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Le cardinal Bustillo mobilise les confréries corses : un modèle dont les évêques du continent pourraient s’inspirer ?

@Eglisecatholique
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Avec le grand rassemblement des confréries prévu le 17 octobre à Ajaccio et la création d'une « Maison des confréries », le cardinal François-Xavier Bustillo entend faire des confréries un véritable moteur missionnaire

Les confréries ne sont pas des vestiges du passé. En Corse, elles demeurent l’une des expressions les plus vivantes de la foi populaire. C’est cette richesse que le cardinal François-Xavier Bustillo souhaite aujourd’hui mettre au service d’une véritable dynamique missionnaire.

Dans une lettre adressée aux prieurs des quelque cent confréries de l’île, dont RCFM a révélé l’existence et publié plusieurs extraits, le cardinal annonce l’organisation, le 17 octobre prochain à Ajaccio, du premier « Grand rassemblement des confréries corses et européennes ». Selon ses propres mots, cette journée sera « l’acte public fondateur du programme missionnaire porté par l’Église de Corse autour des confréries ». Au programme : un temps de prière, un colloque, une grande procession dans les rues d’Ajaccio et une célébration eucharistique rassemblant les fidèles.

Cette journée marquera également la naissance de la « Maison des confréries », une structure destinée à accompagner la création, la relance et l’animation de confréries dans les paroisses, sous l’autorité des évêques. Pour François-Xavier Bustillo, il ne s’agit pas « d’exporter un folklore », mais de partager une « expérience ecclésiale et missionnaire » susceptible d’être adaptée par d’autres diocèses.

Cette ambition s’appuie sur une réalité exceptionnelle. La Corse compte une centaine de confréries réparties sur l’ensemble de son territoire, de l’Ajaccien à la Balagne, du Cortenais au Sartenais, de Porto-Vecchio à Bonifacio, en passant par le Taravo, le Vicolais ou la Plaine orientale. Dédiées notamment à Notre-Dame de la Miséricorde, au Saint-Sacrement, à la Sainte Croix, à saint Jean-Baptiste, à saint Antoine Abbé, à saint Érasme, à saint Spiridon ou encore à saint Pierre et saint Paul, elles continuent de jouer un rôle essentiel dans la vie de l’Église locale.

Bien loin de simples associations patrimoniales, elles portent les processions de la Semaine sainte, accompagnent les funérailles, entretiennent les chapelles, soutiennent les paroisses, organisent des œuvres de charité et transmettent aux jeunes générations un héritage spirituel plusieurs fois centenaire. Dans de nombreux villages, elles demeurent un véritable pilier de la vie chrétienne.

Cette vision s’inscrit dans la continuité du ministère du cardinal Bustillo. Depuis son arrivée à Ajaccio, il n’a cessé de valoriser ces fraternités de laïcs, qu’il considère comme un précieux relais de la mission de l’Église. Fin juillet encore, il présidait l’intronisation de dizaines de nouveaux confrères au sein de la confrérie San Quilicu de Moltifao, signe que ces institutions continuent d’attirer de nouveaux membres.

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Certes, plusieurs responsables de confréries ont confié à RCFM leur surprise de ne pas avoir été davantage associés à la préparation de cette initiative. Certains souhaitent obtenir des précisions sur les modalités de cette future « Maison des confréries », tandis que d’autres saluent une démarche destinée avant tout à rassembler. L’évêché d’Ajaccio a indiqué qu’une présentation plus détaillée serait faite autour du 15 août.

Au-delà de ces interrogations, le projet mérite d’être regardé avec attention. Alors que de nombreux diocèses du continent peinent à mobiliser les fidèles, voient leurs paroisses s’affaiblir et leurs bénévoles se raréfier, l’expérience corse rappelle qu’une communauté chrétienne retrouve de la vigueur lorsque les laïcs s’engagent durablement dans une fraternité de prière, de service et de transmission.

Sans jamais se substituer au ministère des prêtres, les confréries peuvent devenir un soutien précieux à la vie paroissiale. Elles enracinent la foi dans les villages, favorisent la transmission entre générations et rendent visible la présence de l’Église dans l’espace public. À l’heure où tant de diocèses cherchent de nouvelles voies pour revitaliser leurs communautés, l’initiative du cardinal Bustillo apparaît moins comme une singularité insulaire que comme une piste pastorale concrète. Les évêques du continent auraient sans doute intérêt à regarder de plus près ce qui fait, depuis des siècles, la force des confréries corses.

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