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À quatre semaines de sa venue en France, Léon XIV reçoit le cardinal Aveline et la présidence de la CEF

De gauche à droite : le pape Léon XIV (Depositphotos), le cardinal Jean-Marc Aveline, Mgr Vincent Jordy et Mgr Benoît Bertrand (Église catholique en France)
De gauche à droite : le pape Léon XIV (Depositphotos), le cardinal Jean-Marc Aveline, Mgr Vincent Jordy et Mgr Benoît Bertrand (Église catholique en France)
Léon XIV devra accomplir un exercice subtil : honorer le chef d'un État qui le reçoit officiellement sans laisser penser que la cordialité diplomatique vaut approbation de choix politiques et anthropologiques directement contraires à l'enseignement défendu par l'Église

Le pape Léon XIV a reçu ce vendredi 28 août le cardinal Jean-Marc Aveline, Mgr Vincent Jordy et Mgr Benoît Bertrand. À quatre semaines exactement de son voyage apostolique, cette rencontre avec toute la présidence de la Conférence des évêques de France intervient au moment où se règlent les derniers préparatifs d’une visite qui comportera plusieurs séquences particulièrement sensibles. Le Bulletin du Bureau de presse du Saint-Siège mentionne parmi les audiences pontificales du jour le cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille et président de la CEF, accompagné de Mgr Vincent Jordy, archevêque de Tours, et de Mgr Benoît Bertrand, évêque de Pontoise, tous deux vice-présidents. C’est donc toute la présidence de la Conférence des évêques de France qui a été reçue par Léon XIV.

Le Saint-Siège n’a pas rendu public le contenu de l’entretien. Mais son calendrier est particulièrement significatif. Le 25 septembre prochain, le Pape arrivera à Paris pour une visite apostolique de quatre jours qui le conduira ensuite à Lourdes puis à Metz. À ce stade de la préparation, il ne s’agit plus seulement de fixer un programme ou d’organiser les déplacements. Les dernières semaines précédant une visite pontificale servent aussi à régler les textes, les interventions, les rencontres et l’équilibre général d’un voyage où chaque parole du Pape sera scrutée.

La première journée donnera immédiatement le ton. À son arrivée à Paris, Léon XIV sera accueilli officiellement avant de se rendre à l’Élysée. Le programme publié par le Vatican prévoit à 11 heures une visite au président de la République, suivie à 11 h 45 d’une rencontre avec les autorités, la société civile et le corps diplomatique. L’exercice sera particulièrement délicat. Emmanuel Macron est le chef de l’État qui accueillera officiellement le souverain pontife. Mais il a également porté plusieurs évolutions de société auxquelles l’Église catholique s’est fortement opposée.

C’est sous sa présidence que la liberté garantie aux femmes de recourir à l’interruption volontaire de grossesse a été inscrite dans la Constitution en mars 2024, après une révision constitutionnelle voulue et défendue par le chef de l’État. Plus récemment, Emmanuel Macron s’est fortement engagé en faveur d’une évolution de la législation française sur la fin de vie et l’aide à mourir, combattue par les évêques de France.

Léon XIV devra donc accomplir un exercice subtil : honorer le chef d’un État qui le reçoit officiellement sans laisser penser que la cordialité diplomatique vaut approbation de choix politiques et anthropologiques directement contraires à l’enseignement défendu par l’Église.

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On imagine difficilement que la préparation d’une telle séquence soit laissée au hasard. Le discours du Pape devant les autorités françaises sera à cet égard l’un des textes les plus attendus de son voyage.

Quelques heures après l’Élysée, Léon XIV se rendra à Notre-Dame de Paris où il présidera les vêpres avec les évêques, prêtres, diacres, consacrés et séminaristes. Là encore, la séquence sera hautement symbolique. Le Pape entrera dans une cathédrale restaurée après l’incendie de 2019 et redevenue l’un des grands symboles chrétiens de la France. Mais la vie du diocèse de Paris et les choix opérés autour de Notre-Dame ont également suscité ces dernières années débats et controverses, qu’il s’agisse des aménagements contemporains de la cathédrale ou de certaines orientations pastorales. La présence du Pape donnera nécessairement à cette étape une portée dépassant la simple visite patrimoniale : Notre-Dame sera pendant quelques heures le lieu où Léon XIV s’adressera directement au clergé et aux consacrés de France.

À Lourdes, une autre question sensible demeure présente en arrière-plan : celle des mosaïques réalisées par Marko Rupnik. L’affaire de l’ancien jésuite slovène, accusé par plusieurs femmes d’abus sexuels et spirituels, a placé de nombreux sanctuaires catholiques devant une question difficile : que faire des œuvres monumentales réalisées par un artiste faisant désormais l’objet d’accusations aussi graves ? Au sanctuaire de Lourdes, Mgr Jean-Marc Micas a décidé que les mosaïques de Rupnik seraient progressivement dissimulées. La venue de Léon XIV, le 27 septembre, donnera évidemment une visibilité considérable au sanctuaire et à ses choix.

Le programme comporte par ailleurs une rencontre avec des personnes victimes d’abus dans l’Église, ce qui rend cette dimension particulièrement sensible.

Et Metz

Enfin, le 28 septembre, Léon XIV achèvera son voyage à Metz. Le Pape y participera à une rencontre interreligieuse puis à une rencontre intitulée « Aux racines de l’Europe pour la paix et l’unité », avant de célébrer la messe dans la cathédrale Saint-Étienne. L’étape est voulue comme un symbole européen de paix et de réconciliation. Elle intervient néanmoins dans un diocèse qui a connu ces derniers mois des tensions et des interrogations internes dont Tribune Chrétienne s’est déjà fait l’écho. Là encore, rien ne permet d’affirmer que ces difficultés particulières ont été abordées vendredi avec la présidence de la CEF. Mais elles appartiennent au paysage ecclésial français que Léon XIV découvrira directement.

L’audience de ce vendredi prend ainsi une autre dimension. La présidence de la CEF arrive à Rome alors que le voyage est entré dans sa phase finale de préparation. Derrière les questions de sécurité, de liturgie et d’organisation se prépare surtout une succession de prises de parole extrêmement attendues.

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