est l’étonnante polémique qui agite actuellement les réseaux sociaux américains et plusieurs médias outre-Atlantique.L’affaire a pris une nouvelle ampleur les 6 et 7 août 2026, après la diffusion de tests du configurateur proposé par Coca-Cola aux consommateurs américains pour personnaliser leurs canettes.

Le 6 août, The Daily Wire rapporte ainsi plusieurs essais particulièrement troublants : selon le média, les expressions « Allah Is King » (« Allah est Roi ») et « Satan Is King » (« Satan est Roi ») pouvaient franchir le premier filtre du site, tandis que « Jesus Is King » (« Jésus est Roi ») était refusé. D’autres références chrétiennes auraient connu le même sort : « Holy Trinity » (« Sainte Trinité »), « Virgin Mary » (« Vierge Marie ») ou encore « Holy Spirit » (« Saint-Esprit ») auraient été bloquées.
Plus étonnant encore, des formulations hostiles au Christ telles que « Jesus is bad » (« Jésus est mauvais ») ou « Jesus is evil » (« Jésus est maléfique ») auraient, elles, pu franchir le premier niveau de contrôle.
Le lendemain, 7 août, le Dallas Express rapporte à son tour de nouveaux tests filmés attribués au créateur Ryan Haff. Les résultats affichés par le configurateur sont là encore difficilement compréhensibles : « The devil is king » (« Le diable est roi »), « Satan is good » (« Satan est bon ») ou « I love Satan » (« J’aime Satan ») auraient été acceptés à cette étape du processus. À l’inverse, « Jesus is king », « Jesus is good » et « I love Jesus » auraient été refusés.
Ces démonstrations ont rapidement suscité l’indignation de nombreux chrétiens américains et des appels au boycott de Coca-Cola. Mais elles nécessitent une précision essentielle : le fait qu’une expression franchisse le premier filtre informatique ne signifie pas nécessairement que Coca-Cola accepte effectivement de l’imprimer sur une canette.
Les règles actuellement affichées par Coca-Cola pour son service américain de personnalisation interdisent notamment les noms de figures religieuses et politiques ainsi que certaines expressions pouvant présenter un caractère religieux ou politique. La marque précise également que les commandes personnalisées sont contrôlées après leur soumission. Une expression apparaissant comme acceptable lors de la personnalisation en ligne ne constitue donc pas nécessairement une autorisation définitive d’impression.
C’est précisément là que la polémique devient intéressante : si Coca-Cola entend appliquer une règle générale de neutralité religieuse, comment expliquer qu’un système de modération puisse laisser passer des proclamations favorables à Satan tout en rejetant immédiatement certaines proclamations chrétiennes ?
S’agit-il d’un simple dysfonctionnement de l’algorithme, d’une liste de termes interdits particulièrement mal conçue ou d’un véritable traitement différencié ? En l’absence d’explications détaillées de Coca-Cola sur ces tests précis, il serait prématuré de conclure à une volonté délibérée de discrimination antichrétienne. La prudence est d’autant plus nécessaire qu’une controverse presque identique avait circulé en 2024. Des publications affirmaient déjà que Coca-Cola permettait de personnaliser une canette avec « Allah » mais pas avec « Jésus ». Des vérifications indépendantes avaient alors montré une réalité différente : les références à Jésus, Allah et Satan étaient toutes bloquées lors des tests réalisés à cette période.
La controverse d’août 2026 présente cependant un élément nouveau : plusieurs démonstrations récentes semblent montrer que le filtre ne réagit plus de manière uniforme selon les formulations utilisées. Selon le Dallas Express, Coca-Cola aurait d’ailleurs modifié son dispositif après le déclenchement de la nouvelle polémique afin que les demandes soient désormais systématiquement soumises à vérification. Il reste donc à la marque à expliquer pourquoi son outil a pu produire de telles incohérences.
Car le problème n’est pas que Coca-Cola décide de ne pas transformer ses canettes en supports de proclamations religieuses. Une entreprise peut parfaitement imposer une règle générale à son service de personnalisation. Mais encore faut-il que cette règle soit cohérente et appliquée équitablement. Lorsqu’un consommateur voit apparaître « refusé » devant « Jésus est Roi », mais pas devant « Satan est Roi », la question d’un traitement défavorable au christianisme se pose inévitablement. Et pour une multinationale qui fait depuis des années de l’inclusion et du respect de toutes les sensibilités une part importante de sa communication, l’explication devient nécessaire.


