À partir du lundi 22 juin 2026, l’Assemblée nationale examinera en nouvelle lecture la proposition de loi relative au « droit à l’aide à mourir », avant un vote solennel prévu le 30 juin. Si le texte est à nouveau adopté, son parcours législatif pourrait s’achever par un vote définitif le 15 juillet, date à laquelle les députés pourraient avoir le dernier mot. Depuis le début, les évêques de France ont exprimé une ferme opposition à ce projet de loi précisant qu’ « On ne prend pas soin de la vie en donnant la mort » ( déclaration des évêques de France 13 février 2026).
À la veille de la reprise des débats parlementaires, nous avons souhaité interroger le professeur Jean-Marc Cosset, cancérologue et ancien chef de service à l’Institut Curie; Auteur de Faismoimourir.com, comment transformer une loi de fraternité en permis de tuer, un ouvrage de fiction présenté comme une mise en garde contre les dérives d’une future légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté, il alerte également sur les expériences étrangères et sur l’insuffisance persistante des soins palliatifs en France :
– Philippe Marie -Tribune Chrétienne : En tant qu’oncologue, vous avez accompagné de nombreux patients en fin de vie. Que vous ont appris ces rencontres sur les véritables attentes des personnes confrontées à la souffrance et à la mort ?
– Professeur Jean-Marc Cosset : En plus d’un demi-siècle à exercer la cancérologie, et même si nous avons, dans cette période, amélioré de façon considérable les taux de guérison de nombreux cancers, j’ai eu bien évidemment à accompagner de très nombreux patients en fin de vie. Durant ces derniers jours (ou même mois) de vie, il est de fait rare que les patientes et les patients demandent à mourir.
Par contre, toutes et tous demandent clairement à ne pas souffrir physiquement, et toutes et tous, même quand ils n’en font pas état précisément, ont besoin que leurs souffrances psychiques soient prises en compte.Il a été dit et répété que dans les services de soins palliatifs, dont il faut souligner l’extraordinaire qualité du travail, les demandes « d’aide à mourir » restent très rares. Ce n’est d’ailleurs pas très étonnant ; une personne dont on maîtrise les souffrances physiques, qui est entourée de la sollicitude et de l’amour de sa famille, avec les soins adaptés et constants du personnel soignant, ne demande pas, ou rarement, à mourir… Et pourtant, malgré les progrès de notre Médecine, il reste malheureusement des cas particulièrement douloureux, où nous restons désarmés.
Avant la loi Claes/Léonetti de 2016, nous devions parfois, le cœur serré, dans une illégalité quasi-totale , « pousser la seringue » comme nous le disions alors, acceptant, faute d’alternative possible, de hâter la fin de vie pour pouvoir soulager la ou le malade.Il faut se souvenir que pour avoir dit un peu trop haut ce que nous faisions tous tout bas, Léon Schwarzenberg, avec qui j’ai travaillé au début de ma carrière, avait été suspendu une année entière par le Conseil de l’Ordre des médecins…
La loi de 2016 a pris en compte ces terribles décisions et a institué « la sédation profonde et continue jusqu’au décès ». Soyons clairs : il y a surement moyen d’améliorer cette loi qui avait fait l’objet de longues discussions et qui avait été votée à l’époque à une large majorité, mais ces « améliorations » doivent-elles obligatoirement passer par la remise en cause du commandement plurimillénaire: « Tu ne tueras point » ?
Les défenseurs de l’euthanasie invoquent souvent la dignité du patient. Selon vous, la dignité humaine dépend-elle de l’autonomie et de l’absence de souffrance, ou repose-t-elle sur autre chose ?
« Mourir dans la dignité » : Cette antienne répétée à l’envi par les partisans de l’euthanasie est tout à la fois très habile et quelque peu hypocrite.
Très habile : il serait à l’évidence difficile de trouver quelqu’un se faisant le chantre du « Mourir dans l’indignité ». La formulation « mourir dans la dignité » s’assure donc à peu de frais un facile consensus. Moyennant quoi, elle parait quelque peu hypocrite quand, au prix d’un raccourci osé, d’aucuns vont un peu vite en besogne en nous expliquant que, afin de pouvoir « mourir dans la dignité », il convient bien évidemment de légaliser l’euthanasie et/ou le suicide assisté.
