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Le danger de l’idéologie animaliste : quand l’homme n’est plus au sommet de la Création

La Création d’Adam de Michel-Ange, célèbre fresque de la Chapelle Sixtine illustrant le récit de la Genèse - Depositphotos
La Création d’Adam de Michel-Ange, célèbre fresque de la Chapelle Sixtine illustrant le récit de la Genèse - Depositphotos
L’être humain est appelé à connaître, aimer et servir Dieu d’une manière qui le distingue radicalement du reste de la Création

Les propositions portées depuis plusieurs années par certains responsables politiques issus de la mouvance animaliste suscitent de vives réactions. Parmi elles figure la volonté de réduire drastiquement, voire à terme de faire disparaître, la consommation de viande. Au-delà du débat alimentaire, c’est une certaine conception de l’homme et de sa place dans le monde qui est ici remise en question. Car l’idéologie animaliste contemporaine ne se contente pas de demander davantage de respect pour les animaux. Elle tend souvent à placer l’homme et l’animal sur un même plan moral, voire à considérer que la supériorité de l’homme sur le reste de la création serait une forme d’injustice qu’il conviendrait de corriger.

Cette conception est en rupture avec l’enseignement biblique. Dans le livre de la Genèse, Dieu confie à l’homme la responsabilité de la création : « Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la. » (Gn 1, 28). Cette domination n’est pas une permission de détruire ou de maltraiter, mais une mission de gardien et d’intendant. L’homme reçoit une place particulière parce qu’il est créé à l’image de Dieu. L’Église catholique rappelle avec constance cette distinction fondamentale. Le Catéchisme enseigne que les animaux sont des créatures de Dieu et qu’ils doivent être traités avec bienveillance. Mais il rappelle également que l’homme possède une dignité singulière, liée à son âme spirituelle et immortelle.

L’être humain est appelé à connaître, aimer et servir Dieu d’une manière qui le distingue radicalement du reste de la Création.

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Or certains courants animalistes remettent en cause cette hiérarchie. À les entendre, tuer un animal pour se nourrir serait moralement comparable à l’atteinte portée à une vie humaine. Une telle affirmation bouleverse les fondements mêmes de l’anthropologie chrétienne. Cette vision conduit à une forme de nivellement général où l’homme n’apparaît plus comme le sommet de la création visible, mais comme une espèce parmi d’autres, sans responsabilité particulière ni vocation transcendante. Le risque est alors de voir disparaître ce qui fonde la dignité humaine elle-même. Il est parfaitement légitime de condamner la cruauté envers les animaux et de promouvoir des pratiques d’élevage respectueuses. Mais le respect dû aux animaux ne peut conduire à nier la différence essentielle entre l’homme et l’animal.

Derrière certaines propositions visant à restreindre fortement, voire à interdire à terme la consommation de viande, se dessine ainsi une véritable révolution culturelle. Ce n’est plus seulement notre alimentation qui est en question, mais la conception même de l’homme. À vouloir abolir toute distinction entre l’homme et l’animal, l’idéologie animaliste finit par brouiller l’ordre de la création voulu par Dieu. Une confusion qui ne grandit ni l’animal ni l’homme, mais qui risque au contraire de faire oublier la vocation unique de la personne humaine, créée à l’image et à la ressemblance de son Créateur.

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