À dix jours de l’ouverture solennelle de l’Assemblée Ecclésiale Provinciale à la cathédrale Notre-Dame de Paris, les premiers enseignements de la grande consultation menée dans les diocèses d’Île-de-France révèlent l’ampleur du défi auquel l’Église est aujourd’hui confrontée. Derrière les chiffres exceptionnels des baptêmes d’adultes se dessine désormais une question essentielle : comment accueillir, former et intégrer durablement ceux qui frappent en nombre croissant à la porte de l’Église ?
Convoquée le 25 janvier 2026, la phase de consultation a rencontré un écho remarquable dans l’ensemble de la province ecclésiastique de Paris, qui rassemble les diocèses de Paris, Nanterre, Versailles, Pontoise, Meaux, Créteil, Évry-Corbeil-Essonnes, Saint-Denis ainsi que le diocèse aux Armées françaises. Plus de 30 000 personnes ont participé à cette réflexion collective, tandis que 3 300 questionnaires ont déjà été remplis et centralisés.
Les groupes de partage réunissaient en moyenne entre six et huit personnes et les deux tiers des contributions ont été élaborés au sein même des paroisses et des mouvements. Plus de 200 groupes de jeunes ont également pris part à la démarche. Cette mobilisation exceptionnelle trouve son origine dans une évolution spectaculaire observée depuis plusieurs années. Dans l’ensemble de la province ecclésiastique, le nombre d’adultes demandant le baptême est passé de 1 249 en 2021 à 3 158 en 2026, soit une progression de 153 % en seulement cinq ans.
Une telle croissance constitue évidemment un motif d’espérance pour les diocèses franciliens. Mais elle soulève aussi de nombreuses questions concrètes. Comment éviter que les nouveaux baptisés ne disparaissent après la célébration des sacrements ? Comment leur permettre de trouver leur place dans les communautés paroissiales ? Comment accompagner sur la durée des personnes dont les parcours, les attentes et les expériences spirituelles sont souvent très divers ?
Les réponses recueillies lors de la consultation montrent que la préoccupation principale porte sur l’accueil. Quarante pour cent des contributions se sont concentrées sur cette thématique, qui arrive largement en tête des sujets abordés.
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Le premier grand chantier identifié par l’Assemblée Ecclésiale Provinciale concerne ainsi l’accueil et l’intégration. Les diocèses souhaitent réfléchir à la manière de passer d’une simple hospitalité à une véritable insertion dans la vie de l’Église. L’objectif est que les paroisses deviennent des communautés capables d’aider les néophytes à trouver leur juste place et à s’engager pleinement dans la mission ecclésiale. Le deuxième axe porte sur l’accompagnement vers les sacrements et la vie chrétienne. Les responsables de la démarche soulignent que le cheminement ne doit pas s’arrêter au baptême. Il s’agit au contraire de proposer une formation solide et cohérente autour des trois sacrements de l’initiation chrétienne : le baptême, la confirmation et l’eucharistie.
Le troisième chantier touche directement à la vie des communautés elles-mêmes. L’arrivée de milliers de nouveaux catholiques invite les paroisses à porter un regard nouveau sur leur propre fonctionnement. Le document souligne notamment que les « vieux baptisés » sont appelés à se laisser interpeller par la foi, l’enthousiasme et les questions de ces nouveaux venus, sans chercher systématiquement à les faire entrer dans des habitudes pastorales déjà établies.
Les 3 300 contributions recueillies entrent désormais dans une phase d’analyse approfondie. Elles feront l’objet d’une synthèse provinciale qui servira de base aux travaux futurs.
La prochaine étape majeure aura lieu le 31 mai 2026, en la fête de la Sainte-Trinité. Une messe solennelle d’ouverture sera célébrée à la cathédrale Notre-Dame de Paris en présence de l’ensemble des délégués. Cette célébration marquera également les soixante ans de la province ecclésiastique d’Île-de-France.L’Assemblée Ecclésiale Provinciale poursuivra ensuite ses travaux durant l’année 2026-2027 à travers trois sessions prévues en octobre 2026, janvier 2027 et mai 2027. Leur objectif sera la rédaction d’un document d’orientations communes destiné à guider concrètement les diocèses face à cette nouvelle réalité missionnaire. Après le vote des évêques et la recognitio de Rome, les décrets d’application devraient être publiés à la Toussaint 2027.
Cette démarche témoigne d’une prise de conscience désormais largement partagée. Après avoir longtemps réfléchi aux conséquences de la sécularisation, les diocèses d’Île-de-France doivent aujourd’hui relever un défi inattendu : celui d’un retour massif de nombreux adultes vers la foi catholique. L’enjeu n’est plus seulement d’accueillir ces nouveaux baptisés, mais de leur permettre de devenir pleinement acteurs de la vie de l’Église dans les années à venir.
Source diocèse de Paris


