Il est des causes qui méritent un débat sérieux. La condition animale en fait partie. Mais aucune cause, aussi noble prétende-t-elle être, ne saurait justifier la profanation de la personne du Christ. C’est pourtant le choix qu’a fait l’organisation animaliste PETA en organisant, à Pampelune, à la veille des fêtes de San Fermín, une mise en scène montrant un homme incarnant Jésus-Christ entouré de militants maculés de peinture rouge, présentés comme des taureaux sacrifiés.
🔴Corrida : la nouvelle provocation antichrétienne de PETA qui scandalise tous les chrétiens
— Tribune Chrétienne (@tribuchretienne) July 6, 2026
➡️À la veille de l'ouverture des fêtes de San Fermín, l'organisation animaliste PETA a organisé à Pampelune une mise en scène représentant le Christ entouré de militants recouverts de… pic.twitter.com/u1UAEH6aSI
L’objectif affiché était d’interpeller l’Église catholique afin qu’elle condamne la corrida. Le procédé constitue une nouvelle profanation de la figure du Sauveur. Le Christ n’est ni un symbole politique, ni un personnage de spectacle, ni un support de communication destiné à servir une campagne militante. Il est le Verbe incarné, le Fils de Dieu fait homme, mort sur la Croix et ressuscité pour le salut du monde. Cette mise en scène ne relève pas seulement du mauvais goût. Elle traduit une profonde incompréhension de ce que représente le Christ pour plus d’un milliard de fidèles. En réduisant la Passion à un simple instrument de communication, les organisateurs banalisent ce qui constitue le cœur même de la foi chrétienne.
Cette manifestation révèle également les fondements d’une idéologie qui tend à effacer la distinction essentielle entre l’homme et l’animal. La foi catholique enseigne que toute la création est bonne parce qu’elle procède de Dieu. Les animaux doivent être traités avec responsabilité et ne pas subir de souffrances inutiles. Le Catéchisme de l’Église catholique le rappelle explicitement. Mais cette même doctrine affirme avec une égale fermeté une vérité aujourd’hui contestée par certains courants animalistes : l’homme occupe une place unique dans la création. Lui seul est créé « à l’image et à la ressemblance de Dieu » (Gn 1, 26-27). Lui seul possède une âme spirituelle et immortelle. Lui seul est appelé à partager la vie éternelle avec son Créateur. Le Christ ne s’est pas incarné pour sauver les animaux ; il s’est incarné pour sauver les hommes.
C’est précisément cette hiérarchie voulue par Dieu que l’animalisme radical tend à remettre en cause. En plaçant progressivement l’homme et l’animal sur un même plan moral, il finit par nier la singularité de la personne humaine. Derrière la défense de la cause animale se dessine alors une vision du monde où l’être humain n’est plus le sommet de la création visible ni son gardien, mais une espèce parmi d’autres, parfois même présentée comme la principale menace pour la planète. Cette conception est incompatible avec l’anthropologie chrétienne, qui reconnaît la dignité propre de toute créature tout en affirmant la prééminence de l’homme voulu par Dieu.
La manifestation de Pampelune s’inscrit dans cette logique. En rapprochant symboliquement la Passion du Christ du sort réservé aux taureaux de corrida, elle ne défend pas seulement une opinion sur une tradition espagnole ; elle brouille délibérément le sens même de l’Incarnation et de la Rédemption. Le sacrifice du Christ pour le salut de l’humanité est ainsi réduit à un argument militant.
Cette profanation soulève également une question plus large. Pourquoi les symboles chrétiens sont-ils devenus les cibles privilégiées de tant de campagnes idéologiques ? Qui imaginerait aujourd’hui utiliser avec une telle désinvolture les figures les plus sacrées d’autres religions ? Cette différence de traitement nourrit le sentiment que le christianisme est désormais la seule religion dont les symboles peuvent être publiquement détournés, caricaturés ou profanés sans susciter de condamnation unanime. Rappelons que la corrida est, depuis plusieurs siècles, une composante de l’histoire et de l’identité culturelle de nombreuses régions d’Espagne, mais aussi du sud de la France et d’une partie du monde hispanique. Ses défenseurs y voient un héritage historique, un art codifié et un rite où se rencontrent le courage, la maîtrise de soi, le respect de l’animal d’élevage et une certaine conception du rapport entre l’homme et la nature. Ses adversaires la jugent incompatible avec les exigences contemporaines du bien-être animal. Ce débat existe et il est légitime. Mais précisément parce qu’il est légitime, il mérite d’être conduit avec des arguments et non avec des profanations. En choisissant d’utiliser la figure du Christ pour servir sa campagne contre la corrida, PETA n’a pas élevé le débat ; l’organisation l’a dévoyé. responsabilité, sa mission sur l’ensemble de la création.


