Un acte de profanation grave a été découvert dans l’église Sainte-Jehanne, située sur la commune du Le Passage, aux portes d’Agen. La crèche de Noël installée dans l’édifice a été volontairement saccagée. Plusieurs personnages ont été renversés ou brisés et la statue de l’Enfant Jésus a été démembrée et décapitée. La découverte, faite le 8 janvier 2026 en fin de journée, peu avant la célébration de la messe, a plongé les paroissiens dans une profonde tristesse.Il ne s’agit pas d’un simple acte de vandalisme. La crèche est un signe sacré, expression visible du mystère de la Nativité et de l’Incarnation.
Porter atteinte à la figure de l’Enfant Jésus, au cœur même d’un lieu consacré, constitue une profanation d’une extreme gravité
Beaucoup rappellent que de très nombreux habitants étaient encore venus ces derniers jours prier devant la crèche et célébrer la naissance du Christ.Cette profanation ravive un souvenir douloureux. La même église Sainte-Jehanne avait déjà été la cible d’un acte similaire en janvier 2016, au début du jubilé de la Miséricorde. Dix ans plus tard, la répétition des faits accentue le sentiment de vulnérabilité ressenti par les paroissiens, mais aussi une forme de lassitude face à des atteintes répétées aux lieux de culte catholiques.Le curé de la paroisse, l’abbé abbé Pomié, a annoncé le dépôt d’une plainte, en lien avec le maire du Passage, Francis Garcia. La municipalité a condamné l’acte et rappelé son attachement au respect des convictions religieuses. Les services de police se sont rendus sur place, ont procédé à des constatations et effectué des prélèvements. Une enquête a été ouverte afin d’identifier le ou les auteurs de cette profanation.
Dans un communiqué adressé à l’ensemble des diocésains, l’évêque d’Agen, Monseigneur Alexandre de Bucy, a exprimé sa profonde tristesse et souligné que ce geste violent blesse tout le diocèse. Il rappelle en particulier l’engagement de la paroisse Sainte-Catherine du Passage dans la vie locale, à travers des œuvres sociales et des initiatives de paix, notamment la plantation récente d’arbres de la paix offerts par les différentes communautés religieuses présentes dans la commune.
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L’évêque propose également une lecture spirituelle forte de l’événement, en le rapprochant de la violence du roi Hérode évoquée dans l’Évangile de la Nativité, tout en affirmant que cette profanation ne détournera pas les chrétiens de leur volonté inébranlable de construire la paix à la suite du Christ, reconnu comme le Prince de la Paix.
Au-delà de l’émotion locale, cet acte s’inscrit dans un contexte plus large. Les profanations, dégradations et attaques contre des églises et des symboles chrétiens demeurent nombreuses en France, souvent reléguées au rang de simples faits divers. Pourtant, leur répétition nourrit chez de nombreux catholiques le sentiment d’une discrimination diffuse, rarement nommée, mais bien réelle, à l’égard de leur foi et de ses expressions publiques.Cette réalité a été évoquée récemment par le pape Léon XIV lors de son homélie adressée au corps diplomatique, le vendredi 9 janvier 2026. Le Saint-Père y a dénoncé avec gravité la marginalisation croissante des chrétiens dans plusieurs pays occidentaux, rappelant que la liberté religieuse ne saurait se limiter à la sphère privée et qu’elle suppose le respect effectif des signes, des lieux et des pratiques de la foi catholique. La profanation de la crèche de Sainte-Jehanne apparaît ainsi comme un symptôme supplémentaire d’un climat préoccupant, auquel l’Église en France est appelée à répondre non par la peur ou la colère, mais par la fidélité, la vérité et un témoignage persévérant de paix.
COMMUNIQUÉ DE MGR ALEXANDRE DE BUCY, ÉVÊQUE D’AGEN
À TOUS LES DIOCÉSAINS
« Agen, le 8 janvier 2026
Ce 8 janvier 2026, en fin de journée, peu avant de célébrer la messe dans l’église Sainte-Jehanne, le curé de la paroisse, le père Jérôme Pomié, et les paroissiens du Passage d’Agen, ont découvert avec une profonde tristesse que la crèche de l’église avait été vandalisée. Des personnages, comme ceux que nous appelons les rois mages, ont été renversés, certains en partie brisés, et l’enfant Jésus, lui-même, démembré et décapité. Ce geste violent blesse profondément la foi de tous ceux, très nombreux, qui sont venus ces jours-ci célébrer la Nativité du Christ. Et il répète cruellement la même profanation réalisée dans la même église il y a dix ans, en janvier 2016, au début du jubilé de la Miséricorde.
Ce geste blesse tout le diocèse d’Agen et particulièrement la paroisse Sainte-Catherine du Passage, qui porte un beau témoignage de foi et d’espérance dans cette commune, et qui est très impliquée dans la vie des quartiers à travers des œuvres sociales mais aussi à travers de beaux gestes de paix. Deux arbres de la paix ont été offerts récemment à la commune du Passage, l’un par toute la communauté paroissiale en décembre 2024, et l’autre en septembre 2025 par toutes les communautés religieuses, juives, musulmanes, chrétiennes, protestantes, adventistes et catholiques. Ils poussent désormais sur le sol de cette commune.
Ce geste, qui n’est pas sans nous rappeler la violence aveugle et diabolique du roi Hérode au temps de la naissance de Jésus, capable de s’en prendre à de petits enfants fragiles, ne nous détournera pas de notre volonté inébranlable de construire la Paix, à la suite de cet enfant Jésus, fragile, mais que nous reconnaissons comme le « Prince de la Paix ».
- Mgr Alexandre de Bucy
Évêque d’Agen »


