(1890-1902)
Née le 16 octobre 1890 à Corinaldo, dans la région des Marches en Italie, Maria Goretti grandit dans une famille paysanne profondément chrétienne. Ses parents, Luigi et Assunta, lui transmettent une foi simple et vivante. En 1897, la famille s’installe dans les marais Pontins, au sud de Rome, afin de trouver de meilleures conditions de travail. La mort prématurée de son père, emporté par le paludisme en 1900, bouleverse l’équilibre familial. Âgée de seulement dix ans, Maria aide sa mère à s’occuper de ses frères et sœurs tout en accomplissant les tâches ménagères. Malgré la pauvreté et les difficultés, elle conserve une joie sereine et nourrit une profonde dévotion envers l’Eucharistie et la Vierge Marie.
La famille partage alors une maison avec les Serenelli. Alessandro Serenelli, jeune homme de vingt ans au caractère violent, développe une obsession malsaine pour Maria. Le 5 juillet 1902, profitant de l’absence des autres membres de la famille, il tente de l’agresser. Maria oppose un refus catégorique, répétant que céder serait un péché et qu’il risquerait lui-même de perdre son âme. Fou de rage, Alessandro la frappe de quatorze coups de poinçon. Grièvement blessée, Maria est transportée à l’hôpital de Nettuno où elle subit une intervention chirurgicale sans anesthésie, les médecins jugeant son état trop critique. Avant de mourir le lendemain, le 6 juillet 1902, elle pardonne à son agresseur en déclarant : « Je lui pardonne de tout mon cœur… et je veux qu’il soit avec moi au Paradis. »
Condamné à trente ans de prison, Alessandro Serenelli demeure longtemps enfermé dans la haine. Plusieurs années plus tard, il raconte avoir vu Maria en songe lui offrir quatorze lys blancs, autant que les blessures qu’il lui avait infligées. Cette expérience marque le début de sa conversion. À sa libération, il demande publiquement pardon à Assunta Goretti, la mère de Maria, qui lui répond qu’elle lui pardonne puisqu’elle-même ne peut aller contre le pardon accordé par sa fille. Alessandro terminera sa vie comme frère laïc dans un couvent de capucins.
Le culte de Maria Goretti se développe rapidement dans toute l’Italie. Elle est béatifiée en 1947 puis canonisée le 24 juin 1950 par Pie XII, en présence de sa mère, une première dans l’histoire des canonisations modernes. Le pape la présente comme un modèle de pureté, de courage et de fidélité à l’Évangile.
Patronne de la jeunesse, des enfants et des victimes de violences sexuelles, sainte Maria Goretti demeure une figure lumineuse de l’espérance chrétienne. Son histoire rappelle que le pardon n’efface pas la gravité du mal subi, mais qu’il peut devenir, par la grâce de Dieu, un chemin de réconciliation et de conversion. Plus d’un siècle après sa mort, son témoignage continue d’inspirer les fidèles à vivre l’Évangile avec confiance, jusque dans les épreuves les plus douloureuses.


