Monseigneur John Sherrington, archevêque de Liverpool et responsable des questions relatives à la vie pour la Conférence des évêques catholiques d’Angleterre et du pays de Galles, s’est félicité du rejet du texte : « Nous sommes heureux que les députés aient voté contre l’adoption » du projet de loi. Il a également remercié « ceux qui ont écrit à leurs députés » pour empêcher son adoption ainsi que tous ceux qui ont participé à la campagne. Il a enfin salué l’action des associations de défense des personnes handicapées et des professionnels du droit et de la santé qui ont élevé ensemble leur voix pour défendre « la dignité et le caractère sacré de toute vie ».
Cette opposition était en effet loin d’être exclusivement religieuse. Le Royal College of Psychiatrists avait lui aussi exprimé de sérieuses réserves, notamment sur la capacité du dispositif à protéger les personnes souffrant de troubles psychiques. La question de la vulnérabilité et d’éventuelles pressions exercées sur des malades s’est retrouvée au cœur des débats.
Le vote constitue surtout un spectaculaire retournement parlementaire. En juin 2025, les Communes avaient approuvé un texte presque identique par 314 voix contre 291, soit une majorité de 23 voix. Quinze mois plus tard, seuls 270 députés ont soutenu la nouvelle proposition tandis que 286 l’ont rejetée. Le camp favorable à l’aide à mourir a donc perdu 44 voix par rapport au précédent scrutin. Parmi les seuls députés travaillistes, 37 qui avaient soutenu le texte en 2025 se sont cette fois abstenus ou étaient absents, tandis que quatre ont directement basculé dans le camp du « non ».
Le changement de climat politique s’est également manifesté au sommet de l’État. Le Premier ministre Andy Burnham, personnellement opposé au texte, n’a pas participé au vote, le gouvernement ayant officiellement choisi la neutralité. Il avait cependant estimé que le débat sur l’aide à mourir devait être suspendu tant que les insuffisances des soins palliatifs et de l’accompagnement social n’auraient pas été corrigées.
Les promoteurs du texte, eux, ne cachent pas leur déception. La députée travailliste Lauren Edwards, qui portait le projet, a assuré après sa défaite que « l’aide à mourir arrivera dans ce pays », tout en reconnaissant qu’elle n’arriverait pas assez rapidement à ses yeux. Le contraste est donc saisissant : alors que ses promoteurs présentaient à nouveau la légalisation comme une évolution attendue de la société britannique, une majorité de députés a finalement estimé que les risques et les garanties proposées ne permettaient pas de franchir ce pas.


