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Guillaume Prévost succède à Philippe Delorme à la tête de l’enseignement catholique : une nomination qui bouscule les habitudes

Guillaume Prévost  - Photo Linkedin
Guillaume Prévost - Photo Linkedin
Il témoigne de la volonté des évêques de confier cette mission à une personnalité ouverte, capable d’apporter un souffle nouveau à une institution aujourd’hui confrontée à de multiples défis.

À 42 ans, Guillaume Prévost a été élu par les évêques de France pour devenir le nouveau secrétaire général de l’enseignement catholique. Ancien haut fonctionnaire et militaire, il succèdera à Philippe Delorme à partir du 1er septembre. À La Croix, il confie : « Les écoles chrétiennes ne peuvent pas être des réservoirs à conformisme ». Une déclaration qui interroge sur la mission qu’il entend porter.

Actuel délégué général du think tank VersLeHaut, Guillaume Prévost a su faire de l’éducation un engagement central de son parcours. Ce haut fonctionnaire passé par l’ENA (promotion Louise Weiss) a développé une expertise solide dans les politiques éducatives publiques, d’abord comme adjoint à la sous-directrice de l’action éducative, puis comme conseiller au sein du ministère de l’Éducation nationale, en charge du déploiement du Service national universel (SNU).

Avant cela, c’est dans la Marine nationale qu’il a forgé son sens du service : chef de quart sur la frégate de surveillance « Vendémiaire », commandant en second du patrouilleur « Flamant », puis officier sur plusieurs sous-marins nucléaires d’attaque. Cette rigueur issue des forces armées s’est ensuite prolongée dans ses fonctions civiles, où il a défendu une vision ambitieuse de l’éducation.

Dans une tribune parue le 30 août 2024 dans Les Échos, Guillaume Prévost propose une lecture originale du blocage politique ambiant. Face à l’incapacité des majorités à porter des réformes éducatives profondes, il y voit une possible aubaine : celle de laisser davantage de liberté aux acteurs de terrain. Pour lui, le système éducatif pourrait se régénérer en redonnant confiance aux enseignants, plutôt qu’en attendant des directives venues d’en haut :
« Le politique répond aux besoins de l’administration, l’administration répond aux besoins des agents publics, les agents publics répondent aux besoins des citoyens. »
Un renversement de perspective s’impose, selon lui, pour replacer l’élève et l’enseignant au cœur des décisions.

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Depuis 2021, en dirigeant VersLeHaut, un laboratoire d’idées consacré aux jeunes et à l’éducation, où il a plaidé pour des solutions concrètes, proches des réalités du terrain, en lien avec les familles et les éducateurs. Il y affirmait l’importance de tous les acteurs autour de l’enfant, en rappelant notamment le rôle irremplaçable des parents dans leur mission éducative.

Impliqué dans plusieurs instances associatives, il siège actuellement au conseil collégial du Collège des Bernardins et au conseil d’administration de la Fondation groupe EDF. Il a également été administrateur des Écoles de production, confirmant sa proximité avec les questions d’insertion professionnelle des jeunes.

Dans une tribune parue dans Les Échos le 17 janvier 2025, Guillaume Prévost a réagi vivement à la proposition de François Bayrou de retarder le moment de l’orientation scolaire. Pour le délégué général de VersLeHaut, repousser le choix d’un parcours revient à affaiblir les filières professionnelles, déjà fragilisées, alors qu’elles sont cruciales pour l’avenir économique du pays.Il défend l’idée que choisir tôt, c’est aussi s’engager, se projeter, et grandir. À rebours de ceux qui craignent une sélection trop rapide, il affirme l’importance de valoriser tous les parcours, y compris manuels et techniques.

« Nous serions bien en mal de relever le défi économique sans ouvrier, sans technicien, sans soignant, sans la diversité des profils et des parcours qui nourrit la compétitivité de nos entreprises », écrit-il.Pour Guillaume Prévost, il ne s’agit pas de forcer les élèves, mais de leur faire confiance, en les aidant à discerner dès le plus jeune âge leurs talents et leurs aspirations.

Son profil, en dehors des circuits traditionnels de l’enseignement catholique, témoigne de la volonté des évêques de confier cette mission à une personnalité ouverte, capable d’apporter un souffle nouveau à une institution aujourd’hui confrontée à de multiples défis : exigence de qualité éducative, gestion de la relation avec l’État, prévention des abus, mais aussi réaffirmation du sens profond d’une éducation catholique…l’avenir nous le dira

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