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Saint Jean-Marie Vianney, le Curé d’Ars

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« Il n'y a rien de si grand que l'Eucharistie. Si Dieu avait quelque chose de plus précieux, il nous l'aurait donné »

« Le sacerdoce, c’est l’amour du Cœur de Jésus. » Cette phrase résume à elle seule la vie et la mission de saint Jean-Marie Vianney, dont l’Église fait mémoire chaque 4 août. Patron de tous les curés du monde depuis 1929, il demeure une référence pour les prêtres, mais aussi pour tous les fidèles en quête de sainteté.

Né le 8 mai 1786 à Dardilly, près de Lyon, dans une famille de paysans profondément chrétienne, Jean-Marie Vianney grandit durant les années troublées de la Révolution française. À une époque où les prêtres fidèles à Rome sont contraints à la clandestinité, il découvre très tôt le prix de la foi et le courage du témoignage.Sa vocation sacerdotale ne s’impose pourtant pas sans difficultés. Peu à l’aise avec les études, notamment le latin, il peine à suivre la formation au séminaire. Sa persévérance, son profond sens de la prière et la conviction de ses supérieurs finiront cependant par l’emporter. Il est ordonné prêtre le 13 août 1815.

Trois ans plus tard, il est envoyé dans le petit village d’Ars, dans l’Ain. Cette paroisse de quelques centaines d’habitants est alors marquée par une pratique religieuse affaiblie. Le jeune curé comprend rapidement que la première réforme passe par sa propre conversion. Sa vie devient un témoignage de pauvreté, de pénitence et de disponibilité totale pour les âmes qui lui sont confiées.Très vite, sa réputation dépasse les frontières de la région. Des milliers de pèlerins affluent à Ars pour écouter ses prédications, demander conseil ou recevoir le sacrement de la réconciliation. On estime qu’à la fin de sa vie, il passait jusqu’à seize heures par jour au confessionnal, accueillant sans relâche ceux qui venaient chercher le pardon de Dieu.

Le Curé d’Ars rappelait sans cesse la grandeur de la miséricorde divine. « Le Bon Dieu sait tout. Avant même que vous vous confessiez, il sait déjà que vous pécherez encore, et pourtant il vous pardonne », disait-il. Pour lui, le confessionnal n’était pas un tribunal de condamnation, mais le lieu privilégié où le Christ relevait le pécheur.

Sa spiritualité était profondément eucharistique. Il consacrait de longues heures à l’adoration devant le Saint-Sacrement et encourageait ses paroissiens à faire de même. « Il n’y a rien de si grand que l’Eucharistie. Si Dieu avait quelque chose de plus précieux, il nous l’aurait donné », répétait-il. Le Curé d’Ars fut également un infatigable catéchiste. Ses homélies, simples et concrètes, invitaient chacun à la conversion, à la prière, au pardon et à la confiance en Dieu. Il insistait particulièrement sur la beauté de la vocation sacerdotale : « Le prêtre n’est pas prêtre pour lui ; il est prêtre pour vous. »

Épuisé par un ministère entièrement donné aux autres, Jean-Marie Vianney s’éteint le 4 août 1859. Moins de soixante-dix ans plus tard, le pape Pie XI le canonise et le proclame patron de tous les curés de l’univers.En 2009, à l’occasion du 150ᵉ anniversaire de sa mort, le pape Benoît XVI lui consacra une Année sacerdotale afin d’inviter les prêtres du monde entier à redécouvrir l’exemple de ce pasteur entièrement livré au Christ et à son peuple.Aujourd’hui encore, Ars demeure l’un des plus grands lieux de pèlerinage de France. Des milliers de fidèles s’y rendent chaque année pour prier sur la tombe de celui qui rappelait inlassablement que la sainteté ne dépend ni des talents ni des succès humains, mais d’une vie totalement offerte à Dieu et au service des âmes.

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