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Sanctuaire de Lourdes : les mosaïques de Rupnik resteront définitivement recouvertes

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Léon XIV découvrira donc une basilique du Rosaire sans les mosaïques de Rupnik visibles. Et lorsqu’il aura quitté Lourdes, elles resteront définitivement recouvertes

Monseigneur Jean-Marc Micas, évêque de Tarbes et Lourdes, avait annoncé cette décision dès le 20 août : les mosaïques seraient masquées pour la visite pontificale et le resteraient ensuite. Le sanctuaire parle désormais d’un recouvrement « total et permanent ».

Une précision est cependant importante : le dispositif actuellement visible n’est pas, dans sa forme, le dispositif définitif. Des bâches provisoires portant l’identité visuelle du voyage de Léon XIV recouvrent aujourd’hui les œuvres. Après la visite du pape, une nouvelle réflexion collective sera engagée sur l’avenir de la façade. Mais sur le fond, la décision est prise : les mosaïques de Rupnik ne redeviendront pas visibles. Mgr Micas tient également à lever une éventuelle ambiguïté : cette décision n’est « pas une demande du Vatican ». La venue de Léon XIV aura accéléré son accomplissement, mais elle s’inscrit dans un processus engagé dès 2023.

Cette année-là, une commission avait été constituée pour réfléchir au devenir des œuvres. En juillet 2024, Mgr Micas avait décidé qu’elles ne seraient plus éclairées lors des processions mariales nocturnes. En mars 2025, les mosaïques des portes de la basilique avaient été recouvertes de panneaux. L’occultation de toute la façade constitue donc l’aboutissement d’une démarche menée par étapes.

Au centre de la réflexion de l’évêque se trouvent les victimes d’abus. Marko Rupnik, ancien jésuite slovène, fait l’objet de graves accusations d’abus sexuels, spirituels et psychologiques formulées par plusieurs femmes. Il a été renvoyé de la Compagnie de Jésus en 2023. Son procès canonique demeure par ailleurs en cours au Vatican. Le Saint-Siège a démenti cet été les informations affirmant qu’il aurait déjà été acquitté. Le dossier est examiné par cinq juges extérieurs au Dicastère pour la Doctrine de la foi et à la Curie romaine.

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La décision prise à Lourdes ne constitue donc pas un jugement canonique anticipé sur la culpabilité de Rupnik. Mgr Micas la situe sur un autre terrain, pastoral : permettre aux personnes blessées par des abus de venir au sanctuaire sans être confrontées à des œuvres qui, pour certaines d’entre elles, sont devenues insupportables.

Le sanctuaire résume cette préoccupation en rapportant les paroles de l’évêque : « Lourdes, c’est l’Immaculée Conception, auprès de qui les personnes ayant subi des violences sexuelles viennent chercher la consolation. » La question dépasse donc le seul jugement esthétique. Elle touche à la présence monumentale, dans l’un des plus grands sanctuaires mariaux du monde, des œuvres d’un artiste visé par de telles accusations.

Lorsque Léon XIV arrivera à Lourdes, les mosaïques ne seront plus visibles. Mais il serait inexact de présenter leur occultation comme une opération destinée simplement à éviter une controverse pendant la visite du pape : la décision la précède et lui survivra. Après le voyage pontifical, artistes et théologiens devraient être associés à la réflexion sur le nouvel aspect de la façade. Les mosaïques, elles, ne sont ni détruites ni déposées : elles demeurent matériellement en place sous leur recouvrement. Lourdes franchit ainsi la dernière étape d’un processus engagé depuis trois ans : d’abord ne plus mettre les œuvres en valeur, puis en masquer une partie, enfin les soustraire entièrement au regard.

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