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Tout un symbole : un curé rappelle la vérité de l’Evangile, le rapporteur de la loi sur l’euthanasie se dit « injurié »

Le père François Yambressinga lors de sa messe d'installation avec Monseigneur Christory - Philippe Vigier - DR
Le père François Yambressinga lors de sa messe d'installation avec Monseigneur Christory - Philippe Vigier - DR
C'est une homélie comme on aurait aimé en entendre plus souvent. En rappelant avec courage et sans détour l'enseignement immuable de l'Église sur le caractère sacré de la vie humaine, le curé de Châteaudun a provoqué la colère de Philippe Vigier, rapporteur général de la proposition de loi sur l'aide à mourir

Le 5 juillet, lors de la messe célébrée à l’église de la Madeleine de Châteaudun, le père François Yambressinga a choisi d’aborder le projet de loi sur la fin de vie. Depuis la chaire, il a rappelé avec simplicité mais fermeté une vérité que l’Église proclame depuis toujours : « On ne prend pas soin de la vie en donnant la mort. » La République du Centre précise que le prêtre a également invité les fidèles à « prier pour la vie » ainsi qu’à « prier pour les parlementaires pour qu’ils ne fassent pas n’importe quoi ». Voilà précisément ce que l’on attend d’un prêtre : annoncer l’Évangile, rappeler la doctrine de l’Église et éclairer les consciences lorsque des choix de société engagent les fondements mêmes de notre civilisation. Face à un texte qui ouvrirait pour la première fois dans notre droit la possibilité de provoquer délibérément la mort, le silence aurait été plus surprenant que la parole.

Le hasard a voulu que Philippe Vigier assiste à cette célébration. Député d’Eure-et-Loir, maire de Châteaudun et surtout rapporteur général de la proposition de loi sur l’aide à mourir, il s’est immédiatement senti visé. L’élu a déclaré avoir été « injurié » et « profondément blessé », reprochant au prêtre d’avoir parlé alors qu’il ne pouvait lui répondre. Il affirme également : « Je ne donne pas la mort. Mais il y a parfois pire que la mort », estimant que certains malades n’attendent plus que « l’ultime délivrance ». Arrogance ultime que de penser savoir ce qui est pire que la mort ….

Précisons que le père François n’a prononcé aucune attaque personnelle, aucune invective, aucun jugement sur Philippe Vigier. Il a simplement rappelé que l’Église refuse l’euthanasie et le suicide assisté et qu’elle appelle à développer les soins palliatifs plutôt qu’à légaliser la mort provoquée.

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La véritable question est peut-être ailleurs. Philippe Vigier semble avoir reçu comme une attaque personnelle ce qui n’était qu’un rappel de l’enseignement bimillénaire de l’Église. Comme si la vérité devenait blessante dès lors qu’elle contredit un projet politique.

Pourtant, la mission d’un prêtre n’est pas de conforter les responsables publics dans leurs choix ; elle est de proclamer l’Évangile, y compris lorsque celui-ci dérange. La philosophie défendue par le rapporteur de la loi apparaît d’ailleurs dans ses propres propos lorsqu’il affirme qu’« il y a parfois pire que la mort ». C’est précisément ce que refuse l’anthropologie chrétienne. L’Église de France rappelle qu’aucune souffrance, aucune dépendance, aucune maladie ne retire à une personne sa dignité. La réponse à la détresse n’est jamais de supprimer celui qui souffre, mais de l’entourer, de le soulager et de l’aimer jusqu’à son dernier souffle.

Plus révélatrice encore est la réaction du diocèse de Chartres. Loin de désavouer son curé, il lui apporte un soutien total. La responsable de la communication rappelle que le père François « a simplement fait son job, comme tous les prêtres de France ». Elle précise également qu’il ignorait que Philippe Vigier était le rapporteur général du texte et qu’il ne l’a jamais visé personnellement. Monseigneur Philippe Christory est même intervenu auprès du député pour lui rappeler la position constante de l’Église sur la fin de vie. Les excuses publiques réclamées par Philippe Vigier n’auront donc pas lieu.

Cette affaire dépasse largement le cadre de Châteaudun. Elle révèle une époque où le simple rappel de la doctrine chrétienne suffit à être perçu comme une offense. Mais défendre la vie n’a jamais constitué une injure. C’est au contraire l’une des missions les plus essentielles de l’Église.

Il fut un temps où le sermon du curé valait davantage qu’un discours politique. Les élus eux-mêmes venaient à la messe non pour y trouver la confirmation de leurs convictions, mais pour entendre une parole qui les dépassait et pouvait parfois les contredire. Aujourd’hui, ce qui est présenté comme une « injure » n’est, au fond, qu’une parole de vérité. Deux jours avant un vote qui pourrait bouleverser durablement notre droit, cette homélie rappelle que l’Église ne cessera jamais d’annoncer l’Évangile de la vie, même lorsque cette vérité dérange ceux qui entendent faire de la mort une réponse à la souffrance.

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