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Élections en Israël : Benjamin Netanyahou reste en tête, les partis arabes et leurs représentants chrétiens futurs arbitres de la coalition ?

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La liberté religieuse, la protection des lieux saints, l’avenir des établissements scolaires chrétiens, l’accès au logement et les inégalités entre collectivités constituent autant de préoccupations concrètes

Le dépouillement est désormais terminé en Israël. Dans la nuit du jeudi 29 au vendredi 30 octobre 2026, la Commission électorale centrale a publié les résultats définitifs des élections législatives organisées mardi 27 octobre. Aucun des deux grands blocs politiques ne dispose de la majorité nécessaire pour gouverner. Mais un chiffre retient particulièrement l’attention : les formations arabes remportent 19 sièges à la Knesset, un record historique qui pourrait modifier les équilibres politiques du pays.

Selon les résultats publiés par la Commission électorale centrale, le bloc soutenant Benjamin Netanyahou obtient 53 sièges, contre 48 pour les formations opposées au Premier ministre. Les partis arabes totalisent 19 sièges, soit presque le double de leurs 10 sièges dans le Parlement sortant. Cette progression intervient dans un contexte de forte mobilisation électorale. La participation atteint 77,9 %, avec 5 716 665 suffrages exprimés, un niveau particulièrement élevé pour Israël.

La nouvelle répartition parlementaire confirme l’importance des formations arabes. La Liste commune obtient 11 sièges, tandis que Ra’am, le parti dirigé par Mansour Abbas, en remporte 8. Mais derrière cette appellation de « partis arabes » se trouve une réalité politique et religieuse plus complexe qu’il n’y paraît. Car les citoyens arabes d’Israël ne sont pas exclusivement musulmans. Ils comprennent également une minorité chrétienne historiquement enracinée en Terre sainte, dont certains représentants participent depuis des décennies à la vie parlementaire israélienne.

La Liste commune rassemble des sensibilités différentes, notamment des courants nationalistes arabes et une tradition politique de gauche laïque. Cette dernière est particulièrement représentée par Hadash, formation judéo-arabe issue du mouvement communiste israélien. Contrairement à Ra’am, dont les origines se trouvent dans le mouvement islamique, Hadash ne repose pas sur une identité confessionnelle.

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Cette distinction est essentielle pour comprendre la place des chrétiens. Ceux-ci peuvent participer à des formations arabes laïques, mais leur appartenance religieuse ne détermine pas automatiquement leurs choix politiques.

L’histoire politique israélienne compte plusieurs figures chrétiennes arabes importantes. Tawfik Toubi, né à Haïfa en 1922, fut notamment l’un des fondateurs du Parti communiste israélien et siégea à la Knesset de 1949 à 1990. Plus récemment, Aida Touma-Sliman, chrétienne arabe et membre de Hadash, a occupé une place importante dans la vie parlementaire, notamment sur les questions d’égalité et de droits des femmes.

Les chrétiens représentent environ 1,8 % de la population israélienne. Majoritairement arabes, ils appartiennent notamment aux Églises grecque-catholique melkite, grecque-orthodoxe, latine et maronite. Leur présence demeure particulièrement visible à Nazareth, Haïfa et dans plusieurs localités de Galilée.

Pour ces communautés, les enjeux politiques dépassent largement les questions de coalition gouvernementale. La liberté religieuse, la protection des lieux saints, l’avenir des établissements scolaires chrétiens, l’accès au logement et les inégalités entre collectivités constituent autant de préoccupations concrètes.

Sur le plan parlementaire, la situation demeure particulièrement complexe. Le Likoud de Benjamin Netanyahou arrive en tête avec 27 sièges, suivi de Yashar, la formation de Gadi Eisenkot, qui en obtient 21. B’Yachad remporte 12 sièges, les Démocrates 8, Yisrael Beytenu 7, le Judaïsme unifié de la Torah 7, Otzma Yehudit 7, Shas 6 et le Parti sioniste religieux 6. La majorité absolue étant fixée à 61 sièges sur 120, ni Benjamin Netanyahou ni Gadi Eisenkot ne peuvent, à ce stade, former seuls une coalition majoritaire. Mathématiquement, les 19 élus arabes pourraient permettre à l’opposition de dépasser ce seuil. Politiquement, toutefois, plusieurs formations opposées à Netanyahou ont exclu toute coopération avec Ra’am ou la Liste commune.

Cette contradiction explique l’incertitude qui entoure la formation du prochain gouvernement. Le président Isaac Herzog doit recevoir les résultats officiels mercredi prochain, avant d’engager ses consultations avec les responsables des partis. La nouvelle Knesset doit entrer en fonctions le 10 novembre.

La Commission électorale centrale a également rejeté les accusations de fraude électorale généralisée, affirmant que les investigations en cours ne modifieraient pas les résultats définitifs. Pour les chrétiens arabes d’Israël, cette séquence rappelle une réalité souvent oubliée : leur présence en Terre sainte ne se limite pas à la conservation des sanctuaires ou à la vie des communautés ecclésiales. Ils sont aussi des citoyens engagés dans les institutions de leur pays.

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