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[Vosges] Trois cloches historiques volées en pleine nuit près de Vittel : 800 kg de bronze dérobés

image d'illustration - Depositphotos
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À Robécourt, petite commune des Vosges située à une vingtaine de kilomètres de Vittel, l’ancienne fonderie de cloches a été victime d’un spectaculaire cambriolage. Trois de ses pièces maîtresses ont disparu avec plusieurs autres cloches et objets de collection, pour un butin représentant environ 800 kg de bronze et une perte patrimoniale considérable

Il ne s’agit pas de quelques objets aisément transportables. Dans la nuit de mardi à mercredi, des voleurs ont réussi à pénétrer dans l’ancienne fonderie de cloches de Robécourt et à emporter les trois pièces maîtresses de sa collection. Vosges Matin indique que les malfaiteurs étaient déjà venus sur les lieux la nuit précédente, vraisemblablement pour effectuer un repérage. Des serrures avaient été forcées. Ce qui avait d’abord pu passer pour l’intrusion d’amateurs apparaît, au lendemain du cambriolage, sous un tout autre jour : les voleurs sont revenus et ont emporté tout ce qu’ils pouvaient en bronze.

Michel Barret, descendant de fondeur et vice-président de l’association chargée du site, estime à environ 800 kg la quantité totale de bronze dérobée.Trois cloches constituent le cœur du préjudice patrimonial.

La plus ancienne, Saint-Martin, avait été coulée en 1889 et pesait 322 kg. Magdalena, datant de 1921, atteignait 250 kg. Quant à Marie, elle avait été fondue en 1997 pour le 150e anniversaire de la fabrique et pesait 150 kg. À ces trois pièces majeures s’ajoutent une petite cloche d’une vingtaine de kilos ainsi qu’une dizaine de pièces plus petites de collection.Le vol apparaît d’autant plus organisé que les trois grandes cloches n’étaient pas entreposées au même endroit. Saint-Martin se trouvait dans le grand four, Marie dans le four moyen et Magdalena dans le musée. Il fallait donc pénétrer dans plusieurs espaces, déplacer des pièces extrêmement lourdes puis les transporter jusqu’à un véhicule.

Michel Barret évoque l’hypothèse de cinq ou six individus équipés notamment d’un transpalette. Faute d’enregistrement vidéo, il est toutefois impossible à ce stade de déterminer précisément le nombre de voleurs ou le matériel utilisé.

Le préjudice dépasse très largement la seule valeur marchande du bronze. L’histoire de la fonderie de Robécourt remonte au XIXe siècle. Pendant des décennies, des cloches y ont été fondues avant de rejoindre notamment les clochers des églises, perpétuant un savoir-faire où se mêlent maîtrise du feu, travail du métal et recherche de la sonorité. La fonderie constitue ainsi un témoignage d’un artisanat profondément lié à la vie religieuse française. Pendant des siècles, les cloches ont rythmé la vie des paroisses et des villages : elles appelaient à la messe, annonçaient les baptêmes, les mariages et les funérailles, sonnaient l’Angélus et accompagnaient les grandes heures de la communauté.C’est cette histoire que le musée de Robécourt cherchait à préserver.

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Pour l’association, l’une des principales inquiétudes tient désormais au devenir des pièces volées. Le bronze des cloches contient une proportion importante de cuivre. Revendues comme simple métal, Saint-Martin, Marie et Magdalena perdraient en quelques instants ce qui fait précisément leur valeur : leur histoire, leur fabrication et leur caractère patrimonial. Le cambriolage intervient par ailleurs au pire moment. Le musée est fermé au public depuis deux ans en raison de problèmes affectant la structure du bâtiment. Une convention doit être signée le 18 août avec la Fondation du patrimoine afin de permettre la rénovation d’une partie du site menacée.

L’association doit donc désormais mener deux combats : sauver l’ancienne fonderie et espérer retrouver ses cloches avant qu’elles ne disparaissent définitivement.Car si 800 kg de bronze possèdent une valeur marchande, Saint-Martin, Marie et Magdalena représentent surtout une mémoire que le prix du métal ne pourra jamais restituer.

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