Le Saint-Siège a annoncé, ce vendredi 30 octobre 2026, la nomination de deux nouveaux sous-secrétaires du Secrétariat général du Synode : le père Giacomo Costa, jésuite italien de 59 ans, et sœur Elena Massimi, religieuse salésienne de 51 ans. Derrière cette décision institutionnelle se trouvent deux personnalités aux parcours différents, mais dont les responsabilités et les travaux éclairent la place que conserve la synodalité dans la vie de l’Église.
Le premier nommé, le père Giacomo Costa, est loin d’être un inconnu au Vatican. Né le 12 septembre 1967 à Gênes, il est entré dans la Compagnie de Jésus en 1992 et a été ordonné prêtre le 22 juin 2002. Formé notamment à l’École des hautes études en sciences sociales de Paris, où il a étudié la sociologie politique et morale, il a présidé la Fondation culturelle San Fedele de Milan de 2007 à 2025 et dirigé la revue jésuite Aggiornamenti Sociali entre 2010 et 2021. Mais c’est surtout son rôle sous le pape François qui donne à cette nomination une signification particulière. Giacomo Costa a été secrétaire spécial du Synode des jeunes de 2018, puis de la XVIe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques, organisée entre 2021 et 2024 autour de la synodalité. Il appartient ainsi au groupe de responsables qui ont accompagné de l’intérieur l’une des grandes orientations du précédent pontificat.
Sa promotion est donc davantage qu’un simple changement de fonction. Jusqu’ici consultant du Secrétariat général du Synode, il devient sous-secrétaire d’une institution dont il connaît parfaitement les méthodes et les acteurs. Il s’agit d’une continuité institutionnelle particulièrement nette avec les années François.
Cette continuité mérite d’être relevée, car le processus synodal n’a pas été exempt de controverses. La multiplication des consultations, l’importance accordée aux méthodes de discussion collective et les interrogations concernant l’articulation entre participation des fidèles et autorité épiscopale ont suscité des débats au sein de l’Église. Pour certains observateurs, ces démarches favorisent une écoute plus large du peuple de Dieu ; pour d’autres, elles risquent d’entretenir une confusion entre consultation pastorale et gouvernement de l’Église. Giacomo Costa demeure précisément l’un des représentants de cette méthode. En avril 2026, il participait encore aux travaux préparatoires concernant la mise en œuvre du processus synodal et les futures assemblées d’évaluation. Sa nomination confirme donc que les hommes ayant accompagné cette démarche sous François continuent d’exercer des responsabilités importantes.
La seconde nomination concerne sœur Elena Massimi, née à Rome le 16 juin 1975. Membre de l’Institut des Filles de Marie Auxiliatrice, congrégation féminine de la famille salésienne, elle a prononcé ses vœux perpétuels le 24 octobre 2009. Docteure en théologie sacrée, spécialisée en liturgie pastorale, elle enseigne la liturgie et la théologie sacramentaire à l’Université pontificale salésienne de Rome. Elle préside également l’Association italienne des professeurs et spécialistes de liturgie et exerce des responsabilités dans le domaine de la musique liturgique auprès de la Conférence épiscopale italienne. En 2025, elle a publié Liturgia e sinodalità. La celebrazione cristiana: fonte e culmine della Chiesa sinodale, un ouvrage consacré aux relations entre liturgie et synodalité. Elle y étudie notamment la participation des fidèles, la diversité des ministères et la dimension communautaire de la célébration chrétienne.
Cette approche soulève une question théologique importante : jusqu’où peut-on rapprocher la liturgie de la méthode synodale sans risquer de déplacer l’attention du mystère sacramentel vers le fonctionnement de l’assemblée ?
Dans la tradition catholique, la liturgie n’est pas d’abord l’expression d’une communauté réunie autour d’un projet commun. Elle est avant tout l’action du Christ et de son Église, dont le sacrifice eucharistique constitue le sommet. Il serait cependant abusif de prêter à sœur Massimi une volonté de remettre en cause cette conception. Ses travaux s’inscrivent dans une réflexion théologique qui mérite d’être examinée à partir de ses textes, et non de simples étiquettes idéologiques. Sa nomination prolonge également une évolution engagée sous François, notamment avec l’arrivée de sœur Nathalie Becquart comme sous-secrétaire du Synode en 2021. La présence de religieuses à ces fonctions traduit une volonté d’associer davantage les femmes aux responsabilités institutionnelles, sans modifier pour autant la nature sacramentelle du ministère ordonné.
Ces deux nominations interviennent alors que le Secrétariat général du Synode, dirigé par le cardinal Mario Grech, accompagne la mise en œuvre des orientations issues des assemblées précédentes. En choisissant Giacomo Costa et Elena Massimi, Léon XIV s’appuie sur deux personnalités dont les compétences sont directement liées au processus synodal. Cette décision souligne une continuité institutionnelle avec le pontificat de François, sans préjuger de la manière dont le Pape entend lui-même conduire cette démarche.


