L’affaire embarrasse le diocèse de Lodwar, dans le nord-ouest du Kenya. Pendant plusieurs jours, un homme se présentant comme le père Jones Bogonko Onchonga a réussi à exercer publiquement un ministère sacerdotal, célébrant des messes et se présentant comme habilité à administrer les sacrements. Selon le média kényan Turkana Daily News, Onchonga avait réussi à gagner la confiance de Mgr John Mbinda, évêque de Lodwar, en présentant des documents attestant prétendument de son ordination et de sa qualité de prêtre. Il aurait même été accueilli à son arrivée par une religieuse et hébergé à la résidence de l’évêque.
Le 5 août, la supercherie atteint un niveau étonnant : Onchonga participe à une messe à la cathédrale Saint-Augustin aux côtés de Monseigneur Mbinda, à l’occasion du lancement de la Légion de Marie dans le diocèse. Il célèbre également dans d’autres lieux, notamment à la paroisse Saint-Thomas et au sanctuaire Sainte-Marie de Lodaraja.C’est précisément à Lodaraja que tout commence à se fissurer.
Le 9 août, des fidèles remarquent des irrégularités dans sa manière de célébrer la messe. Le prétendu prêtre semble tendu et quitte même l’autel pendant la célébration. Une photographie prise pendant la messe est alors partagée dans un groupe WhatsApp réunissant des prêtres et l’évêque. Certains membres du clergé s’interrogent sur les erreurs liturgiques visibles et commencent à vérifier son identité, rapporte Turkana Daily News. Le résultat est sans appel pour le diocèse : les documents présentés par Onchonga seraient faux.
Le 16 août, Monseigneur Mbinda publie donc un avertissement officiel : Jones Bogonko Onchonga n’est pas un prêtre catholique reconnu ou autorisé par le diocèse de Lodwar. Le diocèse affirme qu’il s’agit d’un homme marié, père de deux enfants, vivant à Kisii. Les autorités ecclésiastiques lui reprochent notamment d’avoir simulé l’administration de sacrements, célébré sans autorisation, usurpé une fonction ecclésiastique et utilisé de faux documents. L’histoire a rapidement quitté le terrain strictement ecclésial. D’après les documents judiciaires rapportés par la presse kényane, Onchonga est poursuivi pour des faits qui auraient été commis entre le 31 juillet et le 12 août 2026. Il est accusé d’avoir trompé l’évêque et les responsables diocésains afin de leur faire croire qu’il était un prêtre dûment ordonné.
Le 14 août, devant le tribunal de Lodwar, il a d’abord plaidé coupable du délit d’usurpation. Mais lors d’une nouvelle comparution, le 17 août, il est revenu sur cette déclaration et a finalement plaidé non coupable, selon les informations rapportées par la presse kényane.La justice lui a accordé une libération sous caution, fixée à 100 000 shillings kényans avec garant, ou 50 000 shillings en espèces. Faute d’avoir rempli ces conditions au moment des dernières informations disponibles, il demeurait détenu à la prison de Lodwar. Une audience est prévue le 13 octobre.
L’enquête doit désormais déterminer comment de faux documents ont pu permettre à un homme sans ordination reconnue de célébrer dans plusieurs églises et de se retrouver à l’autel aux côtés de l’évêque lui-même.


