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EXCLUSIF : « La liberté d’expression serait-elle à sens unique ? » : une association catholique dénonce le refus de La Vie (Groupe Le Monde) de publier son droit de réponse

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Son président, André-Marie d’Anselme, dénonce une information « unilatérale » et réclame que la parole de l’association puisse être entendue

Ce mardi 1er septembre 2026, l’Alliance des Cœurs Unis a adressé à Tribune Chrétienne un communiqué mettant directement en cause le journal La Vie (Groupe Le Monde). Son président, André-Marie d’Anselme, affirme que le titre n’a pas publié le droit de réponse officiellement adressé par l’association après un article très critique.

L’affaire remonte au 12 août 2026. La Vie publie ce jour-là un article signé Sophie Lebrun sous le titre « Milieux apparitionnistes : l’Alliance des cœurs unis, l’association de groupes de prière en pleine polémique ». Le magazine y revient notamment sur les « locutions privées » attribuées à Gaëtane de Lacoste Lareymondie, dite « Virginie », l’accompagnement pastoral de l’association par Monseigneur Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, ainsi que sur des signalements et différentes analyses critiques des écrits et du fonctionnement de l’Alliance.

L’Alliance des Cœurs Unis conteste vivement cette présentation. Le 19 août, Tribune Chrétienne avait déjà publié un communiqué de l’association appelant au respect des personnes et à une présentation « objective, équilibrée et impartiale des faits ». L’association a ensuite engagé une démarche formelle. Dans une lettre datée du 24 août 2026 et adressée au directeur de la publication de La Vie par courrier recommandé avec accusé de réception, André-Marie d’Anselme a demandé la publication d’un droit de réponse de 57 lignes. Selon le communiqué transmis ce 1er septembre à Tribune Chrétienne, le courrier a été réceptionné par La Vie vendredi 28 août.

L’association affirme que son texte n’a pas été publié et indique qu’« aucune justification » ne lui est parvenue. Son président pose désormais publiquement la question : « La liberté d’expression serait-elle à sens unique ? »

André-Marie d’Anselme considère que cette situation « semble relever d’une conception unilatérale de l’information ne laissant aucune place au débat contradictoire ». Il reproche également à l’article du 12 août de présenter « de façon unilatérale comme des vérités établies » des opinions et témoignages que l’association considère comme « parfaitement contestables et contestés ».

Un argumentaire juridique joint à la demande

Le courrier adressé à La Vie ne se limitait pas aux 57 lignes du droit de réponse. L’association y développait également les fondements juridiques sur lesquels elle appuie sa demande. Elle invoque notamment l’article 1-1.III de la loi n° 2024-449 ainsi que l’article 13 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse et soutient que son droit de réponse devait être publié dans les trois jours suivant sa réception, dans des « conditions similaires à celles du message en cause ».

L’Alliance réclame également une visibilité comparable à celle accordée à l’article initial et une publication dans la « partie rédactionnelle » du site, et non dans un espace réservé aux réactions des lecteurs. Elle cite à l’appui de son argumentation un arrêt de la Cour de cassation du 19 juin 2018 et une décision de la cour d’appel de Paris du 5 novembre 2013.

Le courrier reproduit également une disposition prévoyant une amende de 3 750 euros en cas de défaut d’insertion dans les conditions prévues par le texte invoqué. Les statuts de l’association ainsi que le récépissé préfectoral attestant la présidence d’André-Marie d’Anselme étaient joints à la demande. Une copie du courrier a par ailleurs été adressée à Me Clara Massis de Solere, avocat au barreau de Paris.

Dans son communiqué du 1er septembre, André-Marie d’Anselme demande que « notre parole puisse être entendue » et que les informations concernant l’Alliance puissent être présentées « de manière équitable, objective et contradictoire ».

Tribune Chrétienne publie donc ci-dessous l’intégralité, sans modification ni correction, des 57 lignes constituant le droit de réponse adressé par l’Alliance des Cœurs Unis à La Vie.

L’intégralité du droit de réponse de l’Alliance des Cœurs Unis

« L’association Alliance des Cœurs Unis répond à l’article du 12 août 2026 qui lui est consacré. Elle considère que l’article participe d’une tentative de relance d’une polémique ancienne et abusive afin qu’elle soit considérée comme une association « par qui le scandale arrive ».

