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[Coupe du monde] La prière, cette force intérieure qui porte le sélectionneur de l’équipe d’Espagne vers la finale

Luis de la Fuente - ( wiki)
Luis de la Fuente - ( wiki)
Après avoir éliminé les Bleus en demi-finale, l’Espagne de Luis de la Fuente affronte ce dimanche l’Argentine pour le titre mondial. La Roja aborde ce rendez-vous dans la sérénité, tandis que la France quitte la compétition sur une nouvelle débâcle, battue 6-4 par l’Angleterre après avoir encaissé quatre buts en première période

La comparaison est saisissante. D’un côté, une équipe de France désunie, dépassée défensivement et finalement battue par l’Angleterre au terme d’une petite finale folle. De l’autre, une sélection espagnole parvenue jusqu’au dernier rendez-vous de la Coupe du monde, portée par un entraîneur qui ne cache ni sa foi catholique ni la place centrale de la prière dans sa vie. Avant même d’éliminer la France en demi-finale (2-0), Luis de la Fuente avait été interrogé en conférence de presse sur ce qu’il demandait à Dieu à l’approche d’une rencontre aussi décisive.

Luis de la Fuente – capture

« Je prie tous les jours, mais pas parce que je suis à une Coupe du monde ni pour obtenir un résultat », avait répondu le sélectionneur espagnol. « Chaque matin, lorsque je me lève et que je constate que je vais bien, je rends grâce : c’est un jour de plus pendant lequel je peux profiter de la vie. » Ses propos, rapportés notamment par le média espagnol El Debate, frappent par leur simplicité.

Luis de la Fuente ne présente pas Dieu comme un arbitre céleste chargé de choisir le vainqueur d’un match. Il refuse même explicitement cette vision intéressée de la prière : « Je crois qu’il serait injuste de demander à Dieu de m’aider, moi, et de ne pas aider l’adversaire. Je demande surtout la santé et qu’Il me donne la possibilité de continuer à me battre. »

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La foi ne remplace évidemment ni le talent des joueurs, ni le travail tactique, ni l’engagement physique. Elle ne constitue pas davantage une assurance de victoire. Mais elle peut donner ce que les statistiques ne mesurent pas : une paix intérieure, une capacité à relativiser l’enjeu, une solidité dans l’épreuve et une forme d’unité autour de valeurs qui dépassent le seul résultat. Cette sérénité se retrouve dans la manière dont Luis de la Fuente parle de cette finale. Loin des formules guerrières et de la dramatisation habituelle, il considère déjà comme « un luxe » le fait d’être parvenu jusqu’à ce rendez-vous. « Nous allons nous battre pour la gagner et profiter du moment », a-t-il déclaré avant d’affronter l’Argentine. Une attitude qui ne diminue en rien l’ambition espagnole, mais qui replace la compétition à sa juste place : un combat sportif important, certes, mais qui ne saurait définir à lui seul la valeur d’un homme.

Chez Luis de la Fuente, la prière n’est donc ni un porte-bonheur ni un geste de circonstance. Le sélectionneur se dit « pas du tout superstitieux ». Il explique que sa foi en Dieu lui apporte « beaucoup de sécurité et de force ». Dans un football devenu une industrie mondiale, saturée d’argent, de pression et de communication, cette parole tranche singulièrement.

La France, elle, termine son parcours sur une défense en perdition. Malo Gusto et Ibrahima Konaté ont notamment symbolisé cette première période calamiteuse face à l’Angleterre, tandis que Kylian Mbappé a tenté de provoquer la révolte après la pause. Mais son doublé n’aura pas suffi à empêcher la défaite et cette quatrième place amère. Ce dimanche, face à l’Argentine de Lionel Messi, Luis de la Fuente ne demandera donc pas à Dieu de faire gagner l’Espagne. Il rendra grâce, demandera la santé et la force de combattre. Une manière profondément chrétienne de rappeler que la prière ne commande pas la victoire, mais qu’elle peut former des hommes capables de l’accueillir avec humilité — ou de traverser la défaite sans perdre l’essentiel.

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