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Léon XIV : « Sans l’amour, notre foi serait privée de son contenu, nos bonnes œuvres se réduiraient à du moralisme »

Le pape Léon XIV lors de l'Angelus du dimanche 25 octobre 2026 - capture
Le pape Léon XIV lors de l'Angelus du dimanche 25 octobre 2026 - capture
[INTEGRALITE DU TEXTE] Lors de l’Angélus de ce dimanche 25 octobre, place Saint-Pierre, Léon XIV a rappelé que l’amour de Dieu constitue le fondement de toute vie chrétienne. Une méditation exigeante sur la foi, la charité et la nécessité d’une relation personnelle avec le Christ

Comment reconnaître une foi véritablement chrétienne ? Est-ce dans la connaissance de la doctrine, dans l’observance des commandements ou dans l’accomplissement des bonnes œuvres ? En commentant l’Évangile selon saint Matthieu (22, 34-40), Léon XIV a rappelé ce dimanche que toutes ces dimensions trouvent leur unité dans un principe supérieur : l’amour de Dieu, qui donne son sens à l’ensemble de l’existence chrétienne.

Face à la question du docteur de la Loi sur le plus grand commandement, Jésus répond : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. » Le Pape souligne que cette réponse ne se réduit pas à une prescription morale. Elle révèle la nature même de la relation que Dieu souhaite établir avec l’homme. « Il ne suffit en effet pas de savoir que Dieu existe, qu’Il est l’unique ou qu’Il est Tout-Puissant ; le Seigneur attend de nous une relation personnelle : le seul vrai Dieu veut devenir notre Dieu. »

Cette distinction est fondamentale. La foi catholique ne consiste pas seulement à reconnaître intellectuellement l’existence de Dieu, mais à entrer en communion avec Lui. La connaissance des vérités révélées demeure indispensable, mais elle doit conduire à une adhésion personnelle, nourrie par la prière, les sacrements et la charité.

Léon XIV poursuit : « On ne peut en effet pas aimer “sur commande”. L’amour pour Dieu est précisément le besoin inhérent au désir de l’homme, qui trouve son accomplissement dans la communion avec Lui. » Il ne s’agit nullement de relativiser les commandements divins, mais d’en rappeler la finalité. Dans la tradition catholique, l’obéissance à Dieu ne trouve pas son accomplissement dans une conformité purement extérieure à la loi. Elle devient pleinement chrétienne lorsqu’elle procède de la charité, cette vertu théologale par laquelle l’homme aime Dieu par-dessus toute chose.

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Saint Thomas d’Aquin enseignait précisément que la charité est la forme des vertus, parce qu’elle les ordonne à leur fin ultime : Dieu lui-même.

Le Saint-Père établit ensuite le lien indissociable entre les deux grands commandements : aimer Dieu et aimer son prochain. « Grâce à cette relation intime avec Dieu, nous devenons capables de nous regarder nous-mêmes et de regarder notre prochain avec le même regard que le Christ, selon sa perspective. » Cette affirmation permet de comprendre la spécificité de la charité chrétienne. Aimer son prochain ne relève pas seulement d’une solidarité humaine, aussi nécessaire soit-elle. C’est reconnaître en lui une personne appelée à partager la vie divine. La charité ne supprime donc pas la vérité ; elle en devient l’expression concrète. Mais c’est en citant sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus que Léon XIV livre probablement le passage le plus décisif de sa méditation :

« Seul l’amour pousse les membres de l’Église à l’action ; si cet amour s’éteignait, elle n’annoncerait plus l’Évangile. »

Le Pape en tire cette conclusion : « Sans lui, en effet, notre foi serait privée de son contenu, nos bonnes œuvres se réduiraient à du moralisme, notre espérance serait vaine. » Ces paroles rejoignent directement l’enseignement de saint Paul : « Si je n’ai pas la charité, je ne suis rien » (1 Co 13, 2). Elles rappellent que l’Église ne peut être réduite à une organisation humanitaire, à une institution morale ou à une communauté partageant simplement des valeurs. Sa mission première est de conduire les hommes au Christ, source de toute charité véritable.

À l’issue de l’Angélus, Léon XIV a également appelé à la paix au Yémen, dénoncé l’attentat contre une église orthodoxe en Jordanie et invité les fidèles à s’unir spirituellement à la rencontre interreligieuse d’Assise du 27 octobre.Ces appels prolongent sa méditation : l’amour chrétien ne demeure pas une abstraction spirituelle. Il engage la responsabilité de chacun devant la souffrance humaine, sans jamais perdre sa source et sa finalité : l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ.

PAPE LÉON XIV

ANGÉLUS

Place Saint-Pierre
Dimanche 25 octobre 2026

« Chers frères et sœurs, bon dimanche !

