À la suite de la publication par Tribune Chrétienne du témoignage d’une fidèle mettant en cause la gouvernance du diocèse de Metz, et après la réception de plusieurs documents concernant sa gestion, nous avons reçu la réaction d’un prêtre du diocèse. Comme la fidèle dont nous avions publié le témoignage, celui-ci souhaite conserver l’anonymat, mais son identité est connue de notre rédaction. Il conteste plusieurs accusations formulées contre Monseigneur Philippe Ballot et demande que certaines situations soient replacées dans leur contexte.
Son propos apporte un éclairage sensiblement différent sur la gouvernance de Monseigneur Philippe Ballot, sur les relations entre l’évêque et ses prêtres et, plus particulièrement, sur la situation du curé de Morhange évoquée dans notre précédent article.
Nous publions son témoignage afin que nos lecteurs puissent également prendre connaissance de cette version des faits.
« Il me semble nécessaire de rétablir un certain nombre de distinctions »
« J’ai lu avec attention l’article publié par Tribune Chrétienne, présentant le témoignage d’une fidèle et mettant directement en cause Mgr Philippe Ballot dans sa manière de gouverner le diocèse de Metz et d’accompagner les prêtres.
Parce que les accusations ainsi relayées sont graves, il me semble nécessaire d’apporter plusieurs éléments de contexte et de rétablir un certain nombre de distinctions qui paraissent avoir été insuffisamment prises en compte.
Tout d’abord, les drames évoqués dans l’article, notamment les suicides de prêtres, appartiennent à une période antérieure à l’arrivée de Mgr Ballot. Ils remontent à l’épiscopat de Mgr Lagleize et avaient profondément marqué le diocèse. Il est donc essentiel, par souci de vérité, de ne pas attribuer à l’actuel évêque une responsabilité dans des événements qui ne relèvent pas de son ministère.
Depuis son arrivée, Mgr Ballot manifeste au contraire une attention réelle et constante aux prêtres du diocèse. Il les reçoit, les rencontre et s’efforce de les accompagner personnellement, avec une disponibilité et une sollicitude que beaucoup peuvent constater. On peut naturellement porter un regard critique sur toute gouvernance, mais il serait profondément injuste de laisser entendre que l’évêque serait indifférent à la situation ou à la souffrance de ses prêtres.
L’article évoque également un prétendu « cercle fermé » autour de l’évêque. Cette présentation ne correspond pas à la réalité du fonctionnement diocésain. Comme toute institution, le diocèse dispose d’un conseil de gouvernance chargé de traiter les affaires courantes et d’aider l’évêque dans l’exercice de sa responsabilité. Cela ne signifie nullement que les grandes orientations ou les décisions importantes seraient prises par un petit groupe isolé du reste du diocèse.
Les différentes instances diocésaines sont consultées selon leurs compétences : le collège des archiprêtres, les conseils et organismes compétents, ainsi que les instances représentatives et pastorales du diocèse. Réduire ce fonctionnement à l’image d’une « cour » ou d’un cercle fermé constitue une simplification qui ne rend pas compte de la réalité et du travail collectif accompli.
S’agissant plus particulièrement de la situation du curé de Morhange évoquée dans le témoignage, il convient également de rappeler que cette affaire a été marquée, pendant une longue période, par de nombreuses difficultés. La situation pastorale locale était complexe et exigeait de tous beaucoup de discernement et de patience. Il est difficile de résumer une telle histoire à un récit univoque dans lequel une personne serait simplement victime et les responsables diocésains les seuls responsables des difficultés rencontrées.
Le prêtre concerné a, pendant plus d’une année, adressé de nombreux courriers et lettres ouvertes à différentes autorités et responsables du diocèse, notamment aux archiprêtres. Ces démarches témoignaient d’une situation conflictuelle profonde et ne permettaient pas toujours un dialogue serein et constructif. Il est donc regrettable que le témoignage publié ne présente qu’une seule lecture des événements, sans donner au lecteur les éléments nécessaires pour comprendre toute leur complexité.
C’est pourquoi je suis profondément surpris que Tribune Chrétienne ait choisi de relayer des accusations aussi graves sans, semble-t-il, avoir procédé à une vérification contradictoire approfondie auprès des personnes et des institutions mises en cause. La liberté d’expression et la possibilité pour chacun de témoigner sont précieuses. Mais elles ne dispensent pas d’une exigence élémentaire de prudence, de vérification et d’équilibre, particulièrement lorsque la réputation de personnes identifiables est en jeu.
Enfin, il me semble qu’une confusion regrettable est entretenue entre plusieurs périodes et plusieurs gouvernances du diocèse. Les difficultés vécues sous les épiscopats précédents, les choix pastoraux de Mgr Lagleize ou de Mgr Villemin, et l’action de Mgr Ballot depuis son arrivée ne peuvent être indistinctement amalgamés.
Chaque évêque exerce sa mission dans un contexte particulier et porte sa propre responsabilité. Depuis son arrivée, Mgr Ballot s’est précisément efforcé de restaurer la confiance, de renforcer le dialogue et de manifester une plus grande proximité, tant envers les prêtres qu’envers les acteurs de la pastorale diocésaine.
Cela ne signifie pas que tout soit parfait ni qu’aucune critique ne puisse être formulée. Une Église vivante doit pouvoir entendre les interrogations et les souffrances qui s’expriment en son sein. Mais la critique ne peut être véritablement constructive que si elle respecte la vérité des faits, la complexité des situations et la dignité des personnes.
À l’heure où le diocèse se prépare à vivre des moments importants, il serait souhaitable que le débat public ne soit pas nourri par des amalgames ou des accusations unilatérales, mais par un réel souci de vérité, de justice et de communion.
C’est à cette exigence de vérité et de responsabilité que cette réponse souhaite simplement contribuer. »
Un curé du diocèse de Metz


