Au cœur de Paris, place de la Concorde, Léon XIV a prononcé une homélie dont la portée dépasse le seul rassemblement des fidèles. En méditant sur les paroles du Christ, « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive », le Saint-Père a invité les catholiques français à retrouver la source de leur foi pour devenir, à leur tour, des témoins capables d’irriguer la société. Son message repose sur une conviction fondamentale : aucune prospérité matérielle, aucune satisfaction immédiate ne peut répondre pleinement à la soif spirituelle de l’homme. « L’être humain est fondamentalement un être de désir et seul Dieu peut combler le vide intérieur », a déclaré le pape.
🇫🇷 🇻🇦Léon XIV en France
— Tribune Chrétienne (@tribuchretienne) September 26, 2026
🔴« Aujourd’hui, c’est jour de fête ! »#PapeÀParis #PapeLéonXIV #Messe #concorde
extrait images LJDS pic.twitter.com/6VMW0xQ7v6
Léon XIV interroge ainsi les réponses que l’homme contemporain apporte à ses aspirations les plus profondes. L’accumulation des biens, la multiplication des plaisirs et la recherche permanente du divertissement peuvent masquer une interrogation essentielle : qu’est-ce qui peut véritablement combler le cœur humain ? Pour le souverain pontife, la réponse se trouve dans la rencontre personnelle avec Jésus-Christ, seule capable d’apaiser cette soif existentielle.
La France appelée à retrouver ses racines chrétiennes
C’est dans cette perspective que Léon XIV a adressé l’un des passages les plus significatifs de son homélie aux catholiques français : « Vous voyant ici rassemblés, frères et sœurs, héritiers d’une longue et belle histoire sainte en France, je vous dis : abreuvez-vous, à votre tour, à cette source qu’est le Cœur de Jésus transpercé. Oui, vous avez soif de Dieu, de vie, de vérité, d’unité, de paix, de communion, de bonheur. Vous aspirez à redécouvrir un horizon lumineux, à bâtir une nation renouvelée à partir de ses racines irriguées par la foi. » Cette déclaration donne une dimension particulière à la célébration parisienne. Léon XIV ne se contente pas de rendre hommage au passé chrétien de la France. Il présente cet héritage comme une source toujours vivante, susceptible de nourrir son avenir.
Les racines chrétiennes ne sont pas évoquées comme les vestiges d’une civilisation disparue, mais comme une réalité spirituelle capable de produire encore des fruits. Le renouveau auquel le pape invite la France ne repose donc pas uniquement sur la conservation de son patrimoine religieux, mais sur la vitalité de la foi de ceux qui en sont aujourd’hui les héritiers.
Le Saint-Père précise immédiatement la responsabilité qui en découle : « Ne gardez pas cette foi en Jésus-Christ pour vous-mêmes, mais laissez-la déborder pour abreuver et combler les personnes que vous rencontrez. Il vous revient d’apporter l’espérance là où règnent le découragement et la sécheresse spirituelle. »
Cette exhortation éclaire le sens de son appel au renouveau national. Le christianisme ne saurait se limiter à une identité culturelle ou à une appartenance héritée. Il appelle une conversion personnelle dont les conséquences doivent se manifester dans la vie collective. La transmission de la foi devient ainsi une responsabilité envers les générations futures, mais également envers une société confrontée à une perte de repères spirituels.
🚨Historique pour le peuple catholique de France#PapeÀParis #PapeLéonXIV
— Tribune Chrétienne (@tribuchretienne) September 26, 2026
photos Tribune chretienne pic.twitter.com/V6BiBETLfZ
Une personne unique et irremplaçable
L’homélie contient également une affirmation particulièrement forte sur la dignité humaine. En évoquant la figure du Bon Pasteur, qui connaît chacune de ses brebis, porte les plus fragiles et ramène celles qui se sont égarées, Léon XIV a déclaré : « Il connaît chacun et chacune de nous par son nom. Rien ne lui échappe de nos secrets, de nos intentions, de nos faiblesses. Il scrute les profondeurs de notre cœur. Il a donné sa vie pour nous et continue de la donner par les sacrements. Il porte sur ses épaules les brebis fatiguées ou blessées, et ramène avec délicatesse celles qui se sont égarées. Jésus révèle l’amour inconditionnel de Dieu pour nous. Pour Lui, aucun de nous n’est un numéro sur une carte d’identité, ni un matricule, mais une personne, une personne unique et irremplaçable. »
Ce passage exprime une dimension fondamentale de l’anthropologie chrétienne. La valeur de l’être humain ne se mesure ni à son efficacité, ni à sa condition sociale, ni à sa capacité de répondre aux attentes de la collectivité. Elle procède de l’amour personnel que Dieu porte à chacun.
