Le pape Léon XIV a accepté la démission de Monseigneur Antonio Santarsiero Rosa, O.S.I., du gouvernement pastoral du diocèse de Huacho, au Pérou. L’annonce, rendue publique le 15 juillet par le Bureau de presse du Saint-Siège, ne donne aucune explication particulière et rappelle simplement que le prélat avait présenté sa renonciation conformément au droit canonique après avoir atteint l’âge de 75 ans, le 13 juin dernier. Cette décision intervient toutefois dans un contexte délicat. Depuis le printemps, Monseigneur Santarsiero fait l’objet d’une enquête canonique et civile après des accusations de présumés abus sexuels formulées par deux personnes, un ancien mineur et un diacre. Selon les plaignants, les faits remonteraient aux années 2011 à 2013, alors qu’ils étaient sous son autorité au séminaire de Huacho.
Face à ces révélations, la Conférence épiscopale péruvienne avait annoncé, en avril dernier, le retrait temporaire de Monseigneur Santarsiero de ses fonctions de secrétaire général de l’épiscopat afin de permettre le bon déroulement des investigations prévues tant par le droit canonique que par la législation civile. Cette responsabilité, qu’il exerçait depuis 2024, faisait de lui l’un des principaux responsables de l’Église catholique au Pérou.Le prélat, pour sa part, a toujours rejeté catégoriquement les accusations portées contre lui, affirmant que les faits dénoncés étaient incompatibles avec toute sa vie sacerdotale et épiscopale. À ce jour, aucune décision judiciaire ou canonique définitive n’a été rendue publique.
Le communiqué du Vatican ne fait d’ailleurs aucun lien explicite entre l’acceptation de sa démission et les procédures en cours. Juridiquement, il s’agit de la démission ordinaire qu’un évêque présente à l’âge de 75 ans. Le Saint-Siège n’a pas souhaité aller au-delà de cette formulation, respectant ainsi la distinction entre une décision administrative et une enquête qui suit toujours son cours.
Né en Italie le 13 juin 1951, Antonio Santarsiero Rosa était arrivé au Pérou en 1973 comme missionnaire des Oblats de Saint Joseph. Ordonné prêtre en 1980, il avait été nommé évêque prélat de Huari par saint Jean-Paul II en 2001 avant d’être transféré au diocèse de Huacho en 2004. Il y aura exercé son ministère épiscopal pendant plus de vingt ans. Avec l’acceptation de sa démission, le diocèse de Huacho entre désormais en période de sede vacante, dans l’attente de la nomination d’un nouvel évêque. Cette affaire rappelle combien la lutte contre les abus demeure une priorité pour l’Église. Celle-ci est appelée à rechercher sans relâche la vérité, à accueillir et protéger les éventuelles victimes, mais aussi à garantir les droits de la défense et la présomption d’innocence des personnes mises en cause. C’est à ce prix que pourra être restaurée la confiance des fidèles et que l’Église poursuivra sa mission de vérité et de justice.


