Depuis 2000 ans

« Les comportements liés au mouvement LGBTQ contreviennent radicalement au dessein du Créateur » : le cardinal Joseph Zen met en garde contre les principales menaces pesant aujourd’hui sur le dessein de Dieu

Cardinal Joseph Zen ( source oldyosef.hkcatholic.com )
Cardinal Joseph Zen ( source oldyosef.hkcatholic.com )
"Si la famille est détruite, la victoire est au démon" : À 94 ans, le cardinal Joseph Zen, évêque émérite de Hong Kong, publie sur son blog personnel une profonde méditation consacrée aux paraboles du Royaume. À travers une réflexion nourrie de l'Écriture, il appelle toute l'Église à faire de la défense de la famille sa « priorité pastorale absolue »

Dans une méditation publiée le 27 juillet sur son blog personnel, le cardinal Joseph Zen livre bien davantage qu’un commentaire des lectures du jour. À partir des paraboles du Royaume des cieux, le prélat chinois développe une réflexion sur la vocation chrétienne, avant d’aboutir à un appel pressant en faveur de la famille, qu’il considère comme l’un des enjeux majeurs de notre époque.

Le fil conducteur de son texte est limpide : après avoir découvert le « trésor » qu’est le Christ, le chrétien est appelé à demeurer fidèle jusqu’au bout. « Nous devons persévérer jusqu’au bout, laisser la semence grandir et le levain agir », écrit-il, rappelant que la fidélité ne consiste pas seulement à accueillir la foi, mais à la faire fructifier tout au long de sa vie. Le cardinal établit ensuite un lien entre cette fidélité personnelle et la crise que traversent aujourd’hui les sociétés occidentales. Revenant sur les travaux du consistoire de la fin juin, auquel il n’a pas participé mais dont il affirme avoir étudié tous les comptes rendus, il rapporte que les cardinaux ont identifié « la perte du sens de la vie » comme l’un des problèmes fondamentaux du monde contemporain.

Selon lui, cette perte du sens de la vie conduit inévitablement à une remise en cause de la famille. « Lorsque la valeur de la vie et de la famille est niée, que reste-t-il de beau dans l’existence ? Pourquoi abandonner la source d’eau vive pour chercher de l’eau dans des citernes fissurées qui ne la retiennent pas ? », interroge-t-il.

Le cardinal Zen ne se limite pas à un diagnostic général. Il désigne explicitement les causes spirituelles de cette crise. Il rappelle que le chrétien doit lutter contre « les passions désordonnées, l’esprit du monde et le démon », tout en soulignant que les tentations les plus dangereuses sont souvent celles qui s’installent progressivement dans les habitudes quotidiennes.

C’est dans ce contexte qu’il réaffirme l’enseignement traditionnel de l’Église sur la morale sexuelle. « Les comportements liés au mouvement LGBTQ contreviennent radicalement au dessein du Créateur pour l’humanité : un homme et une femme s’aimant pour toute la vie et transmettant la vie dans un foyer chaleureux », écrit-il.

Il ajoute que « les actes homosexuels ne sont pas seulement qualifiés de péché dans la Sainte Écriture ; ils y sont également présentés comme une « abomination » devant Dieu », rappelant également l’épisode biblique de Sodome.

Lire aussi : https://tribunechretienne.com/mary-devil-des-inscriptions-blasphematoires-profanent-le-sanctuaire-de-medjugorje/

L’un des passages les plus marquants de cette méditation est sans doute celui consacré à la famille. Le cardinal écrit : « On dit même que le démon aurait reconnu lui-même que, si la famille est détruite, la victoire lui appartient. » Cette formule, employée comme une image du combat spirituel, résume la conviction profonde du prélat : la famille est le lieu où se transmettent la foi, la vie et l’espérance chrétienne ; sa fragilisation entraîne des conséquences qui dépassent largement la seule sphère privée.

C’est pourquoi il conclut son texte par un appel à la mobilisation de tous les fidèles. « Mobilisons-nous tous : évêques, prêtres, religieux, religieuses, fidèles mariés ou célibataires, familles heureuses comme familles éprouvées. Faisons de la défense de la famille une mission sacrée, notre priorité pastorale absolue. »Le cardinal confie enfin cette intention à l’intercession des saints Joachim et Anne, parents de la Vierge Marie, ainsi qu’à celle des saints Louis et Zélie Martin, parents de sainte Thérèse de Lisieux. Son exhortation se termine par une prière afin que les jeunes générations retrouvent confiance dans « le dessein d’amour de Dieu » sur le mariage, la famille et la transmission de la vie.

À 94 ans, le cardinal Zen demeure l’une des voix les plus écoutées du catholicisme asiatique. Fidèle à la doctrine traditionnelle de l’Église, son texte prend la forme d’une méditation spirituelle, mais constitue également un appel pastoral vigoureux à replacer la famille au cœur de la mission évangélisatrice de l’Église.

Traduction intégrale du texte du cardinal Joseph Zen
Les paraboles du Royaume des cieux

« 27 juillet 2026 – Lundi de la 17e semaine du Temps ordinaire

Ces jours-ci, la première lecture de la messe est tirée du livre du prophète Jérémie. Dieu parle au prophète à travers de nombreuses paraboles. Aujourd’hui, il s’agit de Jérémie 13, 1-11 : la parabole de la ceinture. Dieu aime le peuple d’Israël comme une ceinture portée tout contre soi. Mais parce qu’Israël s’est mis à adorer des dieux étrangers, cette ceinture est devenue une corde de lin pourrie, désormais inutile, qui ne trouve plus grâce aux yeux de Dieu. Dieu avait choisi Israël comme son peuple élu ; celui-ci devait donc l’aimer de tout son cœur. Mais, séduit par les peuples païens, il s’est détourné de son Seigneur.

