À la veille des élections municipales, il est bon de relire les repères proposés par l’Église catholique. Celle-ci ne donne pas de consigne de vote précise. Mais au regard de la doctrine sociale de l’Église, elle invite les fidèles à discerner quel candidat, au-delà de son appartenance politique, se rapproche le plus du service du bien commun, du respect de la personne humaine et de la responsabilité envers la communauté locale.
Le 2 mars dernier, elle a publié un document intitulé « Municipales 2026 : ces questions que les catholiques peuvent se poser ». L’objectif n’est pas de soutenir un parti ni un candidat. L’Église rappelle en effet que la communauté politique et l’Église sont chacune autonomes dans leur domaine. Mais la foi chrétienne n’est pas étrangère à la vie civique. Elle appelle les fidèles à exercer leur responsabilité de citoyens à la lumière de la doctrine sociale de l’Église et du souci du bien commun. Le texte propose ainsi une série de questions de discernement permettant aux électeurs catholiques d’examiner les programmes et les engagements des candidats.
Les électeurs sont invités à se demander si les candidats s’engagent à respecter la démocratie, à écouter la parole de tous, notamment celle des plus fragiles, et à favoriser des décisions prises au bon niveau, sans centralisation excessive. Cette approche rejoint l’un des principes essentiels de la doctrine sociale de l’Église, celui de la subsidiarité, selon lequel les responsabilités doivent être exercées au plus près des citoyens. L’aménagement du territoire constitue également un enjeu important pour les communes. Les catholiques sont invités à examiner si les projets proposés respectent le territoire, la nature qui s’y déploie et les habitants. Le document invite notamment à s’interroger sur les projets de construction et d’urbanisme et sur leur capacité à préserver la qualité de vie et le respect de la création.
La question de l’éducation est également évoquée. Les électeurs peuvent se demander si les candidats garantissent un traitement équitable entre les écoles publiques et privées, respectant ainsi la liberté des parents de choisir l’éducation qui convient le mieux à leurs enfants. Les politiques municipales doivent également soutenir les familles et faciliter leur quotidien, en particulier celui des plus fragiles.Dans le domaine social, l’Église rappelle l’importance d’un accompagnement digne pour les personnes en situation de fragilité. Les programmes municipaux peuvent être examinés à l’aune de cette exigence, notamment en ce qui concerne le soutien aux familles, aux personnes isolées, aux aînés et à ceux qui vivent dans la précarité.
La sécurité constitue aussi une responsabilité importante des municipalités. Les électeurs sont invités à regarder si les candidats proposent des mesures permettant de garantir la tranquillité des habitants, en coopération avec les forces de l’ordre et les acteurs locaux, tout en développant des actions de prévention, notamment auprès des jeunes.
Tout savoir sur les 4 principaux candidats à Paris et leur programme pour l’Eglise et les chrétiens parisiens
Le texte souligne également le rôle essentiel des associations dans la vie locale. Les communes peuvent soutenir ces initiatives culturelles, sportives ou solidaires afin de favoriser les rencontres, l’éducation et la fraternité. L’accès de tous, notamment des jeunes et des personnes fragiles, à ces activités constitue également un enjeu important pour la vitalité d’un territoire.
Parmi les responsabilités des élus locaux figure aussi la préservation du patrimoine. L’Église invite à veiller à la mise en valeur des églises, chapelles, calvaires et bâtiments anciens qui témoignent de l’histoire et de la foi des territoires. Le soutien aux initiatives locales pour l’entretien et la restauration de ces lieux contribue à maintenir vivant ce patrimoine commun.
Les électeurs sont également invités à s’interroger sur l’accès équitable aux services publics, que les habitants vivent au centre-ville ou dans les hameaux. La préservation de l’environnement, la promotion des mobilités douces et l’amélioration du cadre de vie figurent aussi parmi les responsabilités que peuvent porter les municipalités.Enfin, les catholiques sont encouragés à examiner si les candidats soutiennent les commerces de proximité, les artisans et les entreprises, afin de favoriser un tissu économique diversifié et durable. La question du logement est également évoquée, les politiques municipales devant permettre à chacun d’accéder à un logement digne et durable, en particulier aux familles et aux personnes les plus fragiles.
Dans ce contexte, Tribune Chrétienne a rencontré les principaux candidats à la mairie de Paris, de Rachida Dati à Emmanuel Grégoire et de Pierre-Yves Bournazel à Sarah Knafo. Tous évoquent dans leurs programmes respectifs plusieurs des thématiques mises en avant par l’Église, qu’il s’agisse de solidarité, de sécurité, de qualité de vie, de soutien aux familles, de préservation du patrimoine ou encore de vitalité économique locale. Certains candidats et candidates expriment toutefois ces orientations de manière plus claire et plus précise que d’autres. Nous vous laissons naturellement vous faire votre propre idée. Mais une chose demeure certaine, accomplir son devoir civique fait aussi partie des responsabilités des chrétiens dans la société. Alors, demain, allez voter !