Dans une société où l’existence humaine peut être envisagée à travers des considérations administratives, économiques ou techniques, le pape rappelle la primauté de la personne. La référence au Bon Pasteur donne également à cette affirmation une dimension profondément évangélique : la fragilité, les blessures et les égarements de l’homme ne diminuent en rien l’amour que Dieu lui porte.
Les saints de France, témoins d’une foi féconde
Pour illustrer cette fécondité de la foi, le souverain pontife a convoqué plusieurs grandes figures de la sainteté française : « Dans ce beau pays qu’est la France, beaucoup se sont abreuvés à cette eau vive au fil des siècles et ont totalement consacré leur vie au bien : les premiers martyrs tels Blandine, Pothin, Irénée ; les saints fondateurs et fondatrices d’Ordre religieux, les saints évêques comme Martin, François de Sales ; les hommes et les femmes au cœur sensible aux besoins de leurs prochains comme Vincent de Paul, Frédéric Ozanam, Jeanne Jugan, et tant d’autres. »
Cette évocation permet de comprendre ce que le pape entend par une nation renouvelée à partir de ses racines chrétiennes. L’histoire religieuse de la France ne se résume pas à ses cathédrales ou à ses grandes institutions. Elle est également celle d’hommes et de femmes dont la foi a donné naissance à des œuvres de charité, d’éducation et d’assistance aux plus démunis.
Léon XIV inscrit les engagements contemporains dans cette même continuité, saluant ceux qui œuvrent aujourd’hui « en faveur de la vie, de la famille, de la vérité, de la paix, de la fraternité, de la justice ».
La référence à ces engagements montre que la transmission de l’héritage chrétien ne relève pas seulement de la mémoire. Elle se poursuit dans les choix quotidiens des fidèles, dans leurs familles, leurs paroisses et leurs responsabilités au sein de la société. La sainteté apparaît ainsi comme une réalité vivante, appelée à féconder chaque génération.
🇫🇷 🇻🇦Léon XIV en France
— Tribune Chrétienne (@tribuchretienne) September 26, 2026
🔴Des centaines de milliers de fidèles sur les Champs-Élysées pour accueillir le pape Léon XIV ! Une foule immense, une ferveur exceptionnelle et une immense joie populaire catholique
extrait images LjdS#PapeÀParis #PapeLéonXIV pic.twitter.com/BME1QohARY
« Vous êtes l’Église d’aujourd’hui »
Dans la dernière partie de son homélie, Léon XIV s’est adressé particulièrement aux familles, aux jeunes, aux catéchumènes et aux nouveaux baptisés : « Je pense à vous, chères familles, qui, malgré les multiples difficultés que vous affrontez au quotidien, persévérez courageusement dans votre mission. Je vous remercie du fond du cœur pour tout le bien qui se réalise à travers vous : que Jésus soit toujours concrètement présent au milieu de vous. Je pense à vous chers jeunes, vous êtes l’Église d’aujourd’hui. »
Le pape souligne ainsi le rôle irremplaçable des familles dans la transmission de la foi, tout en confiant aux jeunes une responsabilité immédiate. Ceux-ci ne sont pas simplement appelés à prendre un jour la relève des générations précédentes. Ils participent dès maintenant à la vie et à la mission de l’Église. Le souverain pontife a également encouragé les catéchumènes et les néophytes à témoigner de leur cheminement afin de susciter chez ceux qui les entourent de nouvelles interrogations spirituelles. Leur démarche rappelle que la foi chrétienne n’est pas uniquement un héritage reçu dans l’enfance, mais aussi une rencontre personnelle susceptible de transformer une existence à tout âge.
🚨EXCLUSIF :
— Tribune Chrétienne (@tribuchretienne) September 26, 2026
🔴"Depuis le début du voyage du Saint-Père, je suis particulièrement heureux" : Monseigneur Patrick Chauvet, cure de la Madeleine à Paris #PapeÀParis #PapeLéonXIV #Messe #LéonXIV #Paris
images Tribune Chrétienne pic.twitter.com/fNx2kJmulP
Léon XIV a conclu son homélie en confiant la France à l’intercession de la Vierge Marie :
« Invoquons-la avec confiance, afin que par son intercession, des sources d’eau vive jaillissent au sein du Peuple de Dieu et fassent partout fleurir en France des germes de foi, d’espérance et de charité. »Cette invocation résume la perspective spirituelle de toute son homélie. Le renouveau de la France auquel le pape fait référence ne peut se réduire à la restauration d’un héritage historique ou culturel. Il suppose d’abord le renouvellement intérieur des croyants, leur fidélité au Christ et leur capacité à transmettre la foi par leur témoignage.
