Depuis 2000 ans

Colombie : à la veille du scrutin présidentiel, les évêques appellent les catholiques à voter selon leur conscience chrétienne

Depositphotos
Depositphotos
Dans un climat politique marqué par de profondes tensions et une forte polarisation à la vielle des élections du 31 mai Les évêques ont publié un message finvitant les fidèles à exercer leur devoir électoral à la lumière de la foi, de la dignité humaine et du bien commun

À quelques jours de l’élection présidentielle du 31 mai 2026, la Conférence épiscopale de Colombie a choisi de prendre la parole publiquement pour rappeler les principes qui doivent guider le discernement des électeurs catholiques. Sans soutenir aucun candidat, les évêques proposent plusieurs critères inspirés de la doctrine sociale de l’Église et mettent en garde contre les dérives idéologiques qui menacent le débat démocratique.

Dans un pays encore marqué par les blessures des conflits armés, les tensions politiques et les fractures sociales, les prélats insistent sur la nécessité de dépasser les logiques de confrontation. Ils dénoncent la polarisation qui divise la société colombienne et appellent les citoyens à ne pas se laisser guider par « la haine, la peur ou la vengeance » au moment du vote. Le passage le plus remarqué du communiqué est sans doute celui où les évêques affirment que « le chrétien ne vote pas pour des sauveurs », mais pour des programmes capables de respecter la dignité humaine, la justice sociale et la sauvegarde de la création. À travers cette formule, l’Église colombienne semble vouloir prendre ses distances avec les personnalités politiques présentées comme des hommes providentiels et rappeler que la politique ne peut être réduite à la figure d’un chef charismatique.

Pour éclairer le discernement des électeurs, les évêques avancent trois grands critères. Le premier concerne la défense de la vie et de la paix. Les catholiques sont invités à examiner les propositions des candidats concernant la protection des populations civiles, des responsables sociaux et environnementaux, ainsi que le respect des engagements pris dans le cadre des processus de paix. Le deuxième critère est celui de la justice sociale. Les prélats demandent aux citoyens d’évaluer la capacité réelle des programmes à réduire les profondes inégalités qui persistent entre les régions rurales et les grandes villes. Dans un pays où la pauvreté demeure une réalité pour de nombreuses familles, cette question apparaît comme un enjeu majeur du scrutin.

Lire l’article

Dans un contexte particulièrement tendu, l’Église entend ainsi rappeler que le vote n’est pas seulement un acte civique, mais aussi une responsabilité morale engageant l’avenir de toute une nation.

Enfin, les évêques placent l’éthique et la transparence au cœur du choix électoral. Ils qualifient la corruption de « gangrène » qui prive les plus pauvres de leurs droits et de leurs ressources. Selon eux, le vote doit aussi prendre en compte l’intégrité morale des responsables appelés à gouverner le pays.

Au-delà des enjeux électoraux immédiats, le message développe une vision profondément chrétienne de l’engagement politique. Les évêques rappellent que la politique est une vocation noble lorsqu’elle se met au service du peuple et du bien commun. Elle perd en revanche sa légitimité lorsqu’elle devient un instrument d’intérêts particuliers ou d’exclusion. Enfin, les prélats invitent également les fidèles à la prière. Ils demandent que l’Esprit Saint éclaire les consciences afin que les électeurs puissent choisir des dirigeants capables de servir la paix, la réconciliation nationale et les véritables besoins du peuple colombien.

Recevez chaque jour notre newsletter !