La dernière journée du voyage apostolique de Léon XIV en France prendra une dimension interreligieuse particulière. Lundi 28 septembre, à Metz, le souverain pontife doit rencontrer six représentants de la Conférence des responsables de culte en France (CRCF), avant de signer avec eux une déclaration commune. L’information est notamment confirmée par la Conférence des évêques de France. Christian Krieger, président de la Fédération protestante de France, a par ailleurs précisé à l’AFP que le texte serait « axé sur le dialogue interreligieux et la paix ». Tous les participants doivent le signer, « y compris le pape », selon les éléments communiqués par la CEF.
Autour de Léon XIV seront réunis le cardinal Jean-Marc Aveline, président de la Conférence des évêques de France, pour les catholiques ; Christian Krieger pour les protestants ; le grand rabbin de France Haïm Korsia pour le judaïsme ; Chems-Eddine Hafiz pour l’islam ; Mgr Dimitrios pour les orthodoxes et Antony Boussemart pour les bouddhistes.
La CRCF existe depuis novembre 2010. Elle rassemble régulièrement les représentants du bouddhisme, du catholicisme, de l’islam, du judaïsme, de l’orthodoxie et du protestantisme. La CEF précise qu’elle n’a pas vocation à constituer un « front des religions », mais à permettre une concertation et à favoriser le discernement interreligieux. La présence personnelle du pape et sa signature donnent cependant à la rencontre de Metz une portée particulière. La séquence s’inscrit dans l’un des fils conducteurs annoncés pour ce voyage : le dialogue entre religions au service de la paix. Le site officiel de la visite rattache explicitement cette démarche à la continuité de Nostra aetate, la déclaration du concile Vatican II sur les relations de l’Église avec les religions non chrétiennes, promulguée le 28 octobre 1965.
Le choix de Metz n’est pas davantage indifférent. Selon Monseigneur Antoine Hérouard, premier vice-président de la Commission des épiscopats de l’Union européenne, cette étape doit rappeler que « l’Europe et la construction européenne ont un rapport étroit avec la paix ». La rencontre intervient également quarante ans après la journée historique d’Assise du 27 octobre 1986, lorsque saint Jean-Paul II avait réuni des représentants des grandes religions du monde pour prier pour la paix, chacun selon sa propre tradition.
La dimension symbolique sera jusque dans l’accompagnement musical. Sous la direction du compositeur Laurent Couson, des chœurs et musiciens de l’Orchestre national de l’Opéra de Metz interpréteront des œuvres faisant notamment entendre le latin, l’hébreu et l’arabe. Cette rencontre constituera l’une des dernières grandes séquences du voyage de Léon XIV, attendu en France du 25 au 28 septembre. Après Paris, Saint-Denis et Lourdes, Metz permettra ainsi au pape de replacer la question de la paix dans une perspective à la fois européenne et religieuse.
Reste désormais à connaître le contenu exact de la déclaration. L’expression « appel interreligieux inédit » doit donc être maniée avec prudence tant que le texte n’a pas été rendu public : ce qui est établi à ce stade est bien l’existence d’une déclaration commune sur le dialogue interreligieux et la paix, qui sera signée par les six représentants des cultes et par Léon XIV.