En appelant les catholiques français à bâtir une nation renouvelée à partir de leurs racines chrétiennes, Léon XIV leur rappelle que cet héritage n’a de véritable fécondité que s’il demeure vivant. Il ne s’agit pas seulement de conserver la mémoire d’une France chrétienne, mais de permettre à la foi de continuer à nourrir son avenir.
Homélie intégrale du pape Léon XIV
Messe place de la Concorde, Paris, samedi 26 septembre 2026
« Chers frères et sœurs,
je remercie Dieu de la grâce qui m’est offerte de me trouver ici, sur cette place de la Concorde, pour célébrer l’Eucharistie. Oui, comme il est bon et doux pour des frères et sœurs de se retrouver ensemble (cf. Ps 132, 1), afin de magnifier la grandeur de Dieu. Puisse ma présence au milieu de vous confirmer votre foi, et vous encourager à sans cesse rayonner et transmettre la vie, la paix et l’amour de Notre Seigneur bien aimé Jésus-Christ.
« Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive » (Jn 7, 37). Frères et sœurs, notre communauté assoiffée s’élance vers le Christ, source d’eau vive ; cette eau qui désaltère et fait fleurir la vie, cette eau de l’amour de Dieu « répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rm 5, 5).
Le désir de Dieu habite notre cœur au plus profond, et nous crions avec le Psalmiste : « Mon âme a soif de Dieu, le Dieu vivant » (Ps 41, 3) ! C’est le cri d’un homme, humble et passionné, dont la soif la plus intérieure et existentielle ne cesse de grandir. Or c’est Jésus-Christ, par son incarnation, qui rejoint tout homme dans son histoire et se révèle à lui comme la véritable source d’eau vive capable d’étancher sa soif. Il ne s’agit pas tant d’une soif matérielle que d’une soif de sens, de vérité et d’accomplissement qui habite le cœur de chacun. Jésus répond à ce désir profond de relation, de communion avec Dieu, en qui réside la plénitude de la vie pour toujours.
Dans la première Lecture, le prophète Ézéchiel voyait l’eau jaillir du Temple et, se répandant dans le désert, purifier et fertiliser toute chose (cf. Ez 47, 1-2.8-9.12). Plus tard, saint Jean verra l’eau jaillir du côté transpercé de Jésus rendant l’Esprit (cf. Jn 19, 30-34). Tous peuvent alors s’abreuver à cette source afin de renaître et recevoir le don de l’Esprit pour devenir enfants de Dieu, des créatures nouvelles.
Frères et sœurs, force est de constater qu’ici-bas, rien ne parvient à nous combler pleinement. Lorsque nous croyons enfin notre recherche achevée et nos efforts récompensés, bien souvent le vide intérieur resurgit, plus profond encore. Alors, pour le combler, il se peut que nous recherchions de nouveaux plaisirs, que nous voulions posséder de nouvelles choses, que nous fassions tout pour nous “divertir” afin de ne plus ressentir ce malaise intérieur !
La Liturgie de la Parole de ce jour nous invite à sonder notre cœur : quelle est notre soif la plus profonde ? Que cherchons-nous vraiment dans la vie ? Nous aspirons tous au bonheur, à l’amour, à l’épanouissement. Mais à quelle source cherchons-nous à étancher notre soif ?
Nous contentons-nous de biens matériels, de satisfactions immédiates, de petites idoles si nombreuses qui promettent monts et merveilles mais laissent notre cœur vide? Baptisés, nous avons reçu l’eau vive dont parle l’Évangile, mais avons-nous vraiment rencontré le Christ personnellement ? L’être humain est fondamentalement un être de désir et seul Dieu peut combler le vide intérieur.
Oui, frères et sœurs, Jésus-Christ, le Bon Pasteur nous guide, comme le berger guide ses brebis, vers la source du bonheur et de la paix. Il connaît chacun et chacune de nous par son nom. Rien ne lui échappe de nos secrets, de nos intentions, de nos faiblesses. Il scrute les profondeurs de notre cœur. Il a donné sa vie pour nous et continue de la donner par les sacrements. Il porte sur ses épaules les brebis fatiguées ou blessées, et ramène avec délicatesse celles qui se sont égarées. Jésus révèle l’amour inconditionnel de Dieu pour nous. Pour Lui, aucun de nous n’est un numéro sur une carte d’identité, ni un matricule, mais une personne, une personne unique et irremplaçable.