Pour aborder le sujet de la dignité humaine, le Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE), peut être considéré comme jouissant d’une certaine légitimité. En 2018, dans son avis n° 129, le CCNE soulignait que toute personne est « digne », quels que soient son statut, sa condition, son degré d’indépendance ou d’autodétermination ; il précisait que « la dignité est intrinsèque à l’être, et que nous ne pouvons en perdre que le sentiment ».
Ceci étant dit, le Conseil reconnaissait la difficulté à formuler une définition la dignité ; « Ce concept fait aujourd’hui l’objet d’une invocation plus que d’une définition, d’une instrumentalisation plus que d’une compréhension ». On ne peut qu’être d’accord avec cette « instrumentalisation », par certains, de ce pseudo-consensus. Dans ces conditions, devons-nous tout simplement oublier cette notion de dignité ?
Entendons-nous bien : nous, et moi le premier, connaissons des exemples de personnes qui, en toute connaissance de cause et parfaitement informées de leur pronostic létal à très court terme, ont choisi une forme ou une autre « d’aide à mourir ». Ce choix est hautement respectable, et j’ai vu disparaître ces gens, parfois des amis chers, avec tout à la fois une immense tristesse et une admiration sans bornes pour la dignité dont elles ou ils ont fait preuve dans leurs derniers moments.
Mais tout en nous souciant de la dignité dans la mort, ne devrions-nous pas nous soucier, au moins tout autant, de la dignité des vivants ?
La banalisation de l’aide active à mourir ( la mort « demandée ») ne risque-t-elle pas de pousser certain(e)s, en particulier des personnes vulnérables, âgées, isolées et/ou handicapées, sans parler des dépressifs, à se poser la question de leur « dignité de vivre », et à demander alors une aide à mourir qui serait devenue une ( trop ?) facile porte de sortie, considérée comme « digne » et honorable ? Pour ces personnes, la Société, plutôt que de leur proposer une aide à mourir légale et remboursée par la sécurité sociale, ne devrait-elle pas plutôt leur proposer une « aide à vivre », ceci jusqu’à leur mort et dans des conditions permettant la prise en charge de leurs souffrances physiques et psychologiques.
Notre société ne serait certainement pas « digne » si elle organisait l’hécatombe des personnes vulnérables, en leur suggérant fortement qu’elles ne sont plus « dignes » de continuer à vivre au sein de cette même société.Pierre Jova écrivait dans son livre (« Peut-on programmer la mort ? ») : « Les plus fragiles seront assurés de leur dignité par l’énergie consacrée à leur rappeler chaque jour l’infinie valeur de leur présence ».
Quelle est la Société la plus « digne » : celle qui aide à mourir ou celle qui aide à vivre ?
La France manque encore de structures de soins palliatifs dans de nombreux territoires. Peut-on légiférer sur l’aide à mourir sans avoir d’abord garanti à tous un accès effectif aux soins palliatifs ?
Les soins palliatifs sont au cœur du sujet ! Aurions-nous eu à passer des heures à discuter, ces dernières années, de la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté (parce qu’il faut appeler les choses par leur nom, malgré les contorsions linguistiques du texte de loi), si la France s’était dotée d’un réseau acceptable de soins palliatifs ?
Rappelons que le Conseil d’Etat a noté qu’environ la moitié de nos concitoyens n’avaient pas accès à un service de soins palliatifs. Le Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE), déjà cité, avait abordé ce sujet difficile en 2022, avec un luxe de détails et une grande honnêteté. Dans leur avis, se situe une phrase qui a pu générer une certaine ambigüité, et en tout cas des interprétations passablement divergentes. Cette phrase est la suivante : « Le CCNE considère qu’il existe une voie pour une application éthique de l’aide active à mourir ».
Apparemment, tout semble s’être passé ensuite comme si certains partisans de l’euthanasie et du suicide assisté s’étaient arrêtés à ce début de phrase, et l’avaient illico presto considéré comme une sorte de « blanc-seing » délivré par ce Comité pour continuer à œuvrer en faveur d’une légalisation, comprise au sens large, de ladite euthanasie.