Dans l’Évangile d’aujourd’hui (Cf. Mt 22, 34-40), le Seigneur nous conduit à nouveau au cœur de notre foi. Un docteur de la Loi, pour mettre Jésus à l’épreuve, lui demande : « Dans la Loi, quel est le plus grand commandement ? » (v. 36). Le Maître répond en citant un passage du Deutéronome : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée » (v. 37 ; Dt 6, 5). Le Christ place l’amour au cœur de notre relation avec Dieu. Il ne suffit en effet pas de savoir que Dieu existe, qu’Il est l’unique ou qu’Il est Tout-Puissant ; le Seigneur attend de nous une relation personnelle : le seul vrai Dieu veut devenir notre Dieu.

Dans la rencontre avec Lui, le commandement de l’amour n’est ni une obligation, ni une contrainte. On ne peut en effet pas aimer « sur commande ». L’amour pour Dieu est précisément le besoin inhérent au désir de l’homme, qui trouve son accomplissement dans la communion avec Lui. C’est pourquoi notre amour ne peut être authentique que lorsqu’il est une réponse à son amour qui nous précède toujours. D’où le besoin d’une totalité qui engage toute la personne : cœur, âme, esprit.

Au premier commandement, le Seigneur en ajoute un second : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Mt 22, 39). Cette règle de vie jaillit d’une même source : c’est pourquoi, dit Jésus, elle est semblable à la première. Grâce à cette relation intime avec Dieu, nous devenons capables de nous regarder nous-mêmes et de regarder notre prochain avec le même regard que le Christ, selon sa perspective. Ainsi, l’égoïsme est vaincu et même l’amour de soi-même se transforme en charité : notre existence s’oriente vers l’autre et devient un don pour ceux qui nous entourent.

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus l’avait bien compris : « Seul l’amour – écrivait-elle – pousse les membres de l’Église à l’action ; si cet amour s’éteignait, elle n’annoncerait plus l’Évangile » (cf. Œuvres complètes, Manuscrit B, 3v°, Rome 1997, 223). Sans lui, en effet, notre foi serait privée de son contenu, nos bonnes œuvres se réduiraient à du moralisme, notre espérance serait vaine.

Très chers amis, nous ne pouvons pas aimer véritablement Dieu sans que cet amour déborde en amour pour nos frères et sœurs. Et nous ne pouvons pas aimer véritablement notre prochain si ce n’est en tant qu’enfants d’un même Père qui nous a aimés le premier en son Fils Jésus.

Demandons au Seigneur la grâce d’un cœur nouveau, capable d’accueillir et de vivre le grand commandement. Que la Vierge Marie intercède pour nous, elle dont le cœur immaculé n’est rempli que d’amour.

À l’issue de l’Angélus

Chers frères et sœurs,

je suis avec inquiétude la grave situation humanitaire au Yémen, en particulier dans la ville de Taïz, où la population souffre du manque de nourriture, d’eau et de soins médicaux. Je lance un appel pressant pour que cessent les hostilités et que le peuple yéménite, ainsi que tous les peuples de la région, puissent vivre en paix.

J’assure de mes prières toutes les personnes qui ont été tuées ou blessées vendredi dernier, lors de l’attentat terroriste contre les fidèles de l’église orthodoxe Saint-Georges à Hamoud, en Jordanie. Je suis proche de cette communauté et de l’ensemble du pays, qui se distingue par la coexistence pacifique et le respect entre les différentes religions.

Continuons ensemble à prier pour la paix. Après-demain, le 27 octobre, unissons-nous spirituellement aux chefs d’Églises et aux responsables religieux qui se réuniront à Assise à l’occasion du 40e anniversaire de la Rencontre convoquée par saint Jean-Paul II. Jamais cela n’a été aussi évident qu’aujourd’hui : les guerres, en plus de semer la mort et la destruction, appauvrissent et nuisent au monde. Que le Seigneur inspire des choix de dialogue et de paix !

Je vous salue tous, chers fidèles de Rome et pèlerins venus de différents pays !

Je souhaite la bienvenue aux membres du Centro Académico Romano Fundación, venus d’Espagne ; au groupe du St. Ciaran’s College de Ballygawley, en Irlande, et à celui des écoles « Saint Jean-Paul II » du diocèse d’Opole, en Pologne.

Je suis heureux d’accueillir les responsables du cérémonial de certains ministères et services gouvernementaux italiens.

Je salue les membres de l’association « Solidarité entre de bonnes mains », de Castiglion Fiorentino, ainsi que le groupe de personnes du même âge, originaires de Concorezzo, venues en pèlerinage à l’occasion de leurs 70 ans.

Je vous souhaite à tous un bon dimanche. »

Source Vatican

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