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Nigeria : torturé jusqu’à la mort, son fils tué, un catéchiste catholique succombe après des mois de captivité

archidiocèse de Kaduna - capture Facebook
archidiocèse de Kaduna - capture Facebook
Alors que les enlèvements, les massacres et les attaques visant les communautés chrétiennes se multiplient au Nigeria, un nouveau drame bouleverse l'Église catholique. La mort du catéchiste Victor Paul, victime de tortures et de privations en captivité, rappelle une fois de plus le prix payé par de nombreux fidèles dans l'un des pays les plus dangereux au monde pour les chrétiens

Le martyre silencieux des chrétiens du Nigeria se poursuit dans une indifférence presque totale de la communauté internationale. L’archidiocèse de Kaduna a confirmé la mort en captivité du catéchiste catholique Victor Paul, enlevé le 9 février dernier lors d’une attaque terroriste contre les villages de Kutaho et de Kugur, dans le district de Kagarko, au nord du pays. Selon une note transmise à l’Agence Fides par l’archidiocèse de Kaduna, Victor Paul est décédé après plusieurs mois de captivité, victime des privations et des sévices infligés par ses ravisseurs. Le communiqué, publié le 2 juillet, précise que quatre autres otages ont également perdu la vie.

L’horreur de cette tragédie ne s’arrête pas là. Lors de l’attaque du 9 février, Victor Paul avait été enlevé avec son épouse enceinte, leur jeune fils, qui a été tué par les terroristes, ainsi que trente autres habitants des deux villages. Une famille chrétienne littéralement brisée par la barbarie. Le communiqué précise que « le catéchiste a été gravement torturé et laissé mourir de faim », tandis que les quatre autres victimes ont été « brutalement assassinées » par leurs ravisseurs. Des faits d’une cruauté insoutenable qui témoignent une nouvelle fois de la violence déchaînée contre les communautés chrétiennes du nord du Nigeria.

Parmi les trente personnes enlevées, onze otages, dont des femmes et des enfants, parmi lesquels figurait l’épouse du catéchiste, avaient finalement été libérés le 5 avril. Neuf autres hommes avaient retrouvé la liberté le 1er mai. Les quatre derniers survivants ont été relâchés le 30 juin. Mais pour Victor Paul et quatre autres captifs, cette libération est arrivée trop tard. « Nous sommes profondément reconnaissants envers Dieu que les quatre hommes restants aient retrouvé la liberté. Alors que nous nous réjouissons de leur retour sains et saufs, nos cœurs sont encore remplis de douleur face à la perte tragique de ceux qui ne sont pas revenus vivants », a déclaré le père Christian Okewu Emmanuel, chancelier de l’archidiocèse de Kaduna.

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Plus troublant encore, ni le gouvernement de l’État de Kaduna ni la direction de la police nigériane n’avaient, au moment de la publication du communiqué, réagi officiellement à la mort des victimes. Un silence qui choque alors que les enlèvements contre rançon et les assassinats de chrétiens se succèdent depuis des années dans cette région. Le Nigeria demeure aujourd’hui l’un des pays où les chrétiens paient le plus lourd tribut à leur foi. Dans le nord et la Middle Belt, les attaques menées par les groupes djihadistes, notamment Boko Haram, l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), mais aussi par des bandes armées et des milices peules radicalisées, frappent régulièrement villages, églises, séminaires et écoles chrétiennes. Prêtres, religieuses, catéchistes et simples fidèles sont enlevés, torturés ou assassinés, souvent dans une quasi-impunité.

Depuis plusieurs années, les évêques nigérians multiplient les appels à une réaction ferme des autorités face à une insécurité devenue chronique. Ils dénoncent l’incapacité de l’État à protéger les populations et s’inquiètent de voir les communautés chrétiennes vivre sous la menace permanente des enlèvements, des massacres et des déplacements forcés. Le supplice de Victor Paul vient ainsi allonger une liste déjà interminable de témoins de la foi tombés sous les coups de la violence. Catéchiste engagé au service de son Église, il rejoint ces nombreux chrétiens nigérians qui ont payé de leur vie leur fidélité au Christ, dans un pays où professer sa foi peut encore coûter la liberté, et parfois la vie.

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