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[États-Unis] L’horreur dans l’État du Massachusetts : l’avortement jusqu’au terme désormais autorisé sur le seul jugement du médecin

Depositphotos- Maura Healey ( Wiki)
Depositphotos- Maura Healey ( Wiki)
« L’avortement est un meurtre » et ceux qui le pratiquent sont des « tueurs à gages », déclarait le pape François. Dans le Massachusetts, la gouverneure Maura Healey vient pourtant d’élargir considérablement l’accès à l’avortement après 24 semaines.

Il y a des images qui glacent. Lundi 10 août, à Boston, la gouverneure démocrate du Massachusetts, Maura Healey, a signé une nouvelle loi renforçant considérablement les protections accordées à l’avortement. Autour d’elle, plusieurs femmes, dont certaines en blouse médicale, applaudissaient. Ce qui était célébré comme une victoire des « droits reproductifs » constitue pourtant un changement considérable concernant les avortements pratiqués après 24 semaines de grossesse.

Jusqu’à présent, la législation du Massachusetts énumérait plusieurs situations permettant un avortement après ce seuil : nécessité de préserver la vie de la femme enceinte, sa santé physique ou mentale, ou présence de certaines pathologies fœtales létales ou particulièrement graves. Ces conditions médicales spécifiques disparaissent désormais au profit d’une formulation beaucoup plus large : l’avortement peut être pratiqué sur la base du « jugement professionnel » du médecin. La loi renforce en outre la primauté de la décision prise entre le médecin et sa patiente.

C’est précisément cette disparition des conditions médicales expressément énumérées après 24 semaines qui provoque l’indignation des défenseurs de la vie.Car derrière le vocabulaire juridique demeure une réalité humaine. À 24 semaines, l’enfant à naître est déjà arrivé à un stade très avancé de son développement et se situe à un âge gestationnel où la question de sa viabilité hors de l’utérus peut se poser.

Rappelons qu’à 24 semaines de grossesse, le fœtus présente déjà une anatomie humaine largement formée : ses principaux organes sont constitués, son cœur bat, ses membres, son visage et ses organes sensoriels sont développés, et une survie hors de l’utérus devient possible dans certains cas grâce aux soins intensifs néonatals.

La gouverneure justifie cette réforme par les situations dramatiques de femmes découvrant tardivement une grave complication de grossesse et contraintes, selon elle, de quitter le Massachusetts pour obtenir les soins recommandés par leurs médecins.Mais une question demeure : si l’objectif est de répondre à des situations médicales exceptionnelles, pourquoi supprimer précisément de la loi l’énumération de ces situations exceptionnelles ?

L’interrogation devient plus grave encore lorsque l’on considère l’appartenance religieuse revendiquée par Maura Healey. La gouverneure se présente comme catholique. Mais comment peut-on publiquement se proclamer catholique tout en apposant sa signature au bas d’un texte qui étend aussi radicalement la possibilité de mettre fin à la vie d’un enfant à naître ?

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Il ne s’agit pas ici d’une obscure question théologique sur laquelle plusieurs opinions catholiques pourraient légitimement coexister. L’enseignement de l’Église est parfaitement explicite. Le Catéchisme de l’Église catholique enseigne au n° 2270 que « la vie humaine doit être respectée et protégée de manière absolue depuis le moment de la conception ». Le paragraphe suivant rappelle que l’enseignement de l’Église sur le caractère moralement mauvais de l’avortement provoqué « n’a pas changé » et « demeure invariable » : l’avortement direct est gravement contraire à la loi morale.

Saint Jean-Paul II, dans Evangelium vitae, rappelait lui aussi l’extrême gravité de l’avortement précisément parce qu’il porte atteinte à un être humain au commencement de son existence, dans un état d’innocence et de vulnérabilité absolues.

Et le pape François, pourtant régulièrement présenté comme plus ouvert sur nombre de questions de société, n’a jamais transigé sur ce point.En octobre 2018, il demandait déjà : « Est-il juste d’engager un tueur à gages pour résoudre un problème ? » Six ans plus tard, revenant de Belgique, il employait des mots encore plus directs : « L’avortement est un meurtre », comparant ceux qui le pratiquent à des « tueurs à gages ».

La question posée par Maura Healey dépasse donc largement le débat partisan américain. Elle touche à la cohérence même du témoignage catholique dans la vie publique. Une société digne de ce nom doit évidemment entourer une mère confrontée à une grossesse dramatique : médecine, accompagnement psychologique, soutien matériel, soins palliatifs périnataux lorsque le pronostic est fatal, présence des familles et des communautés. La souffrance appelle davantage de solidarité, jamais davantage d’abandon. C’est pourquoi les applaudissements entendus à Boston ont quelque chose de profondément glaçant, car ils se félicitent d’avoir permis et autorisé des meurtres.

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