Mais il convient d’aller jusqu’au bout de ce que le CCNE a écrit : immédiatement après la phrase rappelée ci-dessus, on peut lire : « Mais il ne serait pas éthique d’envisager une évolution de la législation si les mesures de santé publique recommandées dans le domaine des soins palliatifs ne sont pas prises en compte ».
Cette seconde partie de la même phrase introduisait donc un (très) important « bémol ».
Un peu plus loin, le CCNE précisait encore sa position en la matière : « Le Comité considère qu’il existe une voie pour une application éthique d’une aide active à mourir, à certaines conditions strictes, avec lesquelles il apparaît inacceptable de transiger ».
Plus loin encore, le CCNE se montre particulièrement sévère : « En effet, le CCNE insiste sur le fait que la très grande majorité des situations de fin de vie pénibles, voire inacceptables, résultent d’une mise en œuvre insuffisante, voire défaillante, des dispositions législatives et réglementaires en vigueur. ». Il est difficile d’être plus clair : en bref, comme rappelé par Jean Léonetti dans une tribune récente, il n’est peut-être nul besoin d’une nouvelle loi ; il suffit d’appliquer correctement celles qui existent déjà !!
Certes, les tout derniers votes en faveur des soins palliatifs sont passés ( heureusement !) à la quasi unanimité, mais un esprit chagrin ferait remarquer que cela avait déjà été le cas pour une loi soutenant les soins palliatifs datant de … 1999.
Dans les pays qui ont légalisé l’euthanasie ou le suicide assisté, quelles évolutions vous semblent particulièrement préoccupantes pour l’avenir de la médecine ?
Plusieurs pays, dont certains très proches de nous, ont légalisé l’euthanasie et/ou le suicide assisté. Dans certains de ces pays, ont déjà été observées des « dérives » qui font froid dans le dos. On ne rappellera ici que quelques exemples caricaturaux. Ces problèmes avaient été déjà été rapportés en détail par le Comité National d’éthique en 2022, et sont donc censés être connus de nos députés.
En Belgique, l’euthanasie a été légalisée par une loi du 28 mai 2002. Le patient qui souhaite être euthanasié doit se trouver « dans une situation médicale sans issue et faire état d’une souffrance physique ou psychique constante et insupportable qui ne peut être apaisée et qui résulte d’une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable ». Outre le « ou » souligné qui est ici important, on notera que l’euthanasie est « ouverte aux mineurs dotés de la capacité de discernement ». Aucune limite d’âge n’est fixée (!).
Entre 2002 et 2019, 22.081 personnes ont (officiellement) été euthanasiées en Belgique. Les cas d’euthanasie ont été multipliés par environ 11 entre 2003 et 2019. Pour la période de 2018-2019, s’agissant des principales maladies concernées, les euthanasies concernaient majoritairement des personnes atteintes de cancers (62% des euthanasies). Les autres demandes sont variées, mais incluent des affections psychiatriques.
Sur cette même période 2018-2019, on note que 105 personnes atteintes de troubles mentaux ont été euthanasiées, ce qui semble en contradiction avec les termes même de la loi belge : « Les personnes qui sont en état avancé de démence mais toujours conscientes ne peuvent pas faire l’objet d’une euthanasie ».
En regardant de plus près, il s’agissait de : « troubles mentaux organiques (démence, Alzheimer, …), de troubles de la personnalité et du comportement, troubles névrotiques, troubles liés à des facteurs de stress et troubles somatoformes, schizophrénie, troubles schizotypiques et troubles délirants, et autres troubles mentaux organiques comme l’autisme ». Cette liste est assez glaçante et se passe de commentaires.
Entre 2018 et 2019 toujours, 794 euthanasies avaient été pratiquées sur des patients dont le décès n’était pas prévu à brève échéance. Dans 81% des cas, les patients disaient être atteints de souffrances physiques et psychiques, et dans 15% des cas, uniquement de souffrances physiques. Dans 4% des cas, uniquement de souffrances psychiques ( même si ce pourcentage est faible, il ne manque pas d’interpeller ).
