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Colombie : une église endommagée par les combats, près de 2 000 civils pris au piège, l’évêque appelle à une trêve

Monseigneur José Saúl Grisales, évêque d’Ipiales - capture
Monseigneur José Saúl Grisales, évêque d’Ipiales - capture
Dans le sud-ouest de la Colombie, les affrontements entre groupes armés ont provoqué le déplacement ou le confinement de près de 2 000 personnes. Une église a été endommagée et une opération humanitaire a essuyé des tirs. Face à cette nouvelle flambée de violence, l’évêque d’Ipiales réclame une trêve immédiate

La violence frappe une nouvelle fois les communautés rurales du sud-ouest de la Colombie. Depuis le 17 octobre, des affrontements entre groupes armés dans le département de Nariño, à la frontière avec l’Équateur, ont plongé plusieurs villages dans une situation humanitaire particulièrement préoccupante. Des familles ont dû abandonner leurs maisons, tandis que d’autres demeurent prisonnières des combats, privées de liberté de circulation et parfois d’accès aux services essentiels. Selon les données du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), rapportées par l’Agence Fides le 26 octobre, 1 824 personnes appartenant à 749 familles ont été affectées par les violences. Parmi elles, 657 ont été déplacées et 1 167 demeurent confinées dans leurs localités.

Les combats opposent notamment le groupe armé autoproclamé Estado Mayor Central, issu des dissidences des anciennes FARC, aux Autodefensas Unidas de Nariño. Ces organisations se disputent le contrôle de territoires stratégiques, dans une région marquée par les trafics illicites et la présence persistante de groupes armés. Les affrontements ont touché les communes de Linares, Los Andes et La Llanada. Selon les informations humanitaires recueillies, une église, une école, un aqueduc communautaire et au moins cinq habitations ont été endommagés au cours des violences, notamment lors d’attaques impliquant des explosifs largués depuis des drones.

Les circonstances précises dans lesquelles l’église a été touchée restent à établir. Aucun élément ne permet, à ce stade, d’affirmer qu’elle aurait été délibérément visée en raison de son caractère religieux. Cette nouvelle forme de violence aggrave cependant la vulnérabilité des populations civiles, exposées à des attaques qui peuvent frapper directement leurs habitations et leurs infrastructures.

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La situation est devenue particulièrement alarmante le 19 octobre. Une délégation humanitaire conduite par Álex González, secrétaire à la Paix et à la Sécurité du département de Nariño, tentait d’évacuer des habitants menacés par les combats. Plus de 300 personnes avaient pu être mises en sécurité lorsque la délégation a essuyé des tirs alors qu’elle se dirigeait vers Bella Florida. L’opération a dû être interrompue, empêchant l’évacuation d’une centaine d’autres habitants. Les violences perturbent également la scolarité des enfants et l’acheminement de nourriture, d’eau potable et de médicaments. Selon les informations rapportées par Fides, environ 1 357 enfants et adolescents sont affectés par cette situation d’urgence.

L’évêque d’Ipiales réclame une cessation immédiate des hostilités

Face à cette crise, Monseigneur José Saúl Grisales, évêque d’Ipiales, a publié un communiqué le 22 octobre pour exprimer la solidarité de l’Église avec les populations touchées.

« Dans l’Église, la paroisse n’est pas seulement un lieu de culte : c’est toute la communauté, ce sont les familles, les enfants, les jeunes et les personnes âgées qui vivent aujourd’hui des jours de douleur, d’incertitude et de peur à cause de la violence qui frappe leurs territoires. »

L’évêque évoque particulièrement les communautés paroissiales de Nuestra Señora del Rosario à Linares, de San Juan Bautista à Sotomayor et de Nuestra Señora de la Visitación à Tábiles. Il demande aux responsables des affrontements de « respecter le droit international humanitaire et protéger, avant tout, la vie, la dignité et les biens des communautés ». Le diocèse appelle à une cessation des hostilités et à l’établissement d’une trêve permettant l’acheminement de l’aide humanitaire.

Cette crise rappelle les limites du processus de paix engagé en Colombie après l’accord de 2016 avec les FARC. Malgré la démobilisation d’une partie de la guérilla, plusieurs organisations armées continuent de contrôler ou de se disputer des territoires ruraux, exposant les habitants à des violences récurrentes. Dans ces régions reculées, les paroisses et les organisations catholiques jouent un rôle essentiel d’accompagnement des familles déplacées, de soutien humanitaire et de médiation en faveur de la paix. Monseigneur Grisales réaffirme ainsi l’engagement de son diocèse à accompagner les victimes et à défendre les communautés menacées.

Reprenant un appel du pape Léon XIV à rejeter toute forme de violence, il conclut par une prière : « Que la paix du Christ ressuscité, cette paix humble et persévérante dont nous parle le pape Léon XIV, parvienne bientôt dans chaque foyer. » Dans un pays où la violence continue de frapper les plus vulnérables, cet appel rappelle que la paix ne saurait se réduire à des accords politiques : elle suppose d’abord que les populations civiles puissent vivre sans peur, retrouver leurs foyers et exercer librement leur foi.

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