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Procès du Cardinal Becciu : la justice Vaticane reporte les audiences à janvier, la défense évoque désormais un possible acquittement

Cardinal Becciu  - DR
Cardinal Becciu - DR
Réunie ce jeudi 29 octobre 2026, la Cour d’appel du Vatican a fixé quatre nouvelles audiences du 26 au 29 janvier 2027. Au cœur des débats, des documents d’instruction que l’accusation n’aurait toujours pas intégralement communiqués malgré une décision judiciaire rendue en mars dernier

Le procès du Cardinal Angelo Becciu, l’une des affaires judiciaires les plus retentissantes du Vatican sous le pontificat de François, connaît un nouveau rebondissement. Ce jeudi 29 octobre, la Cour d’appel a reporté à janvier 2027 l’examen des questions préliminaires soulevées par la défense. Derrière ce nouveau délai se dessine une difficulté majeure pour l’accusation : la régularité de la procédure est désormais au centre des débats, au point que certains avocats évoquent ouvertement la possibilité d’un acquittement.

L’audience, présidée par Mgr Alejandro Arellano Cedillo, n’a duré que onze minutes, de 9 h 17 à 9 h 28. En présence notamment du Cardinal Becciu, de Fabrizio Tirabassi et d’Enrico Crasso, les magistrats ont fixé quatre nouvelles audiences, du 26 au 29 janvier 2027. Elles seront exclusivement consacrées aux questions procédurales, sans examen du fond des accusations.

Pour comprendre l’importance de cette décision, il faut revenir aux origines du dossier. Ouvert en juillet 2021, le procès portait principalement sur la gestion des fonds de la Secrétairerie d’État, notamment l’acquisition controversée d’un immeuble de luxe situé au 60 Sloane Avenue, à Londres. L’affaire concernait également d’autres opérations financières, dont des versements à Cecilia Marogna et à une coopérative liée au frère du Cardinal Becciu. Le 16 décembre 2023, après 86 audiences, le tribunal du Vatican avait condamné le Cardinal Becciu à cinq ans et six mois d’emprisonnement, à une amende de 8 000 euros et à une interdiction perpétuelle d’exercer des fonctions publiques. L’ancien substitut de la Secrétairerie d’État, qui a toujours proclamé son innocence, avait immédiatement contesté cette condamnation. Mais le 17 mars 2026, la procédure a connu un tournant décisif. La Cour d’appel a reconnu une « nullité relative » affectant le procès de première instance et ordonné le renouvellement des débats. Cette décision ne signifiait pas l’annulation totale du jugement, mais imposait le respect de nouvelles garanties procédurales.

Deux questions étaient notamment soulevées : la communication incomplète des pièces de l’instruction et l’utilisation de rescrits du pape François ayant élargi les pouvoirs d’enquête du promoteur de justice. La Cour a relevé que l’absence de publication en temps utile du rescrit du 2 juillet 2019 avait affecté la légalité de certains actes d’instruction.

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Les magistrats avaient également ordonné au bureau du promoteur de justice, dirigé par Alessandro Diddi, de transmettre avant le 30 avril 2026 l’intégralité des documents recueillis pendant l’enquête, sans passages occultés. Or, selon les avocats, cette obligation n’aurait toujours pas été pleinement respectée. Certaines pièces resteraient partiellement masquées, tandis que d’autres auraient été écartées comme non pertinentes. Alessandro Diddi avait annoncé en janvier 2026 son retrait de la procédure d’appel. Mais les contestations concernant les documents transmis par son bureau demeurent au cœur du litige.

Fabio Viglione, avocat du Cardinal Becciu, a rappelé ce jeudi que les droits de la défense exigeaient l’accès à l’ensemble des pièces. Il s’est néanmoins déclaré satisfait de l’attention portée par la Cour aux exigences d’un procès équitable.

Plus significative encore, la déclaration de Luigi Panella, avocat d’Enrico Crasso, ancien gestionnaire financier de la Secrétairerie d’État. Selon lui, si les décisions de la Cour ne sont pas respectées, une conséquence possible pourrait être « une sentence d’acquittement », l’action pénale ne pouvant alors se poursuivre. Il s’agit toutefois d’un argument de la défense, et non d’une décision judiciaire. À la sortie de l’audience, le Cardinal Becciu a confié à l’ANSA : « Nous sommes nerveux. » Une réaction qui traduit l’impatience d’un homme engagé depuis plus de cinq ans dans une bataille judiciaire.

Sous le pontificat de Léon XIV, cette affaire héritée de son prédécesseur pose désormais une question qui dépasse le sort du seul Cardinal Becciu : celle des garanties fondamentales d’un procès équitable au sein de la justice vaticane. Les audiences de janvier devront déterminer si les exigences imposées à l’accusation ont été respectées et quelles conséquences tirer des éventuels manquements.

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