Aux Pays-Bas, l’euthanasie et l’assistance au suicide ont été légalisées par une loi du 12 avril 2001.On notera ici que, sous réserve de l’assentiment parental, les mineurs sont éligibles à l’aide à mourir dès l’âge de 12 ans. Ici encore, le nombre d’euthanasies a augmenté régulièrement, dans la grande majorité des cas pour des cancers incurables, mais aussi parfois pour « un début de processus démentiel », ou « un ou plusieurs troubles psychiatriques».
Au Canada, l’euthanasie et l’assistance au suicide ont été légalisées par une loi du 17 juin 2016. Le taux d’aide médicale à mourir au Canada en 2023 avait atteint près de 5 % des décès du pays. C’est la cinquième année consécutive que ce taux augmente dans ce pays. Les critères « d’éligibilité » à l’aide à mourir semblent évoluer : on a lu récemment qu’être « SDF » pourrait constituer un critère recevable pour une demande d’euthanasie…
Pour faire bref, notons que dans les pays ayant légalisé l’euthanasie, nombre de « verrous » qui avaient été mis en place, pour éviter les dérives, paraissent avoir sauté les uns après les autres, amenant à certaines aberrations ; euthanasies de mineurs, de patients psychiatriques ou simplement dépressifs, et de malades autistes, pour ne citer que ces cas.
Vous affirmez régulièrement que la mission du médecin est de soigner et de soulager. Une légalisation de l’euthanasie modifierait-elle profondément l’identité même du métier de médecin ?
Face à une loi légalisant l’euthanasie, le médecin, en première ligne, est bien évidemment amené à se poser des questions sur sa profession. Tout d’abord, notons que l’immense majorité de nos collègues n’ont bien entendu pas choisi ce métier « pour tuer les pauvres gens » comme le chantait Boris Vian. Ensuite, on nous parle de « clause de conscience », nous permettant de refuser d’injecter la solution létale : mais on lit que nous serons peut-être contraints, dans ce cas, à adresser le patient qui souhaite l’aide à mourir à un collègue « euthanasiste »…
François Marchand, romancier, vient de publier un court mais remarquable ouvrage ( « Dans la dignité ») où il imagine le quotidien d’un médecin « euthanasiste » ; glaçant … Pour ma part, j’ai publié il y a quelques semaines une tribune au vitriol : « Un métier d’avenir : Euthanasiste » où j’assumais un second degré provocateur.
De fait, il existe déjà en Belgique des médecins qui ont choisi sans ( trop ?) hésiter cette « spécialité » : certains sont même venus expliquer leur choix devant notre Convention citoyenne de 2022-2023. A la question posée à l’un d’eux ; « Mais cela ne vous fait rien ? », la réponse a été : « Au début cela empêche de dormir, mais après on s’habitue … ».
Au risque d’afficher mon désaccord avec ce collègue, à titre personnel, même dans le cadre légal de la loi Claeys/Léonetti, quand je dois mettre fin à des souffrances, je ne m’habitue pas…
Pouvez-vous expliquer votre choix de faire appel à la fiction en lieu et place d’un essai classique ?
J’avais dans l’esprit, dès le début, d’écrire sur le sujet un ouvrage de fiction, du type « vrai-faux polar », qui me paraissait pouvoir être plus percutant. Et puis, ont alors été publié nombre d’essais « sérieux » sur la fin de vie : les deux livres de Claire Fourcade, les ouvrages collectifs dirigés par Emmanuel Hirsch et Dominique Reynié, et bien d’autres. Dans le genre, je n’aurais certainement pas fait mieux.
Une tribune de Claire Fourcade a achevé de me convaincre ; le titre en était : « Pourra-t-on éviter les dérives ? ». Clairement, éviter les dérives va se révéler compliqué : nous ne sommes pas au pays des Bisounours, et si la loi laisse apparaître des failles, on peut compter sur quelques personnes à l’honnêteté discutable pour en tirer parti. J’ai donc imaginé toute une série de situations où une loi insuffisamment verrouillée permettrait à des personnes mal intentionnées de transformer ce qui était censé être « une belle loi de fraternité » en un véritable « permis de tuer » digne d’un mauvais James Bond…
Il s’agit d’un choix d’écriture certes provocateur, mais souhaitant servir de mise en garde…
Face à une société qui valorise de plus en plus la performance, l’autonomie et la maîtrise de soi, pensez-vous que le regard porté sur la fragilité, la dépendance et la vulnérabilité humaine est en train de changer ?
