Pendant près d’un mois, les enchères sont ouvertes ouvertes sur le site agorastore-immo.fr et chacun pourra surenchérir sur l’église de La Vierge , nouvelle illustration du douloureux spectacle des églises de France livrées au marché.

Comment fonctionne cette vente ?
La période de commercialisation s’étend sur près d’un mois. Les candidats doivent effectuer une visite obligatoire sur l’un des créneaux proposés. Une fois cette visite réalisée, ils peuvent déposer leur offre en ligne, accompagnée des pièces justificatives exigées. Le dossier doit être complet avant la clôture. Chaque nouvelle enchère doit dépasser la précédente d’au moins 1 000 euros. À l’issue de la vente, le meilleur enchérisseur est retenu, sous réserve de validation du dossier. La commission TTC de 10,8 % est incluse dans le prix affiché, les frais de notaire restant à la charge de l’acquéreur.
Le contrat sera conclu directement entre le vendeur ( le diocèse ) et l’acheteur, la plateforme intervenant comme courtier et prestataire d’hébergement
À la vue des photographies publiées, un élément frappe particulièrement et rajoute à l’amertume : la croix monumentale figure toujours au-dessus de l’autel, dominant l’espace liturgique. Même si l’édifice est juridiquement désacralisé, le maintien visible de cette représentation centrale de la foi chrétienne interroge. On peut regretter que Monseigneur François Gourdon, évêque du diocèse de Saint-Dié, n’ait pas demandé que la croix monumentale soit retirée avant la mise en vente.
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Outre la mémoire spirituelle des lieux, c’est le signe même du salut chrétien qui se retrouve exposé dans une galerie d’enchères en ligne. L’acheteur en fera son affaire, conservera, déplacera ou supprimera ces éléments selon son projet. Mais le symbole demeure saisissant. Cette vente intervient pourtant dans un diocèse qui demeure vivant et structuré. Le diocèse de Saint-Dié correspond au département des Vosges, soit 590 303 hectares de superficie pour une population de 360 673 habitants au 1er janvier 2021. Il compte 507 communes, 45 paroisses et 1 chapellenie, regroupées en 14 communautés de paroisses. On y dénombre 1 évêque, 44 prêtres, 10 prêtres Fidei Donum, 27 diacres, 42 laïcs en mission ecclésiale, 40 religieux et religieuses, ainsi que 2 séminaristes.
Dans un département dont près de la moitié du territoire est couvert par la forêt, culminant au Hohneck à 1 362 mètres, l’Église locale poursuit sa mission. C’est pourquoi la mise en vente d’un ancien lieu de culte ne peut être considérée comme un simple acte immobilier. Elle s’inscrit dans une histoire, une géographie et une communauté toujours vivantes.
Moins de 30 000 euros pour une église, même désacralisée et en mauvais état, voilà un chiffre qui marque les esprits. Les contraintes financières et l’état du bâtiment expliquent en partie la situation. Pourtant, pour de fidèles, voir les églises de France ainsi proposées au plus offrant constituera toujours une expérience douloureuse. À Épinal, comme ailleurs, cette vente ravive le sentiment d’un patrimoine religieux progressivement abandonné.


