Il s’est exprimé le dimanche 5 juillet lors d’un entretien accordé à la journaliste Jacqui Heinrich dans l’émission The Sunday Briefing, diffusée sur la chaîne américaine Fox News : « Des villages chrétiens au Liban, certains d’entre eux ont effectivement demandé à être annexés à Israël parce que nous les protégeons contre les fanatiques du Hezbollah qui veulent les tuer », a déclaré le chef du gouvernement israélien. Au cours du même entretien, il a ajouté que cette demande de protection ne concernerait pas uniquement les chrétiens : « Ce ne sont pas seulement les chrétiens du Liban qui nous demandent notre protection. Il y a aussi des Druzes, des musulmans sunnites et même un certain nombre de musulmans chiites. »
Par ces propos, Benyamin Nétanyahou entend présenter Israël comme un rempart pour les minorités religieuses du Proche-Orient face à l’influence du Hezbollah, mouvement chiite soutenu par l’Iran et considéré comme une organisation terroriste par plusieurs pays occidentaux. Depuis plusieurs années, les autorités israéliennes soulignent que les communautés chrétiennes vivant en Israël bénéficient de la liberté de culte et d’une représentation politique, à la différence de nombreuses minorités religieuses confrontées aux violences dans d’autres États de la région. Toutefois, le Premier ministre israélien n’a cité aucun village concerné ni fourni d’éléments permettant d’étayer son affirmation. À ce stade, aucune autorité des principales Églises chrétiennes du Liban, maronite, melkite, grecque orthodoxe ou syriaque, n’a confirmé publiquement que des demandes d’annexion avaient été formulées auprès d’Israël.
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Cette déclaration intervient alors que les combats entre Israël et le Hezbollah se poursuivent le long de la frontière. Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 4 300 personnes ont été tuées et plus de 12 200 blessées depuis la reprise des hostilités le 2 mars dernier. Les localités chrétiennes du sud du Liban figurent parmi les zones durement touchées par les affrontements, tandis que plusieurs églises et bâtiments religieux ont subi d’importants dégâts.
Les communautés chrétiennes du Liban vivent aujourd’hui dans une situation particulièrement fragile. Autrefois majoritaires dans le pays, elles ne représentent plus qu’une part importante mais minoritaire de la population, affaiblies par des décennies d’émigration, de crises économiques et de conflits. Nombre de leurs habitants aspirent avant tout à demeurer sur leur terre ancestrale, à l’abri des violences. Les propos de Benyamin Nétanyahou soulignent ainsi une réalité souvent méconnue : le drame vécu par les chrétiens du sud du Liban, pris entre les affrontements militaires et les tensions géopolitiques qui déchirent la région. Si son affirmation concernant une demande d’annexion n’a pas été confirmée de manière indépendante, elle témoigne néanmoins de l’importance que revêt, dans le débat régional, la question de la protection des minorités chrétiennes du Proche-Orient.


