Le vendredi 26 juin, le gouvernement irakien a annoncé la nomination de Krikor Bakram Moses Der Hagopian comme nouvel ambassadeur d’Irak aux États-Unis. Chrétien irakien d’origine arménienne, il représentera prochainement Bagdad à Washington, sous réserve de l’agrément officiel des autorités américaines. Loin d’être un inconnu, ce chrétien irakien est aujourd’hui directeur général des Relations internationales auprès du bureau du Premier ministre. Il a également été conseiller diplomatique de l’ancien président Barham Saleh avant de poursuivre son engagement au sein de l’exécutif irakien. Formé aux États-Unis, où il a étudié les relations internationales à Denver, dans le Colorado, il bénéficie d’une excellente connaissance des institutions américaines et entretient des relations de confiance avec plusieurs responsables politiques à Washington. Un profil qui explique largement le choix de Bagdad pour ce poste stratégique.
Sa nomination intervient à un moment important des relations entre l’Irak et les États-Unis. Les deux pays demeurent des partenaires essentiels sur les plans sécuritaire, politique et économique. L’arrivée de Krikor Der Hagopian à Washington pourrait contribuer à renforcer ce dialogue, alors que le Premier ministre irakien doit prochainement effectuer une visite officielle aux États-Unis.
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Mais cette désignation dépasse largement le seul cadre diplomatique. Elle constitue également un signal fort adressé aux minorités chrétiennes d’Irak, dont la présence bimillénaire a été profondément éprouvée ces dernières décennies. Les chrétiens, qu’ils soient chaldéens, syriaques, assyriens ou arméniens, ont payé un lourd tribut aux guerres successives, aux violences confessionnelles puis aux persécutions perpétrées par l’organisation État islamique à partir de 2014.Avant cette tragédie, l’Irak comptait près d’un million et demi de chrétiens. Aujourd’hui, ils ne seraient plus que quelques centaines de milliers, beaucoup ayant choisi le chemin de l’exil vers l’Europe, l’Amérique du Nord ou l’Australie.
La communauté arménienne d’Irak, à laquelle appartient le nouveau diplomate, est présente dans le pays depuis des siècles et s’est considérablement renforcée après le génocide arménien de 1915, lorsque de nombreux rescapés trouvèrent refuge en Mésopotamie. Depuis lors, elle participe pleinement à la vie économique, culturelle, intellectuelle et politique du pays.
En confiant l’un de ses postes diplomatiques les plus prestigieux à un chrétien irakien, les autorités de Bagdad rappellent que les chrétiens demeurent une composante essentielle de la nation. Pour les Églises d’Orient, qui ne cessent d’appeler la communauté internationale à soutenir la présence chrétienne sur leurs terres ancestrales, cette nomination constitue un signe d’espérance. Sans effacer les immenses défis auxquels restent confrontées ces communautés, elle rappelle que leur avenir passe aussi par leur pleine participation aux institutions et au service de leur pays.


