Pour une énième fois, le pape François a réaffirmé la nécessité d’accueillir les immigrés dans les pays industrialisés les plus riches. Ce thème est devenu une clé de voûte du discours social et politique de son pontificat, soutenue par la Conférence épiscopale italienne.
Lors de son discours à l’audience accordée aux Pères Missionnaires Scalabriniens, le Pape a abordé la question non seulement sous l’angle de la solidarité envers ceux contraintes de quitter leur terre « à cause de tragiques et injustes disparités de possibilités, de démocratie, d’avenir, ou de scénarios de guerre dévastateurs », mais également du point de vue de la situation démographique des pays hôtes, ce qui, à ses yeux, rend urgent d’ouvrir davantage les portes à l’accueil.
« Aujourd’hui, tant de pays ont besoin des migrants. L’Italie ne fait plus d’enfants, l’âge moyen est de 46 ans. L’Italie a besoin des migrants et doit les accueillir, les accompagner, les promouvoir et les intégrer », a déclaré le Pape. François adopte ici l’argumentation largement répandue qui justifie une position d’immigration « sans conditions » dans un christianisme à connotation sociale. Selon cette vision, l’afflux de migrants n’est pas une menace pour le bien-être des pays qui les accueillent, mais une ressource nécessaire pour compenser le déclin démographique et le vieillissement de ces sociétés.
Cependant, lorsque l’on examine les chiffres et les données concrètes, l’idée de l’immigration comme une bouée de sauvetage pour les pays d’accueil apparaît comme un mythe, déconnecté de la réalité. En effet, malgré des différences dans les flux migratoires et les politiques adoptées par les pays occidentaux, un constat s’impose : l’intégration effective des immigrés dans les sociétés qui les accueillent n’est couronnée de succès que dans une minorité de cas. Les différences culturelles et les incompatibilités de principes, au lieu de s’atténuer, tendent à se renforcer, créant des « bulles » isolées et conflictuelles.
Cette situation ne découle pas d’un accueil insuffisant ou du racisme des populations hôtes, mais des « chocs de civilisations » évoqués par Samuel Huntington, qui sont des réalités inévitables. Pour atténuer ces tensions, il est crucial que l’immigration, y compris celle qui est légale et contrôlée, soit limitée à des quotas très restreints, favorisant certaines catégories d’immigrés.
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L’exemple de l’Italie
Il est faux de croire que la majorité des immigrés provenant de civilisations extérieures à l’Occident visent à devenir citoyens des pays où ils résident. Cela est illustré par les données récentes de l’Istat en Italie : en 2022, parmi 21.183 jeunes nés de parents étrangers ayant atteint la majorité, seulement 57 % ont entamé les démarches pour obtenir la citoyenneté italienne. Cette réticence indique une tendance des immigrés à s’identifier davantage à leur pays d’origine qu’à leur pays d’accueil.
La vision « idyllique » de l’immigration se révèle également trompeuse d’un point de vue démographique. Bien que le taux de natalité des immigrés soit encore légèrement supérieur à celui de la population autochtone, cet écart se réduit avec le temps. En Italie, le nombre d’enfants nés par femme chez les autochtones a chuté de 1,33 en 2008 à 1,14 en 2022, tandis que chez les femmes étrangères, il est passé de 2,53 à 1,79. Ainsi, les immigrés n’« rajeunissent » pas nécessairement les sociétés qui les accueillent.
Alors pourquoi, malgré ces données, continuer à promouvoir l’immigration comme une solution salvatrice dans les milieux religieux et politiques ?
Les élites occidentales semblent idéalisées cette question, souvent motivées par un sentiment de culpabilité et un besoin d’expiation pour les « péchés » de leur civilisation. Cette distorsion du sens religieux contamine également le christianisme, souvent sans conscience des mécanismes qui la sous-tendent.
Avec Bussola