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[Identité sexuelle] « La personne humaine n’est pas un projet que l’on se construit » : les évêques des Caraïbes sonnent l’alarme

conférence épiscopale des Antilles ( 2023 ) - DR
conférence épiscopale des Antilles ( 2023 ) - DR
Les évêques des Antilles ont publié le 26 juillet une importante lettre pastorale sur l'identité sexuelle et l'identité de genre. Ils y rappellent que l'accueil des personnes ne peut jamais conduire l'Église à renoncer à la vérité sur l'homme et la femme

Alors que les questions liées à l’identité sexuelle et à l’idéologie du genre suscitent de vifs débats dans de nombreux pays, les évêques de la Conférence épiscopale des Antilles ont publié une lettre pastorale d’une grande clarté doctrinale intitulée Pastoral Letter on Sexual and Gender Identity. À travers ce document, ils souhaitent offrir aux fidèles un enseignement solidement enraciné dans l’Écriture, la loi naturelle et le Magistère de l’Église.

Dès les premières pages, les évêques constatent que les débats contemporains ne portent plus seulement sur les comportements, mais sur la nature même de la personne humaine. « Dans un contexte où le langage a été redéfini et où les idéologies sont présentées comme de la compassion, nous devons proclamer une vérité qui libère plutôt qu’elle ne contraint », écrivent-ils. Pour eux, la mission de l’Église n’est pas de s’adapter aux courants culturels du moment, mais d’annoncer avec fidélité la vérité révélée.

La lettre rappelle avec force que l’identité sexuelle est un don de Dieu. En s’appuyant sur le livre de la Genèse , « Dieu créa l’homme à son image… homme et femme il les créa » (Gn 1, 27) ,les évêques soulignent que la différence sexuelle appartient au dessein du Créateur. Elle ne relève ni d’un choix personnel ni d’une construction sociale, mais de la réalité même de la création.

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L’un des passages les plus marquants invite les catholiques à « résister aux discours qui suggèrent que la personne humaine est un projet que l’on se construit soi-même, détaché de la réalité biologique ou de l’ordre moral ». Selon les évêques, cette vision conduit à séparer la personne de son propre corps et à remettre en cause l’ordre naturel voulu par Dieu.

Les auteurs du document dénoncent également une conception de la liberté qui prétend affranchir l’homme de toute limite naturelle. Ils rappellent que la dignité de la personne ne repose pas sur l’autodétermination absolue, mais sur le fait d’être créée à l’image de Dieu et appelée à vivre selon son dessein. Pour autant, les évêques prennent soin de distinguer les personnes des idéologies. Ils rappellent que chacun doit être accueilli avec « respect, compassion et sensibilité ». Mais cet accueil, précisent-ils, ne peut conduire à « obscurcir la vérité révélée par Dieu » ni à renoncer à l’annonce intégrale de l’Évangile. La charité pastorale et la vérité doctrinale ne s’opposent pas ; elles sont inséparables.

Cette prise de position s’inscrit dans la continuité du document Dignitas infinita, publié en 2024 par le Dicastère pour la doctrine de la foi, qui mettait déjà en garde contre les théories cherchant à dissocier l’identité personnelle de la réalité biologique. Sans entrer dans une logique de confrontation, les évêques des Antilles choisissent de recentrer le débat sur l’anthropologie chrétienne et sur la vocation de l’homme créé « homme et femme ». Par la clarté de son enseignement et son souci pastoral, cette lettre constitue l’une des prises de position épiscopales les plus explicites de ces dernières années sur les questions d’identité sexuelle. Elle rappelle que la véritable compassion ne consiste pas à taire la vérité, mais à conduire chaque personne vers le Christ, qui révèle pleinement la dignité et la vocation de l’être humain.

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