Dans le cadre qui nous intéresse ici, je ne peux que souhaiter que le regard porté sur la fragilité, la dépendance et la vulnérabilité humaine soit en train de changer (en bien évidemment) .
Moyennant quoi, pour ce qui est de l’attitude face à la fin de vie dont nous parlons ici, je reste inquiet. En effet, et comme je l’écris dans mon livre, cette loi sur la fin de vie me parait en quelque sorte « dégrader » le regard porté sur ces personnes souvent qualifiées de « vulnérables ».
Je m’explique ; pour ces personnes souvent âgées, fragiles, dépressives, isolées, parfois porteuses d’handicaps, notre regard devrait être un regard de sollicitude, de soutien et d’amour. Or, quel est le risque actuel ? Que l’on explique à cette personne qui aurait perdu la soif de vivre ; « Vous savez, vous pouvez demander l’aide à mourir ! Vous êtes éligible ! » ; j’ai lu que cette phrase terrible aurait été dite au Canada.
J’ai noté que certains de nos députés, initialement favorables à la loi sur « l’aide active à mourir », avaient fini par jeter l’éponge et quitter les discussions, expliquant que « Cela était allé trop loin » et qu’un tel texte allait signifier un terrible sentiment d’abandon pour nombre de personnes fragiles et vulnérables …
Certains autres ont même fait remarquer que la loi était faite par des gens qui n’avaient que peu de chances de devoir demander l’aide à mourir, car issus d’un milieu qui leur permettra de bénéficier des meilleurs soins palliatifs, alors que pour les personnes vulnérables au bas de l’échelle sociale, l’aide à mourir pourra être demandée, faute de sollicitude et d’alternative crédible.
Quel message souhaiteriez-vous adresser aux catholiques et plus largement à tous les Français au moment où notre pays s’interroge sur le droit de provoquer délibérément la mort d’un malade ?
Je suis catholique, et, je le reconnais, peu pratiquant : par contre je suis et reste très attaché à notre histoire et à notre culture judéo-chrétienne.Dans ce cadre, il est clair que je ne peux accepter que l’on jette aux orties le commandement « Tu ne tueras point », ce commandement profondément ancré dans notre culture et qui se retrouve d’ailleurs, sous des formes variées mais proches, dans la quasi-totalité des religions du monde.
Ce commandement, il se retrouve aussi, et c’est bien logique, dans le serment d’Hippocrate des médecins. La nouvelle législation va-t-elle nous obliger à changer ce serment multimillénaire ?
Les soignants se sont battus contre la nouvelle loi avec le slogan ; « Soulager n’est pas tuer ». D’abord soulager ! Soulager les souffrances, les souffrances physiques comme les psychologiques. Soulager toujours, même si parfois, dans des situations extrêmes, cela doit amener à abréger la durée de vie…
J’ai travaillé à l’étranger, et je travaille encore en France avec nombre de personnes de culture et de religions différentes. Partout, j’ai assisté à des fins de vie transcendées par l’Amour des proches, et aussi par le dévouement sans faille du personnel soignant, quelles que soient les croyances. Pour nous chrétiens, dans ces périodes souvent dramatiques de la fin de vie, la foi chrétienne nous oblige. Elle nous oblige à ne jamais oublier le message d’Amour que nous a enseigné l’Eglise.
Devant ces vies qui arrivent à leur terme, cet Amour de notre prochain que nous a prêché Jésus doit même se décupler. Il faut savoir rester présent, même quand cela est difficile et que l’on a plutôt envie de partir pour cacher sa peine. Soulager toujours … Notre foi nous oblige à l’exemplarité, afin que les fins de vie soient non seulement « dignes » et débarrassées de toute souffrance, mais aussi sereines et apaisées.
Propos recueillis par Philippe Marie
Faismoimourir.com, comment transformer une loi de fraternité en permis de tuer