Vous voyant ici rassemblés, frères et sœurs, héritiers d’une longue et belle histoire sainte en France, je vous dis : abreuvez-vous, à votre tour, à cette source qu’est le Cœur de Jésus transpercé. Oui, vous avez soif de Dieu, de vie, de vérité, d’unité, de paix, de communion, de bonheur. Vous aspirez à redécouvrir un horizon lumineux, à bâtir une nation renouvelée à partir de ses racines irriguées par la foi.
Ne gardez pas cette foi en Jésus-Christ pour vous-mêmes, mais laissez-la déborder pour abreuver et combler les personnes que vous rencontrez. Il vous revient d’apporter l’espérance là où règnent le découragement et la sécheresse spirituelle.
C’est en acceptant de vivre en vérité sous le regard de Jésus que nous sommes authentiques, que nous pouvons regarder nos vies avec lucidité. Elles sont, certes, fragiles, vulnérables, vouées au passage de la mort, mais elles sont aussi merveilleuses, miraculeuses, capables de se renouveler dans leurs relations et de s’ouvrir au véritable amour.
« Celui qui croit en moi, […] de son cœur couleront des fleuves d’eau vive » (Jn 7, 38). En nous abreuvant à la source qu’est le cœur du Christ, nous devenons nous-mêmes, comme l’a écrit Origène, des puits, des sources et des fleuves pour les autres (cf. Homélie 12, 1, 2-3). Le croyant qui y boit devient lui aussi source de vie par son lien existentiel avec le Christ et communique cette même vie au prochain.
Chers frères et sœurs, l’eau vive de l’Esprit Saint s’est répandue en abondance et continue à porter ses fruits dans l’Église par les missionnaires et les témoins dans toutes les cultures et de tous les peuples. Elle féconde tout ce qui se laisse toucher, transformer par elle pour produire son fruit, c’est-à-dire la sainteté de ceux qui adorent le Dieu véritable et servent leurs frères et sœurs dans la charité avec générosité. Dans ce beau pays qu’est la France, beaucoup se sont abreuvés à cette eau vive au fil des siècles et ont totalement consacré leur vie au bien : les premiers martyrs tels Blandine, Pothin, Irénée ; les saints fondateurs et fondatrices d’Ordre religieux, les saints évêques comme Martin, François de Sales ; les hommes et les femmes au cœur sensible aux besoins de leurs prochains comme Vincent de Paul, Frédéric Ozanam, Jeanne Jugan, et tant d’autres. Encore aujourd’hui, ils sont nombreux dans notre société, nos paroisses, nos différentes activités, ceux qui continuent à s’engager en faveur de la vie, de la famille, de la vérité, de la paix, de la fraternité, de la justice.
De cette belle ville de Paris, je prie avec ferveur pour que l’eau vive de l’Esprit Saint se répande sur toute la France. Je pense à vous, chères familles, qui, malgré les multiples difficultés que vous affrontez au quotidien, persévérez courageusement dans votre mission. Je vous remercie du fond du cœur pour tout le bien qui se réalise à travers vous : que Jésus soit toujours concrètement présent au milieu de vous. Je pense à vous chers jeunes, vous êtes l’Église d’aujourd’hui. Comme il est beau de voir votre enthousiasme, votre dynamisme, votre engagement et la joie au sein des communautés chrétiennes. Je pense également à vous, chers catéchumènes et néophytes qui entreprenez le chemin de la foi, de la conversion et de l’initiation chrétienne. Puissiez-vous témoigner à d’autres autour de vous du cheminement que vous vivez et les motiver à s’interroger à leur tour. Que le don de l’Esprit Saint fasse de vous des témoins vivants prêts à répandre autour de vous la civilisation de l’amour.
Frères et sœurs, tournons-nous vers la Mère de Dieu, Source de Salut, celle qui guide nos vies vers son Fils, Auteur de toute grâce. Par son “oui” libre et confiant, elle est devenue l’écrin, humble et voulu par Dieu, où l’amour du Père s’est incarné pour se donner au monde.
Invoquons-la avec confiance, afin que par son intercession, des sources d’eau vive jaillissent au sein du Peuple de Dieu et fassent partout fleurir en France des germes de foi, d’espérance et de charité.
Amen ! »


