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Nigeria : au moins 24 chrétiens massacrés dans l’État du Plateau, l’interminable violence contre les communautés du Middle Belt

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Alors que certains médias ( y compris en France) réduisent encore ces massacres à de simples « violences communautaires » entre éleveurs musulmans et agriculteurs chrétiens, au moins 24 chrétiens viennent d’être tués dans l’attaque d’un village de l’État du Plateau. Une nouvelle tuerie qui rappelle la réalité des persécutions frappant les communautés chrétiennes du Middle Belt nigérian

Une nouvelle nuit de sang dans l’État du Plateau. Dans la nuit du lundi 17 au mardi 18 août, des hommes armés ont attaqué la communauté de Bin Mper, dans le district de Kombun, dépendant de la zone de gouvernement local de Mangu, au centre du Nigeria.Le bilan fait état d’au moins 24 personnes tuées et de plusieurs blessés. Les victimes ont été enterrées collectivement mardi, quelques heures seulement après le massacre. Trois personnes blessées étaient encore hospitalisées.

Selon International Christian Concern (ICC), organisation américaine spécialisée dans la défense des chrétiens persécutés, les 24 personnes tuées étaient chrétiennes et l’attaque est attribuée localement à des miliciens peuls. L’organisation s’appuie notamment sur des responsables de la communauté. Les autorités de l’État du Plateau ont confirmé l’attaque mais n’ont pas, à ce stade, publiquement identifié ses auteurs.Le gouvernement local a condamné les violences et demandé aux forces de sécurité de renforcer leur présence autour de Bin Mper et dans les autres communautés vulnérables de la région de Mangu.

Jonathan Kyesmang, président de la Mwaghavul Youth National Association, a dénoncé une succession d’attaques et évoqué une volonté de s’emparer de terres ancestrales. Il a toutefois pris soin de ne pas accuser indistinctement l’ensemble de la population peule, rappelant que des communautés différentes avaient longtemps vécu ensemble dans la région.Cette distinction est essentielle : tous les Peuls ne sauraient évidemment être assimilés aux groupes armés qui sévissent dans le Plateau. Mais elle ne doit pas davantage conduire à minimiser la réalité vécue par les communautés chrétiennes régulièrement frappées dans cette partie du Nigeria.

L’État du Plateau appartient au Middle Belt, cette vaste zone centrale située entre le nord du Nigeria, majoritairement musulman, et le sud, largement chrétien. Depuis des années, la région connaît massacres, incendies de villages, destructions de récoltes et déplacements forcés de populations. La compétition pour les terres, l’accès à l’eau, la pression démographique et les transformations des parcours de transhumance alimentent effectivement les tensions. S’y ajoutent la circulation des armes, la criminalité et l’extrême faiblesse de l’État dans certaines zones rurales.

Mais réduire le nouveau massacre de Bin Mper à un simple conflit entre éleveurs et agriculteurs serait passer sous silence une réalité essentielle : les 24 personnes enterrées après l’attaque appartenaient à la communauté chrétienne.

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La dimension religieuse ne peut donc être systématiquement évacuée au profit de la seule explication économique ou foncière, particulièrement lorsque des villages chrétiens sont attaqués à répétition, leurs habitants assassinés et leurs terres progressivement abandonnées sous la pression de la violence.

International Christian Concern documente depuis des années cette situation au Nigeria et particulièrement dans le Middle Belt, où des communautés chrétiennes signalent régulièrement des attaques contre leurs villages, leurs exploitations et leurs lieux de vie. Le danger réside désormais dans l’installation d’un engrenage devenu presque permanent : attaque, représailles, nouveau massacre, fuite des populations puis abandon des terres. Dans ce contexte, les habitants réclament d’abord aux autorités nigérianes leur protection et l’arrestation des responsables.

La question dépasse largement le seul massacre de Bin Mper. Dans le Plateau comme dans d’autres États du centre et du nord du Nigeria, responsables religieux et organisations de défense de la liberté religieuse alertent depuis des années sur la vulnérabilité des populations chrétiennes. Aux conflits fonciers se mêlent désormais des facteurs religieux, ethniques, criminels et parfois djihadistes, rendant toute lecture exclusivement économique de ces violences insuffisante.

Car les mots employés pour raconter ces massacres ont leur importance. Parler de « violences communautaires » permet de rappeler la complexité historique, ethnique et foncière du Plateau. Mais cette expression ne doit pas devenir un écran derrière lequel disparaît une réalité autrement plus dérangeante : celle de communautés chrétiennes régulièrement frappées et de familles contraintes d’enterrer leurs morts avant de demander, une nouvelle fois, le droit élémentaire de vivre en sécurité sur leur propre terre. À Bin Mper, cette réalité porte aujourd’hui au moins 24 noms.

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