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Saint Anthelme de Chignin : le chartreux devenu évêque qui réforma son diocèse

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Moine chartreux, supérieur de la Grande Chartreuse puis évêque de Belley, saint Anthelme a marqué le XIIᵉ siècle par son exigence spirituelle, son sens de la réforme et son attachement à la justice. L'Église le célèbre le 26 juin comme un modèle de pasteur fidèle, humble et courageux

Au XIIᵉ siècle, alors que l’Église est confrontée à de nombreux défis, saint Anthelme de Chignin apparaît comme l’une des grandes figures de la réforme ecclésiastique. Né vers 1107 au château de Chignin, en Savoie, dans une famille noble, il reçoit une solide formation avant d’être ordonné prêtre. Après plusieurs années au service de l’Église, il choisit de quitter les honneurs pour embrasser une vie de silence et de prière à la Grande Chartreuse, maison mère de l’Ordre des Chartreux fondé par saint Bruno. Sa fidélité, son sens de l’organisation et sa profonde vie intérieure conduisent rapidement ses frères à l’élire prieur.

À cette époque, la Grande Chartreuse traverse une période difficile. Une avalanche a détruit une partie du monastère, les bâtiments doivent être reconstruits et la communauté a besoin d’être réorganisée. Anthelme relève ce défi avec énergie. Il fait rebâtir le monastère, accueille de nombreuses vocations et favorise le développement de l’ordre cartusien dans plusieurs régions d’Europe. Son gouvernement allie une grande fermeté à une profonde charité.

Sa réputation dépasse bientôt les murs de la Chartreuse. En 1163, malgré sa vive réticence, le pape lui demande d’accepter le siège épiscopal de Belley. Fidèle à son vœu d’obéissance, il quitte la solitude monastique pour devenir pasteur d’un diocèse qui nécessite une profonde réforme. Comme évêque, Anthelme s’attache à restaurer la discipline du clergé, à combattre les abus et à défendre les droits de l’Église. Il veille également à la dignité de la liturgie et à la formation des prêtres. Son souci des pauvres est constant. Les chroniques rapportent qu’il n’hésite pas à vendre une partie des biens de l’évêché afin de venir en aide aux plus démunis lorsque les récoltes sont mauvaises.

Saint Anthelme se distingue aussi par son courage face aux puissants. Il intervient pour protéger les faibles, défend les libertés de l’Église et n’hésite pas à rappeler les princes à leurs devoirs lorsqu’il estime que la justice est menacée. Son autorité morale lui vaut une grande estime, bien au-delà de son diocèse. Selon la tradition, plusieurs miracles lui sont attribués, aussi bien de son vivant qu’après sa mort. Il s’éteint le 26 juin 1178 à Belley, entouré de ses prêtres. Très vite, sa réputation de sainteté se répand dans toute la région. Son culte est confirmé quelques années plus tard, et il demeure particulièrement honoré en Savoie, dans le diocèse de Belley-Ars et au sein de l’Ordre des Chartreux.

La figure de saint Anthelme rappelle qu’un authentique pasteur ne recherche ni les honneurs ni le pouvoir, mais le service de Dieu et des âmes. Son existence montre que la réforme de l’Église commence toujours par la conversion personnelle, la fidélité à la prière et le courage de vivre l’Évangile sans compromis.

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