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Léon XIV en France : 850 policiers, RAID, drones… un voyage sous très haute sécurité

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Menacé par la propagande de l’État islamique avant son voyage en Espagne en juin, Léon XIV arrivera en France dans un pays où la menace jihadiste demeure largement prédominante. Face aux foules attendues, l’État prépare un dispositif de protection exceptionnel

À moins d’un mois de l’arrivée de Léon XIV en France, le dispositif se précise. Du vendredi 25 au lundi 28 septembre 2026, le Pape traversera plusieurs villes et rencontrera des foules considérables. Pour les services de l’État, cette visite pastorale constituera aussi l’une des opérations de sécurité les plus sensibles de la rentrée. Selon les informations révélées à la mi-août à partir d’un télégramme de la Direction générale de la police nationale, près de 850 policiers doivent être envoyés en renfort pour les seules étapes de Lourdes et de Metz. Le RAID doit être mobilisé, ainsi que des équipes cynophiles, notamment pour la recherche d’explosifs. Des policiers en civil compléteront le dispositif.

La surveillance ne sera pas seulement terrestre. Des drones doivent être employés et des moyens de lutte antidrones sont prévus. À Lourdes, la préparation est engagée depuis plusieurs semaines : dès le 31 juillet, la préfecture des Hautes-Pyrénées avait autorisé l’utilisation de drones de la Police nationale au-dessus de la ville et du sanctuaire dans le cadre de la préparation de la visite pontificale. Cette vigilance aérienne correspond aux priorités nationales. La posture Vigipirate actuellement appliquée place la France au niveau « vigilance renforcée ». Le ministère de l’Intérieur demande notamment une attention particulière aux zones de forte affluence et à la menace constituée par les drones, après une recrudescence des survols observés en France et en Europe.

Mais derrière ces moyens exceptionnels demeure d’abord la question terroriste.

Les données les plus récentes donnent la mesure de la situation. Lors de son audition au Sénat le 7 avril 2026, le procureur national antiterroriste Olivier Christen qualifiait la menace jihadiste de « particulièrement prégnante et largement prédominante ». Au 1er avril, elle représentait 94 % des procédures antiterroristes ouvertes depuis le début de l’année – 16 enquêtes sur 18 – et 88 % de l’ensemble des procédures suivies par le Parquet national antiterroriste. Le ministère de l’Intérieur indiquait encore le 18 juin que « la menace terroriste jihadiste se maintient à un niveau élevé ». Depuis janvier 2012, 51 attentats jihadistes ont été commis en France, dont 25 mortels, faisant 275 morts et plus de 800 blessés. Dans le même temps, 94 projets violents ont été déjoués.

La DGSI souligne également une transformation du risque. Aux opérations organisées depuis l’étranger s’ajoutent désormais des individus radicalisés sur le territoire, parfois très jeunes, inspirés notamment par la propagande de l’État islamique et susceptibles de passer à l’acte avec des moyens rudimentaires.

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Le précédent espagnol ne peut, dans ce contexte, être ignoré. Avant le déplacement de Léon XIV en Espagne en juin 2026, le Pape avait personnellement été visé par des contenus diffusés dans la sphère de propagande de l’État islamique. Quelques semaines plus tard, les services français doivent donc protéger à la fois le souverain pontife et les foules massives qui se presseront autour de lui. Le défi n’en demeure pas moins considérable. Le 25 septembre, le Pape doit notamment se rendre à l’Élysée, à l’UNESCO et à Notre-Dame de Paris, avant une rencontre avec les jeunes à Saint-Denis. Le lendemain, la grande célébration parisienne pourrait attirer plusieurs centaines de milliers de fidèles au cœur de la capitale.

À Lourdes, quelque 150 000 personnes sont attendues le dimanche 27 septembre. Le voyage s’achèvera le lendemain à Metz. Autant d’étapes, de trajets et de rassemblements à sécuriser pendant quatre jours. La France a déjà déployé des moyens spectaculaires pour protéger Léon XIV. Lors de sa visite à Monaco, le 28 mars dernier, une véritable bulle aérienne avait été mise en place avec des Rafale, des hélicoptères Fennec spécialisés notamment dans la lutte antidrones et un avion radar AWACS.

En septembre, l’échelle sera tout autre. Entre une menace jihadiste qui demeure au premier rang des préoccupations antiterroristes, le risque lié aux drones et l’ampleur exceptionnelle des rassemblements annoncés, la visite de Léon XIV se déroulera sous une surveillance maximale. Pour les catholiques, quatre jours de ferveur sont attendus. Pour les services de sécurité, quatre jours pendant lesquels rien ne pourra être laissé au hasard.

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