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Sainte Raïssa, la jeune chrétienne qui choisit de rejoindre les martyrs

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Selon le récit transmis, elle confesse ouvertement sa foi et refuse les divinités païennes. Elle est alors arrêtée à son tour. Conduite avec les autres prisonniers, elle subit finalement le martyre par décapitation

Martyre à Alexandrie (IVe siècle)

L’histoire de sainte Raïssa tient presque tout entière dans une rencontre et dans une décision. Au début du IVe siècle, alors que les chrétiens subissent les persécutions de l’Empire romain, cette jeune Égyptienne voit passer des hommes et des femmes conduits vers la mort à cause de leur foi. Au lieu de détourner le regard, elle choisit de les rejoindre.Connue également sous les noms d’Iraïs, Rhaïs ou Iraida selon les traditions, Raïssa appartient au christianisme égyptien des premiers siècles. Les récits anciens situent son martyre pendant les persécutions de Dioclétien, au début du IVe siècle, probablement autour de l’an 300.

Les détails de sa vie diffèrent selon les traditions qui nous sont parvenues. Certaines la présentent comme la fille d’un prêtre chrétien de la région du Fayoum, en Égypte. Elle aurait été encore très jeune lorsque se produisit l’événement qui allait décider de son destin.Raïssa se rendait chercher de l’eau lorsqu’elle aperçut un groupe de chrétiens prisonniers. Moines, clercs, vierges consacrées ou simples fidèles avaient été arrêtés et étaient conduits vers leur supplice. À cette époque, confesser publiquement le Christ pouvait conduire à la prison, à la torture et à la mort.Raïssa aurait alors demandé à rejoindre les captifs.

Ce geste peut sembler difficile à comprendre aujourd’hui. Il ne s’agit pourtant pas, dans la tradition chrétienne du martyre, d’une fascination pour la mort. Le martyr ne recherche pas la souffrance pour elle-même : il considère simplement qu’il existe quelque chose qu’il ne peut renier, même pour sauver sa vie. Pour Raïssa, ce quelque chose est le Christ.

Selon le récit transmis, elle confesse ouvertement sa foi et refuse les divinités païennes. Elle est alors arrêtée à son tour. Conduite avec les autres prisonniers, elle subit finalement le martyre par décapitation.

Son histoire rejoint celle des milliers de chrétiens dont les noms ont parfois disparu mais dont le témoignage a profondément marqué les premiers siècles de l’Église. Les persécutions de Dioclétien, particulièrement violentes à partir de 303, visaient notamment à briser les communautés chrétiennes, détruire leurs lieux de culte et leurs Écritures et contraindre les fidèles à sacrifier aux dieux de l’Empire. L’Égypte fut l’un des territoires profondément marqués par ces persécutions. Le souvenir des martyrs y devint si important que l’Église copte construisit une partie de sa mémoire et même de son calendrier autour de cette « ère des martyrs ».

Raïssa appartient à cette génération de chrétiens pour lesquels la foi n’était pas seulement une conviction privée. Confesser le Christ signifiait accepter qu’aucun pouvoir terrestre ne puisse exiger de l’homme qu’il renie Dieu.

Son geste possède également une dimension frappante : elle aurait pu poursuivre son chemin. Elle n’était pas initialement parmi les prisonniers. Rien ne l’obligeait humainement à partager leur sort. C’est précisément ce choix libre qui a traversé les siècles.La tradition chrétienne ne célèbre donc pas en Raïssa une recherche inconsidérée du danger, mais la radicalité d’une fidélité. Face à des chrétiens conduits au supplice, elle choisit publiquement leur camp et confesse la même foi.

Plus de dix-sept siècles après sa mort, son histoire ramène ainsi à l’une des questions les plus simples et les plus exigeantes du christianisme : jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour ne pas renier ce que nous affirmons croire ?

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