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[Aide à mourir] Un été meurtrier : le jour où la France a perdu son âme

Sanctuaire de Lourdes - Depositphotos
Sanctuaire de Lourdes - Depositphotos
Si le Conseil constitutionnel est désormais saisi, nous savons qu'il y a peu d'espoir d'y voir censurée la loi déjà largement portée par les plus hautes autorités politiques y compris a parmi les "sages"

À entendre certains responsables politiques, il ne s’agirait d’une nouvelle étape du progrès. Les mots reviennent comme un refrain : « conquête », « avancée », « liberté supplémentaire », « droit nouveau ». Chaque limite effacée est célébrée comme une victoire de l’émancipation humaine.Mais derrière ces formules se dessine une tout autre réalité. Pour les chrétiens, ces décisions ne constituent pas seulement des évolutions législatives. Elles traduisent un bouleversement profond de notre rapport à la vie. Peu à peu, celle-ci cesse d’être reconnue comme un don reçu pour devenir un objet dont chacun pourrait disposer selon sa seule volonté.

L’homme contemporain ne veut plus seulement choisir sa manière de vivre ; il prétend désormais décider des conditions mêmes de son existence, de son commencement jusqu’à son terme. En rejetant toute référence à une loi naturelle ou à un Créateur, il se fait lui-même mesure du bien et du mal. Il devient son propre législateur, son propre juge et, finalement, son propre dieu.

C’est précisément cette logique que saint Jean-Paul II dénonçait dès 1995 dans Evangelium Vitae. Le pape polonais y décrivait l’installation progressive d’une « culture de mort », où les plus fragiles – l’enfant à naître, la personne handicapée, le malade, la personne âgée – risquent de voir leur dignité dépendre de leur utilité, de leur autonomie ou du regard porté sur eux. Trente ans plus tard, cette analyse apparaît d’une troublante actualité.

Certes, le Conseil constitutionnel est désormais saisi. Il appartient à ses membres de se prononcer sur la conformité de la loi à la Constitution. Déjà,plusieurs juristes ne se font aucune illusion et ont soulevé de fortes interrogations concernant l’impartialité de certains conseillers sur l’euthanasie.

La véritable bataille ne se joue déjà plus devant les juges. Elle est désormais culturelle, philosophique et, au fond, spirituelle.

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À deux mois de son voyage en France, le pape Léon XIV sera nécessairement attendu sur cette question qui touche au cœur même de l’anthropologie chrétienne.

Alors que certains demandent déjà l’annulation de sa visite en signe de protestation, le Saint-Père ne pourra ignorer cette date du 15 juillet 2026, jour où la France, fille aînée de l’Église, a renié une part essentielle de son héritage chrétien. Comme les Aztèques qui pratiquaient des sacrifices humains pour honorer les divinités auxquelles ils rendaient un culte, notre société semble désormais prête à sacrifier les plus fragiles à un nouveau dieu qu’elle s’est elle-même façonné : celui de l’autonomie absolue. Mais derrière ce discours de liberté, beaucoup voient aussi poindre le dieu de l’argent. De nombreuses analyses soulignent en effet le coût considérable de la prise en charge de la dépendance et des soins palliatifs pour les systèmes de santé. Dès lors, nombreux sont ceux qui indiquent que la légalisation de l’euthanasie s’inscrit dans une pure logique budgétaire.

Le pape ne pourra venir en France comme si rien ne s’était passé. Sans entrer dans le débat partisan, beaucoup attendent de lui qu’il rappelle, avec la liberté propre au successeur de Pierre, qu’aucune civilisation ne grandit jamais en organisant des sacrifices humains, mais en protégeant les plus faibles. Car il est des dates qui marquent durablement l’histoire spirituelle d’une nation. Le 15 juillet 2026 pourrait bien rester comme le jour où, en présentant la mort comme un progrès et une liberté supplémentaire, la France a pris le risque de perdre bien davantage qu’un débat politique : son âme.

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