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Qui est sœur Patricia Murray, cette religieuse nommée par Léon XIV au Dicastère pour les Instituts de vie consacrée et dont le profil suscite des interrogations ?

Sœur Patricia Murray - photo @uisg.org
Sœur Patricia Murray - photo @uisg.org
Sœur Patricia Murray s’est montrée favorable à ce que soient débattues des questions aussi sensibles que le diaconat féminin ou les femmes prêtres et a largement relayé les thématiques LGBT dans l’Église

Le 6 août 2026, Léon XIV a nommé de nouveaux consulteurs au Dicastère pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique. Parmi eux figure sœur Patricia Murray, religieuse irlandaise et ancienne secrétaire exécutive de l’Union internationale des supérieures générales (UISG). Une personnalité bien connue à Rome, mais dont certaines prises de position expliquent les interrogations suscitées par cette nomination.

Pendant plus d’une décennie, sœur Murray a occupé une position importante au sein de l’UISG, qui rassemble les responsables de congrégations religieuses féminines du monde entier. Sous François, elle est devenue l’une des figures de la dynamique synodale et de la promotion d’une participation accrue des femmes au gouvernement de l’Église. C’est notamment la question du ministère ordonné qui concentre les critiques.

En décembre 2021, sœur Murray estimait que le processus synodal devait permettre d’aborder les sujets que les fidèles souhaitaient voir discuter, citant notamment le diaconat féminin et la question des femmes prêtres. Elle ne déclarait pas explicitement que des femmes devaient être ordonnées prêtres mais le fait qu’elle souhaite maintenir ouverte dans le débat ecclésial une question que le Magistère a précisément voulu trancher définitivement constitue déjà un sérieux problème. Rappelons que Saint Jean-Paul II écrivait en effet dans Ordinatio sacerdotalis, le 22 mai 1994, « que l’Église n’a en aucune manière le pouvoir de conférer l’ordination sacerdotale à des femmes » et que cette position devait être « définitivement tenue par tous les fidèles de l’Église ». La différence entre le diaconat féminin, qui a fait l’objet de commissions d’étude, et le sacerdoce féminin doit également être clairement établie. C’est précisément l’amalgame entre des questions de nature doctrinale différente qui alimente les inquiétudes de certains catholiques.

Autre sujet sensible : les personnes LGBT. Durant le Synode sur la synodalité d’octobre 2023, sœur Murray avait expliqué que les participants avaient entendu la souffrance de personnes s’estimant blessées par l’Église, notamment en raison de son enseignement sur l’homosexualité. Elle affirmait alors qu’il existait une « profonde conscience de la douleur et de la souffrance » éprouvées. Là encore, rien ne permet d’affirmer qu’elle ait explicitement rejeté la doctrine morale catholique. Mais son approche, centrée sur l’inclusion et la « reconnaissance des blessures », appartient clairement à la sémantique des militants LGBT influents au sein de l’Eglise, à l’image du père jésuite James Martin, par exemple.

C’est cette accumulation qui explique les réserves entourant aujourd’hui son arrivée au dicastère : ouverture de discussions sur des questions doctrinalement très sensibles, insistance sur une nouvelle place des femmes dans le gouvernement ecclésial, attention particulière portée aux revendications exprimées par les personnes LGBT et engagement résolu dans la synodalité.

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Faut-il pour autant réduire sœur Patricia Murray à ces controverses ? Ce serait passer sous silence une partie importante de son parcours.

Religieuse, éducatrice et théologienne, elle possède surtout une connaissance exceptionnelle de la vie consacrée féminine internationale. Son passage à la tête administrative de l’UISG lui a permis de travailler directement avec les responsables de congrégations présentes sur tous les continents. Elle a également participé à des initiatives de formation, de protection des personnes vulnérables et de coopération entre instituts religieux.

Avant Rome, elle fut notamment la première directrice exécutive de Solidarity with South Sudan, projet intercongrégationnel consacré à la formation et au développement dans un pays ravagé par la guerre. Son parcours ne se résume donc nullement aux controverses ecclésiales occidentales.C’est probablement là que se trouve l’explication la plus crédible de sa nomination. Le Saint-Siège n’a donné aucune justification particulière au choix de sœur Murray. Mais pour un dicastère chargé précisément des instituts religieux, son expérience internationale constitue objectivement une compétence importante. Il faut également rappeler ce que signifie sa fonction : sœur Murray devient consultante. Elle ne reçoit ni pouvoir doctrinal personnel ni capacité à modifier l’enseignement de l’Église.

Reste désormais à observer si cette nomination relève essentiellement de la reconnaissance d’une compétence incontestable sur la vie religieuse féminine ou si elle révèle une orientation plus profonde du nouveau pontificat. Sur les questions doctrinales, ce sont les décisions de Léon XIV lui-même qui permettront d’en juger.

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