C’est l’histoire d’une résurrection que beaucoup croyaient impossible. À Faucon-du-Caire, village d’une soixantaine d’habitants perché dans les Alpes-de-Haute-Provence, une ancienne chapelle médiévale vient de renaître grâce à l’engagement de bénévoles attachés à leur patrimoine et à leur foi. Situé à environ deux kilomètres au nord du village, le hameau Saint-Barthélemy conservait les ruines d’une petite église dont l’origine remonte à la fin du XIe siècle. Le 24 août 2026, jour de la fête de saint Barthélemy, la chapelle reconstruite sera solennellement consacrée par Monseigneur Emmanuel Gobilliard, évêque de Digne, Riez et Sisteron.
« Après la formidable aventure de sa reconstruction, la chapelle du hameau Saint-Barthélemy de Faucon-du-Caire sera consacrée le 24 août en présence du prince Albert de Monaco. Merci à tous ceux qui ont rendu cela possible », a annoncé le prélat. L’histoire de la chapelle commence véritablement en 1062. Cette année-là, Isoard, seigneur de Mison, offrit une partie de ses terres de Faucon aux moines de l’abbaye Saint-Victor de Marseille, déjà établis à Gigors, pour le salut de son âme. Les religieux y fondèrent un petit prieuré annexe et construisirent une église placée sous le vocable de Sainte-Marie.
Au fil des siècles, l’édifice devint un lieu de pèlerinage. Les habitants s’y rendaient notamment le 24 août ainsi que pour la Fête-Dieu. Un coutumier paroissial de 1835 mentionne encore une procession vers la chapelle. Réparée une dernière fois à la fin du XIXe siècle grâce au legs d’un habitant, elle fut progressivement abandonnée. Sa toiture finit par s’effondrer vers les années 1930, possiblement après avoir été frappée par la foudre. Il ne subsistait plus que quatre murs de pierre, hauts d’environ 1,70 mètre. Pourtant, en mai 2024, quelques habitants décidèrent de relever l’édifice. Leur volonté n’était pas seulement de préserver une ruine destinée aux visiteurs, mais de permettre à la messe d’être de nouveau célébrée dans ce lieu marqué par près de mille ans de présence chrétienne.
Propriétaire de la chapelle, la commune confia la reconstruction à l’association Histoire, contes et légendes des hautes terres. Architecte, maçons, charpentiers, conducteurs d’engins et habitants unirent bénévolement leurs compétences. En dix-huit mois, les murs et les arcs furent relevés, une charpente installée, la toiture recouverte de tuiles et un clocher érigé. Une cloche et un vitrail sont venus achever l’ensemble.
Une collecte de 15 000 euros a accompagné le chantier afin de financer une partie des matériaux, la cloche et les vitraux
La raison précise de la présence du prince Albert II n’a pas encore été rendue publique. Un lien existe toutefois entre les deux hommes par l’intermédiaire du monde sportif et olympique. Monseigneur Gobilliard, particulièrement engagé dans la pastorale du sport, a représenté l’Église catholique lors des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024. Le souverain monégasque est, quant à lui, membre du Comité international olympique depuis 1985 et a participé à cinq éditions des Jeux olympiques d’hiver dans l’équipe monégasque de bobsleigh.
À l’heure où de nombreuses églises rurales ferment ou se dégradent, les habitants de Faucon-du-Caire ont accompli le mouvement inverse : ils ont rendu au culte une chapelle disparue. Le 24 août, lorsque Monseigneur Gobilliard consacrera l’édifice en présence du prince Albert II, ce ne sera pas seulement un bâtiment restauré qui sera célébré, mais une mémoire chrétienne redevenue vivante.


