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[Vidéo] « Nous appartenons tous à Jésus ! »: le Sacré-Cœur s’invite dans le nouveau dessin animé des studios DreamWorks

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Dans L’Île des souvenirs, nouveau film d’animation des studios DreamWorks attendu en France le 21 octobre, une représentation du Sacré-Cœur apparaît au cœur d’une maison philippine. Et lorsque cette présence de Jésus est relevée, le coréalisateur Januel Mercado répond : « Nous appartenons tous à Jésus ! »

Il fallait représenter une famille philippine. DreamWorks n’a pas oublié Jésus. Dans Forgotten Island, intitulé L’Île des souvenirs en France, les références à la culture philippine abondent : karaoké, tinikling, lechon, grandes réunions familiales, oncles, tantes et ces petits gestes immédiatement reconnaissables par ceux qui connaissent le pays. Et, accroché au mur, il y a aussi le Sacré-Cœur de Jésus.

Le détail est d’autant plus remarquable qu’il apparaît dans une production DreamWorks Animation, l’un des géants mondiaux du cinéma familial. Le studio a donné naissance à Shrek, Madagascar, Kung Fu Panda, Dragons, Trolls, Baby Boss, Le Chat Potté, Les Bad Guys ou encore Le Robot sauvage. Nous sommes donc loin d’une production confessionnelle destinée à un public catholique.

Dans un extrait de quatre minutes dévoilé par DreamWorks, Jo, doublée par la chanteuse H.E.R., arrive à la fête organisée pour son amie Raissa, dont la famille célèbre l’admission au prestigieux California Institute of Technology. Elle débarque en tricycle. Autour d’elle, toute la famille et le voisinage chantent au karaoké. Jo traverse une danse traditionnelle tinikling, mange du lechon, croise les inévitables titos et titas. Puis elle passe devant l’image de Jésus. Et elle la salue d’un petit signe de tête.

Le média philippin GMA News a immédiatement relevé le geste. Sur les réseaux sociaux, des spectateurs philippins ont eux aussi spontanément cité « the picture of Jesus » parmi tous ces détails qui leur donnaient enfin le sentiment de reconnaître leur culture dans un grand film d’animation américain.

Ce n’est donc pas simplement un tableau placé par hasard au fond d’un décor. Le Christ participe à cette accumulation volontaire de signes destinés à dire : vous êtes dans une famille philippine.

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Et ce choix est parfaitement assumé. Lors de la promotion du film, H.E.R., elle-même d’origine philippine par sa mère, évoquait ces détails qui lui rappelaient les maisons philippines, parmi lesquels cette image de Jésus-Christ accrochée au mur. Januel Mercado, coréalisateur philippino-américain du film, a immédiatement lancé : « We all belong to Jesus! » « Nous appartenons tous à Jésus ! » La formule pourrait presque servir de sous-titre à cette étonnante apparition.

Il serait évidemment excessif d’en conclure que DreamWorks vient de réaliser un dessin animé catholique. L’Île des souvenirs puise largement dans la mythologie et le folklore philippins. Jo et Raissa, deux amies d’enfance, sont projetées sur l’île fantastique de Nakali, où elles rencontrent des créatures issues des histoires transmises par leurs familles, notamment le redoutable Manananggal. Mais le film est précisément construit autour de la mémoire, des racines et de la transmission.

Le coréalisateur Joel Crawford a expliqué avoir notamment puisé dans l’histoire de son épouse Kathy, Philippine ayant quitté Quezon City pour les États-Unis lorsqu’elle était enfant. Januel Mercado revendique pour sa part la volonté de faire connaître au monde des histoires authentiquement philippines.

Dès lors, pourquoi retirer la foi du tableau ? Une culture n’est pas seulement constituée de ses plats, de ses danses, de sa musique ou de son folklore. Elle est aussi faite de ce que les générations précédentes ont cru, prié et transmis.

Aux Philippines, pays profondément marqué par plusieurs siècles de catholicisme, les crucifix, statues de la Vierge et représentations du Sacré-Cœur appartiennent encore à l’univers quotidien de nombreuses familles.

Le rapprochement fera forcément sourire les spectateurs français. Un an après le succès de Sacré-Cœur, le docu-fiction de Sabrina et Steven Gunnell consacré aux apparitions de Jésus à sainte Marguerite-Marie Alacoque et à la dévotion née à Paray-le-Monial, voilà le Cœur du Christ qui réapparaît là où on ne l’attendait guère : dans un grand dessin animé hollywoodien.

Steven Gunnell racontait avoir imaginé dans la prière « Jésus placardé partout », sur les affiches et dans l’espace public. Leur film, sorti en octobre 2025, a rencontré un succès qui a largement dépassé les attentes de ses producteurs. DreamWorks ne poursuit évidemment pas le même objectif. Mais la coïncidence est savoureuse. Dans L’Île des souvenirs, le Sacré-Cœur n’est ni expliqué ni justifié. Il est là parce qu’il appartient à la maison, à la famille, aux souvenirs.

C’est finalement peut-être la scène la plus simple : pour représenter fidèlement une famille philippine, les animateurs ont compris qu’on pouvait montrer le karaoké, le lechon et le tinikling. Mais qu’il ne fallait pas décrocher Jésus du mur.

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