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De grands changements se préparent au diocèse de Paris : la passe de trois se dessine t-elle ?

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À voix basse, dans les presbytères comme dans certains cercles romains, des noms circulent déjà. Après la visite de Léon XIV en France, le diocèse de Paris pourrait connaître l'un des plus importants renouvellements de son histoire récente

Par Philippe Marie

Il se dit beaucoup de choses dans les couloirs du diocèse de Paris. Toujours à voix basse, toujours à demi-mot, mais les rumeurs affluent et les hypothèses se précisent. Pour beaucoup d’observateurs du monde catholique parisien, la fin de l’année 2026 pourrait marquer un tournant majeur dans l’histoire récente de l’Église de la capitale. Le départ de Monseigneur Laurent Ulrich apparaît désormais comme une perspective largement admise. L’archevêque de Paris atteindra en septembre l’âge de 75 ans et devra remettre sa démission au Saint-Père conformément au droit canonique. Certes, rien n’oblige Léon XIV à l’accepter immédiatement, mais rares sont ceux qui imaginent aujourd’hui Monseigneur Ulrich poursuivre encore longtemps sa mission parisienne.

La question de sa succession se pose toutefois dans un contexte particulier. Le nonce apostolique en France, Monseigneur Celestino Migliore, est lui aussi donné partant par de nombreux observateurs. Rien ne se passera naturellement avant la visite du pape Léon XIV en France, prévue à la fin du mois de septembre. Mais après ce rendez-vous historique, beaucoup s’attendent à voir s’ouvrir une nouvelle page.

Rappelons que lorsque Monseigneur Ulrich arriva à Paris en 2022, il héritait d’une situation délicate. Le départ fracassant de Monseigneur Michel Aupetit avait profondément marqué le diocèse. Entre accusations, calomnies, révélations médiatiques et sentiment d’injustice chez de nombreux prêtres, il fallait rapidement trouver une solution susceptible d’apaiser les tensions. Monseigneur Ulrich était alors apparu comme une solution certes imparfaite, mais tenable. Quatre années plus tard, les critiques n’ont jamais totalement disparu.

L’affaire des vitraux contemporains de Notre-Dame de Paris en constitue probablement l’exemple le plus emblématique. Alors qu’une large partie du monde du patrimoine, de nombreux fidèles et plusieurs personnalités publiques se sont opposés au projet porté par l’artiste Claire Tabouret, l’archevêché de Paris et l’Élysée ont choisi de le soutenir. Aux yeux de ses détracteurs, cette décision symbolise une forme de gouvernance verticale qui n’a jamais réellement convaincu. Pour certains fidèles, la validation de certains choix liturgiques ou symboliques, jusqu’à certaines tenues devenues célèbres sur les réseaux sociaux, a également contribué à fragiliser son image. À cela s’ajoutent les blessures encore vives laissées par les événements de la Nuit Blanche dans plusieurs églises parisiennes. Beaucoup de catholiques disent avoir été blessés une première fois par des profanations, puis une seconde fois par le silence du diocèse.

Même à Notre-Dame de Paris, dont la réouverture constitue pourtant un succès spectaculaire et incontestable, n’échappe pas aux interrogations. Derrière l’affluence record des visiteurs et des pèlerins, diverses rumeurs et tensions au sein de la cathédrale continuent d’alimenter les conversations dans les coulisses.

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C’est pourquoi certains parlent désormais d’une véritable « passe de trois ». Le départ de l’archevêque de Paris. Le départ du nonce apostolique. Et peut-être demain le départ du recteur de Notre-Dame de Paris.

Trois postes parmi les plus stratégiques du catholicisme français qui pourraient être simultanément renouvelés.Reste alors la grande question : qui succédera à Monseigneur Ulrich ?

Les noms circulent déjà avec insistance. Monseigneur Vincent Jordy est régulièrement cité. Monseigneur Antoine Hérouard figure également parmi les hypothèses évoquées. Plus étonnant, l’emblématique et très médiatique cardinal François-Xavier Bustillo est lui aussi mentionné comme un outsider capable de créer la surprise. Et puis il y a Monseigneur Matthieu Rougé. Ancien vicaire général de Paris, connaisseur des réseaux et des réalités de la capitale, son nom revient régulièrement. Certains n’hésitent pas à affirmer qu’il verrait d’un bon œil un retour dans le diocèse où il a longtemps exercé des responsabilités importantes. D’autres noms circulent encore avant d’être aussitôt démentis. Comme toujours lorsqu’il s’agit de nominations épiscopales, Rome garde ses secrets.

Une chose est néanmoins certaine : rien ne pourra se faire sans tenir compte du poids considérable du cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, président de la Conférence des évêques de France, cardinal électeur et figure aujourd’hui incontournable de l’épiscopat français. Très proche du pape François hier, il apparaît également en excellente position auprès de Léon XIV. Beaucoup estiment que son influence sera déterminante dans les consultations à venir. Mais au-delà des personnes et des équilibres romains, c’est surtout la question de la confiance qui demeure. Car nombreux sont les fidèles qui estiment avoir été blessés ces dernières années. Pour eux, le prochain archevêque de Paris devra non seulement gouverner l’un des diocèses les plus prestigieux du monde catholique, mais aussi restaurer une confiance parfois ébranlée entre les fidèles et leurs pasteurs. C’est peut-être là le plus grand défi de celui qui, demain, prendra place à la tête de l’Église de Paris.

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