La polémique trouve son origine dans trois signalements effectués par des prétendus membres de l’association, notamment parce qu’elle a refusé d’intervenir dans un différend familial intéressant personnellement l’un d’entre eux. Diverses relances médiatiques installent une image orientée de l’association. Les retombées sont utilisées pour influer sur le dossier en justice du contentieux familial du principal accusateur.

Sur les prétendues accusations de dérive sectaire et les éléments présentés au public

À la suite des signalements effectués, Monseigneur Brunin, chargé de la cellule des dérives sectaires de la Conférence des évêques de France, a officiellement clôturé le dossier en octobre 2022.

En 2018, Monseigneur Planet avait estimé que la question de l’Alliance des Cœurs Unis et des locutions privées à l’origine de sa constitution, ne relevait pas de la compétence de la cellule des dérives sectaires de la Conférence des évêques de France qu’il dirigeait alors.

L’Alliance des Cœurs Unis conteste fermement les graves qualificatifs d’« anti-démocratique » ou d’« anti-républicaine ». Elle est apolitique, elle l’a écrit dans son livret d’adhésion, l’exige de ses membres et elle fonctionne comme toute association de loi 1901. Plusieurs de ses membres ont exercé, ou exercent encore, des responsabilités importantes au service de l’État et de la République.

Les prétendus « nombreux signalements » renvoient à un même petit cercle de détracteurs. À ce jour, en l’absence de plainte émanant de membres de l’association, aucune procédure judiciaire de cette nature n’a été engagée contre elle.

Les conclusions de l’enquête ecclésiale conduite à son propos pendant plusieurs mois n’a pas mis en évidence de phénomène d’emprise ou de dérive sectaire, ni d’anomalie doctrinale dans les écrits étudiés. Confiée à l’expertise indépendante d’un frère dominicain et d’une laïque et théologienne du diocèse de Bordeaux, l’enquête s’est appuyée sur la rencontre de nombreux membres, plusieurs temps d’échange avec la fondatrice et sur une étude approfondie des écrits.

Les détracteurs cités anonymement n’ont pas voulu répondre favorablement à une demande de témoignage proposée par les enquêteurs.

Les écrits de la fondatrice : nécessité d’un discernement théologique abouti et impartial

Plusieurs prêtres théologiens ayant lu les écrits, rencontré la fondatrice et assisté à ses conférences, font le même constat que l’enquête ecclésiale. Les prétendues expertises reprises dans l’article se fondent sur une lecture littérale et une interprétation psychologique des écrits, destinées à psychiatriser la fondatrice. Les références à un univers enfantin visent à la caricaturer.

L’interprétation orientée faite dans l’article sur l’expression « servir ou périr » est éloquente et illustre le parti pris des prétendues expertises. En effet, cette expression traverse plusieurs textes bibliques (Josué 24,15, Deutéronome 30,17-18, le Psaume 2,11-12, Isaïe 60,12, Jean 3 ou encore Luc 13,3) et notamment explicitement le Catéchisme de l’Eglise Catholique (extrait) : « servir Dieu est synonyme de vie, de liberté et de salut ; refuser ce service…conduit l’homme à s’exclure lui-même de la vie divine, ce qui correspond exactement au sens théologique de « périr ».

L’association constate que l’amalgame entre locutions privées, phénomènes mystiques et « apparitionnisme » contribue à créer une confusion préjudiciable auprès du grand public.

Malgré ce battage médiatique, l’association est déterminée à poursuivre sa mission

L’Alliance des Cœurs Unis entend rappeler que toute personne, notamment catholique, a droit au respect de sa réputation, notamment selon les dispositions du droit de l’Eglise.

A propos du « mystérieux » rapport de la commission doctrinale présidée par Monseigneur Bertrand, il serait légitime de s’interroger sur les informations relatives au changement de statut de sa diffusion, notamment sur les procédés utilisés à partir desquels les conclusions doctrinales auraient été élaborées.

L’association entend poursuivre sa mission de prière et son engagement dans un esprit de fidélité et de respect des autorités légitimes. Elle en appelle au respect du contradictoire, en lieu et place de témoignages anonymes, d’amalgames ou d’interprétations tronquées voire mensongères, à la Vérité et au respect des personnes.

L’ALLIANCE DES CŒURS UNIS,Son Président, André-Marie d’ANSELME »

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