Dans l’Évangile d’aujourd’hui (Mt 13, 31-35), Jésus enseigne lui aussi par des paraboles. Le Royaume des cieux est semblable à une toute petite graine de moutarde, qui devient pourtant un grand arbre. Il est aussi semblable à un peu de levain qui fait lever toute une mesure de farine. La grâce de Dieu possède un potentiel immense : elle agit silencieusement, mais de manière merveilleuse.

Hier, l’Évangile du 17e dimanche du Temps ordinaire présentait également les paraboles du trésor caché et de la perle précieuse. Le trésor et la perle sont d’une telle valeur que celui qui les découvre vend tout ce qu’il possède pour les acquérir.

En reliant ces trois paraboles, nous pouvons dire que le premier pas vers le Royaume consiste à découvrir le trésor, reconnaître la perle, entendre l’appel de Dieu, décider de lui obéir et promettre de l’aimer par-dessus toute chose.

Mais ce n’est qu’un commencement. Après avoir entendu cet appel et y avoir répondu, nous devons persévérer jusqu’au bout, laisser la semence grandir et le levain agir ; sinon nous deviendrons comme cette ceinture qui pourrit et ne sert plus à rien.

N’avons-nous pas déjà trouvé le trésor, reconnu la perle et investi toute notre vie pour eux ? Jésus nous a conduits dans son Église. Si nous lui sommes reconnaissants, nous devons lui rester fidèles au sein de l’Église, suivre son enseignement avec humilité et courage, et devenir véritablement ses disciples. Nous ne sommes pas seulement sa ceinture, nous ne faisons pas que le revêtir : il vient demeurer en nous et nous demeurons en lui ; nous sommes devenus les membres de son Corps.

Qu’est-ce qui pourrait nous séparer de lui ? Rien ne le devrait. Pourtant, nous devons affronter trois ennemis, trois forces mauvaises qui ne cessent de nous tenter : les passions désordonnées, l’esprit du monde et le démon.

Le démon existe réellement. L’Écriture dit qu’il rôde dans le monde à la recherche d’une proie à dévorer. Nous devons donc invoquer fréquemment saint Michel Archange afin qu’il nous protège.

L’esprit du monde, ce sont les hommes qui se sont soumis au démon. Ils ne sont pas hideux comme lui ; ils savent parler avec éloquence, cherchent à devenir vos amis. Il faut donc rester vigilants.

Mais les passions désordonnées sont en nous-mêmes : ne devons-nous pas les craindre davantage encore ? Ne relâchons jamais notre vigilance. Ne disons jamais : « Ce n’est qu’une petite faute. » Les petites fautes répétées finissent par affaiblir la volonté. Examinons souvent notre conscience, prions davantage. Les mauvaises habitudes sont aussi redoutables qu’une drogue.

Bien sûr, la morale ne se réduit pas aux sixième et neuvième commandements. Cependant, ce sont les fautes dans ce domaine qui conduisent le plus facilement à la dépendance. En particulier, les comportements liés au mouvement LGBTQ contreviennent radicalement au dessein du Créateur pour l’humanité : un homme et une femme s’aimant pour toute la vie et transmettant la vie dans un foyer chaleureux. Les actes homosexuels ne sont pas seulement qualifiés de péché dans la Sainte Écriture ; ils y sont également présentés comme une « abomination » devant Dieu. Dans sa miséricorde mais aussi dans sa justice, Dieu fit tomber le feu sur Sodome.

Je n’ai pas participé au consistoire des cardinaux à la fin du mois de juin, mais j’en ai lu attentivement tous les comptes rendus. Lors de la première réunion, les cardinaux ont réfléchi à cette question : « Quel est le monde auquel nous sommes appelés aujourd’hui à annoncer l’Évangile ? » Parmi les nombreux défis évoqués, ils ont estimé que le problème fondamental était la perte du sens de la vie.

Lorsque la valeur de la vie et de la famille est niée, que reste-t-il de beau dans l’existence ? Pourquoi abandonner la source d’eau vive pour chercher de l’eau dans des citernes fissurées qui ne la retiennent pas ? On dit même que le démon aurait reconnu lui-même que, si la famille est détruite, la victoire lui appartient.

Contemplons dans le silence le dessein d’amour de Dieu. Rendons-lui grâce, louons-le et soyons prêts à payer le prix nécessaire pour préserver la santé de nos familles.

La meilleure manière de combattre est de prendre l’initiative : aider les autres à faire le bien est le meilleur moyen de persévérer soi-même dans le bien. Mobilisons-nous tous : évêques, prêtres, religieux, religieuses, fidèles mariés ou célibataires, familles heureuses comme familles éprouvées. Faisons de la défense de la famille une mission sacrée, notre priorité pastorale absolue.

Demandons aux saints Joachim et Anne, les parents de la Vierge Marie, d’intercéder pour nous. Demandons aux saints Louis et Zélie Martin, les parents de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, d’être nos protecteurs. Puisse la jeunesse garder une confiance profonde dans le dessein d’amour de Dieu. »

Recevez chaque jour notre newsletter !